PAPILLOME DE LA FACE ET DU CUIR CHEVELU
Le papillome de la face est constitué par un pinceau de papilles filiformes, acuminées, larges de I millimètre, longues de 2 à 5 millimètres en moyenne,
(‘) Freudweiler, Ein Fait multipler Papillome des harten Gaumens und des Kehlkopfes. Wiener klin. Woch 1897, p. 755.
(3) Variot, Journal de clinique et de thérapeul. infant., 1894, p. 893. — Rasch, Note sur deux cas de papillomes multiples bénins de la muqueuse buccale. Annales de dermatol., 1896, p. 6.
(3) Lowenbach, Uebcr spitze Condylome der Lippen und Mundschleimhaut. Festschrifl Neumann, 1900, p. 450.
(4) Breda, Ipercheratosi filiforme délia lingua. Giornale ital. del. mal. ven. et del. pelle, 1894, p. 196.
(5) Gëmy, A propos des végétations extra-génitales. Alger, 1893.
PAPILLOMES. — PAPULOSE FILARIENNE.
qui s’implantent par un pédicule commun très étroit sur la peau saine. Leur couleur est d’un rose pâle, ne différant guère de celle de la peau normale; leur consistance est dure et cornée au sommet des papilles, molle et souple au niveau du pédicule.
Sur le cuir chevelu la base d’implantation est généralement plus large et les papilles sont disposées en éventail représentant assez exactement une crête de coq ou bien forment des îlots à surface verruqueuse.
On peut distinguer dans ces papillomes deux types, peut-être différents comme nature mais en tout cas identiques comme aspect et comme structure. Dans le premier type, qui se rattache évidemment aux verrues, les malades sont des enfants ou des adolescents; ils ont généralement des verrues vulgaires aux mains ; les lésions sont surtout abondantes à la face, elles y sont nombreuses et disséminées partout, leur apparition esl rapide et elles sont susceptibles de disparition spontanée. Dans le second type, les malades sont des adultes ou des individus d’âge mùr, les lésions sont peu nombreuses ou uniques, elles siègent au bord des paupières ou sur le cuir chevelu, leur évolution est très lente et peut rester stationnaire pendant un temps indéfini, enfin elles n’ont aucun rapport avec les verrues des mains.
La structure de ces papillomes est exactement calquée sur celle des végétations génitales, mais avec quelques différences qui paraissent tenir à la région. Les papilles sont moins riches en cellules, formées d’un tissu conjonctif moins abondant mais mieux développé; les vaisseaux sanguins et surtout lymphatiques sont moins abondants et moins volumineux. L’épiderme est moins œdématié, les cellules de la couche filamenteuse sont moins volumineuses, et il est muni d’une couche cornée bien développée et de structure normale.
Le seul traitement applicable à ces petites tumeurs est l'ablation. A la face, il suffit de saisir le petit papillome avec des pinces pour l’attirer et allonger le pédicule qu’on coupe à la base avec des ciseaux courbes. Au cuir chevelu le pédicule est trop épais pour pouvoir procéder de la sorte; il faut les abraser avec une curette et cautériser légèrement au chlorure de zinc pour empêcher la récidive. Celle-ci est très fréquente au cuir chevelu, beaucoup moins à la face. On peut aussi employer la destruction galvanique comme il a été dit ci-dessus, p. 044.
PAPULE . Étym. : papula et papilla. diminutifs du radical p tp, qui, d’après Littré, est
peut-être dans l’anglais pimple, et le kimry pample, tumeur.
La papule est une des lésions élémentaires de la peau.
Voir l'article : Lésions élémentaires , l. I, p. 140 et 1 48.
PAPULOSE FILARIENNE . — On a nommé ainsi une variété de filariose
cutanée.
Voir l’article : Dermatozoaires, p. 842 et 808.
[VV DUBREUILH ]
PARAKÉRATOSE. — PELADE.
PARAKERATOSE. — Étym. : izapâ, à côté, et yJpx;, xepatoç, corne.
Auspilz a ainsi nommé, dans sa classification des maladies de la peau, la deuxième famille de la première série des anomalies de kératinisation et de sécrétion qu’il appelait kératonoses.
D’autre part Unna désigne actuellement sous le nom de paralcératoses, tous les catarrhes infectieux secs de la peau.
Voir les articles : Pathologie générale de la peau, t. I, p. 60 et 102; Classification, t. I, p. 594 et 612.
