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Nævi vasculaires

A. — HÉMANGIOMES

Los nævi vasculaires sanguins ont été divisés par les auteurs en un certain nombre de variétés, dont la distinction est utile à conserver au point de vue pratique, bien (pie leur classification repose surtout sur des différences de forme, de volume et d’étendue, et que, par conséquent, on observe des formes de passage, soit permanentes, soit comme étapes de l'évolution lente d'un même nævus.

1. Le nævus vasculaire plan a une synonymie des plus riches : angiome simple de irchow, nævus sanguineus , nævus maternus , envies, nævus simplex , nævus flammeus , tache vineuse, tache de vin, tache de feu, télaugiectasie plexiforme de Billroth, portwine mark , feuermaler , etc.

Ils existent en général en petit nombre chez un même sujet. Il est rare qu’ils soient abondants, exceptionnel qu’ils soient disséminés sur toute la surface cutanée. On en rencontre parfois de systématisés, formant une série de petites éclaboussures le long d’un trajet plus ou moins défini. Ils sont souvent combinés localement avec des nævi pigmentaires ou verruqueux, d’ou le nom d’angiome pigmentaire et verruqueux, pour désigner ces formes mixtes. Nous avons noté déjà leur prédilection pour la région céphalique, et surtout occipitale, le front, les paupières, les ailes du nez, les lèvres, les joues, où ils peuvent former de larges nappes. Au niveau de l’orifice buccal, ils empiètent volontiers sur la muqueuse. On les rencontre souvent aussi aux avant-bras, aux

mains, aux organes génitaux. Leur couleur (Musée de l'hôpital Saint-Louis, n* me.) est d’un rouge vif, ou d’un rouge violacé, (Hallopeau.) bleuâtre; le plus souvent cette teinte est uniforme sur toute l’étendue du nævus; mais il arrive aussi que le centre soit plus foncé que les bords, ou que le fond rose ou rouge soif parsemé de petits points plus sombres. Leurs dimensions sont très variables, et nous n’avons qu’à répéter sur ce point ce que nous avons dit des nævi pigmentaires. Leurs limites sont presque toujours assez nettes.

IE. RIST

DESCRIPTION CLINIQUE ET ANATOMIQUE

La pression un peu prolongée les fait disparaître, mais jamais complètement. Les congestions actives ou passives, les cris, les efforts, exagèrent leur teinte. Il en est de même de la menstruation et de la grossesse. On a cru pouvoir diviser les nævi en artériels ou veineux, selon que leur teinte était, d’un rouge vif, ou d’un bleu plus ou moins violacé. Mais on sait aujourd’hui que les nævi angiomateux sont des néoplasies entièrement veineuses, cl que ces diversités de nuances doivent être rapportées soit à la situation plus ou moins superficielle du nævus, soit cà des conditions de circulation sur lesquelles nous reviendrons plus loin.

Lorsque le nævus est entièrement lisse, la peau conserve à son niveau son épaisseur, sa souplesse et sa mobilité normales. D’autres fois, au contraire, il existe une saillie plus ou moins accusée qui s’accompagne d’un certain degré d’épaississement du derme.

La vitropression, qui chasse le sang des capillaires, fait voir au niveau du nævus un réseau assez dense de veines dilatées, cutanées et sous-cutanées, dans l’intérieur desquelles se trouvent de petites taches sanguines rouges.

La description anatomo-pathologique des nævi vasculaires a été faite pour la première fois d’une façon complète par R. Virchow, et l’on n’y a guère ajouté depuis. lia montré que la dilatation porte principalement sur les veines du derme, et que les artères et le réseau capillaire restent à peu près normaux, d’où le nom de (elangiectasis venosa, qu’il a donné à ces lésions. En passant de l’hypoderme dans le derme, les veines, au lieu de se transformer en canaux à parois minces- du type capillaire, conservent au contraire une lumière large, irrégulière, et des parois aussi épaisses que celles des petites veines sous-cutanées. C’est dans le corps papillaire seulement que la paroi des capillaires veineux se trouve constituée par une simple couche endothéliale, et qu’il se produit alors des dilatations variqueuses irrégulières et même des cavités cystoïdes à parois très minces. Les veines dermiques sont aussi augmentées dans leur longueur, et leur trajet devient donc plus sinueux qu’il n’est d’ordinaire. Mais on ne trouve nulle part les formations hélicoïdes et les réseaux anastomotiques des angiomes artériels.

