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DÉFINITION ET CLASSIFICATION

Le mot nævus mciternus ou tout simplement nævus a servi d’abord à désigner les taches diversement colorées que l'on observe sur la peau d’un grand nombre de nouveau-nés, et qui persistent généralement toute la vie sans guère se modifier. La croyance populaire attribuait et attribue encore leur origine aux émotions éprouvées par la mère pendant la grossesse, les rattachant particulièrement aux perversions de l’appétit si fréquentes au cours de la gestation, d’où le nom vulgaire d 'envies qu’on leur donne en France.

L’étude scientifique des nævi a été inaugurée par Willan et Bateman, qui ont séparé nettement des autres affections cutanées les taches pigmentaires congénitales. Beaucoup d’auteurs appartenant à l'école allemande ou à l’école de Vienne réservent encore le nom de nævi aux seules taches pigmentaires développées pendant la vie intra-utérine ou dans les premiers mois qui suivent la naissance, tandis que les dermatologistes anglais l’appliquent de préférence aux seuls angiomes cutanés congénitaux.

C’est à Rayer que nous devons la conception actuelle de cette famille nosologique. Il a en effet étendu le sens du mot nævus à « toutes les altérations congénitales de la couleur ou de la texture de la peau, ordinairement permanentes et limitées à une région du corps ». Et il a distingué : 1° les nævi pigmentaires; 2J les nævi verruqueux et 5° les nævi vasculaires. Il embrassait ainsi dans cette classe une série d’affections très dissemblables au point de vue anatomique, puisqu’on y voit côte à côte de simples infiltrations locales de pigment dans les cellules profondes de l’épiderme, des hypertrophies du corps papillaire et du chorion, des fibromes cutanés et des angiomes. Pourtant la définition de Rayer était amplement justifiée, et celles qu’on adopte aujourd’hui ne diffèrent de la sienne que par une exactitude un peu plus rigoureuse.

Le lien qui pour lui unissait entre eux les divers nævi était leur caractère congénital, et la distinction qu’il a établie entre les nævi et des affections plus ou moins analogues anatomiquement, mais acquises, conserve toute sa valeur. Mais, comme le font remarquer Besnier et Doyon, « tous les nævi ne sont pas nécessairement constatables au moment de la naissance; ils peuvent être

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