PARAKEBATOSIS VARIER ATA. — Étym. : xrapà, à côté; xép*ç, xepaxoç, corne, et
variegalus, varié.
Erythème desquamatif chronique, intermédiaire aux psoriasis et aux séborrhéides.
Voir l’article : Psoriasis.
PA RAP S O RI A SIS. — Nom donné par Brocq à une série d’éruptions psoriasiformes, englobant entre autres la parakeratosis variegala.
Voir l’article : Psoriasis.
PARASITE. — Étym. : irapaffixoî, celui qui mange à côté d’un autre; de itapà, à côté, et
aliment.
Voir les articles : Dermcitophytes , t. I, p. 701, et Dermatozoair.es, t. I, p. 842.
PEAU ANSERINE . — Étym. : r.iWz et pellis, peau, clanser, oie.
La désignation de « peau ansérine, chair de poule », suivant la juste remarque d’E. Besnier, s’applique, vulgairement comme dans le langage médical, à deux choses distinctes : l’une, le phénomène banal et transitoire de l’érection des follicules pileux, sous une influence périphérique ou centrale : impression du froid, excitation cutanée, émotion vive, etc... C’est là un des réflexes cutanés, et c’est un fait physiologique, du moins dans certaines limites. L’autre est la peau rude permanente dans laquelle figure un état de contraction des érecteurs, mais aussi où l’élément essentiel réside dans une altération matérielle des follicules, comme dans ce que E. Besnier a décrit sous le nom de xérodermie pilaire, d 'ichtyose pilaire, et dans une série d’autres affections : lichen, prurigo, etc.
Voir les articles : Ichtyose , t. II, p. 855; Lichen, p. 419, et Prurigo.
PÉDICULOSE . — Étym. : pediculus, pou.
C’est un synonyme de phtiriase.
Voir l’article : Phtiriase, p. 851.
PELADE. — Voir l’article suivant.
PELADE
PELADE
Par P. DÉHU.
P E LAD E
Élym. : toAoç, feutre; latin pilus et provençal pel, poil.
Syn. : Alopecia areata. Area Celsi. Porrigo decalvans.
Il est très difficile de donner de la pelade une définition à la fois précise et complète; nous ne trouvons, en effet, de critérium ni dans l’étiologie qui est incertaine, ni dans les lésions anatomiques qui sont banales, ni dans l'aspect objectif qui est variable; aussi les limites du groupe pelade sont-elles un peu indécises et différentes suivant les auteurs. Pour préciser notre sujet sans recourir à des hypothèses, nous croyons que le mieux est de nous en tenir aux caractères cliniques, dont aucun pris isolément n’a une valeur absolue, mais dont l’ensemble donne une idée suffisante de la maladie. Nous appellerons donc pelade une forme d’alopécie caractérisée : 1° par la chute totale ou presque totale des poils de la région atteinte, sans lésion préalable des téguments; L,G par la forme arrondie des taches alopéciques et leur limitation nette, au moins au début, sauf dans un petit nombre de cas où le processus très rapide décalve d’emblée des surfaces étendues.
HISTORIQUE
C’est dans l’œuvre de Celse (’) que se trouve la première description scientifique de la pelade. Dans un court chapitre intitulé De A rets, Celse distingue deux affections différentes : l 'alopécie, constituée par des plaques disséminées pouvant se montrer à tout âge, et Yophiasi*, fréquente surtout chez les enfants et caractérisée par sa topographie et son évolution spéciales. Il donne, en outre, sur le pronostic et sur le traitement de ces deux formes morbides des indications d’une justesse et d’une précision surprenantes.
Au xviic siècle, Jonston reprit pour désigner la pelade le mot d'area , qu’il empruntait à Celse, et, cent ans plus tard, Sauvages décrivit la même affection sous le nom d 'Area Jonstoni ou alopecia areata , créant ainsi la dénomination qui devait rester dans le langage scientifique international.
La période moderne de l’histoire de la pelade commence avec la grande réforme de Willan. Dans une description très précise, Bateman (2) mit en relief les traits essentiels du tableau clinique de cette dermatose, et fixa définitivement ses caractères objectifs.
(*) Celse, De re medica, livre VI.
Bateman, Abrégé pralùjue des maladies de la peau , 1820 : << Cette singulière maladie est caractérisée par des taches plus ou moins circulaires qui rendent chauve la partie sur laquelle elles ont leur siège et sur lesquelles on ne remarque aucun cheveu, tandis