Contrairement à ce qui paraîtrait logique, Unna prétend que la circulation du sang dans les nævi est généralement accélérée à cause de la moindre résistance des capillaires veineux dilatés, les capillaires artériels déversant leur sang directement dans des vaisseaux ayant le calibre de véritables veines. Le sang circule donc plus vite, et, dans les circonstances ordinaires, la coloration du nævus sera celle du sang artériel. Ce n’est que si des obstacles artificiels, pareils à ceux que nous avons énumérés plus haut, s’opposent au retour du sang veineux, que les nævi prennent une coloration bleuâtre; cette nuance est habituelle, lorsqu’ils siègent au niveau des organes génitaux ou des membres inférieurs, où précisément la circulation veineuse éprouve une gêne physiologique. La paroi de ces vaisseaux dilatés est remarquable par une absence presque complète d’élastine.

Les nævi vasculaires lisses sont ceux que l'on observe le plus souvent à la

NÆVI.

naissance ou dans les premiers mois de la vie. Il arrive qu ils persistent tels quels et grandissent en meme temps que la portion de tégument où ils siègent. Ils peuvent aussi, comme nous le verrons tout à l’heure, se transformer en nævi tubéreux. Enfin — et c’est un cas fréquent — ils peuvent pâlir graduellement et disparaître tout à fait. Cette guérison se fait soit par un processus fibreux et par endopldébite, soit par formation au niveau du nævus d’un tissu lipomateux tout à fait hétérotopique qui aboutit à la production d’un lipome plan, à peine perceptible à la vue (angiome lipogène).

Le diagnostic de ces nævi ne présente pas de difficultés. L’absence d’élévation de température, de douleur, empêche de les confondre avec les hyperémies dues à l’inflammation. Leur persistance les distingue de l’érythème paratrime. En cas de doute, la vitropression (pii fait apparaître le fin réseau des veines dermiques trancherait la question.

-• Les nævi télanyiectasiques ponctués, stellaires , de Besnier et Doyon, sont conslitués par de petites ponctuations d’un rouge vif, formant une houppe centrale légèrement élevée, et de laquelle émergent en rayonnant des veinules dilatées qui se ramifient. Leur couleur pâlit sous la pression du doigt, augmente sous l’effort, comme celle des nævi vasculaires plans. Ils varient peu; tandis que certaines ramifications vasculaires disparaissent, d’autres se développent sur place.

La nature nævique de ces petits angiomes est importante à connaître pour les différencier des télangicctasies secondaires que l’on observe au pourtour des cicatrices, ou au voisinage des placards de lupus érythémateux, ou encore au cours de certaines maladies organiques, comme la cirrhose alcoolique, les cardiopathies, etc. On ne les confondra pas non plus avec la Curieuse affection décrite par Brocq sous le nom de télangiectasie progressive des jeunes filles et des femmes enceintes ou près de la ménopause; elles siègent surtout aux épaules, sur le dos, sur les cuisses, et donnent lieu finalement à la formation de marbrures très grandes.

3. Les nævi vasculaires tubéreux (angiomes caverneux de Virchow) succèdent souvent aux nævi [dans. Mais il faut bien savoir que certains d’entre eux peuvent se montrer dès la naissance, sous forme de tumeurs saillantes plus ou moins volumineuses. Dans le premier cas, la peau s’épaissit d’abord sur toute l’étendue de la tache sanguine ou seulement dans certaines de ses régions, et l’on voit apparaître et se développer progressivement au-dessus de la surface des tubercules rouge foncé, qui peuvent se pédiculiscr, et qui ont l’aspect de petits polypes. Les nævi tubéreux congénitaux sont de petites tumeurs arrondies ou irrégulières, quelquefois aplaties à leur surface. Elles sont souvent frangées ou multilobées, de manière à rappeler l’aspect de certains fruits, fraises ou framboises. Leur couleur est généralement rouge sombre ou violacé, parfois bleuâtre, ou d’un bleu grisâtre. L’épiderme à leur surface esl souvent hypertrophié, parfois au contraire plus ou moins aminci. Ces tumeurs, qui augmentent de volume par l’effort ou par la compression de la veine principale, lorsqu'elles siègent à un membre, ne méritent pas, à proprement parler,

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