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I. - MODE D’APPARITION DES LEPROMES

Ce n’est en général qu’au bout de plusieurs mois, plusieurs années même, accidentées par les éruptions maculeuses, qu’apparaissent les tubercules.

a. En règle, ils se développent insidieusement, sur les taches ou entre elles, soil par une infiltration diffuse et graduelle, soit par le bourgeonnement de petites nodosités circonscrites qui vont grossir et se multiplier (*). Du foyer primitif naissent des foyers secondaires, par lesquels l’éruption envahit de proche en proche de nouveaux territoires cutanés.

b. Même au cours de cette évolution lenle, il se produit de temps à autre quelques signes inflammatoires, qui coïncident avec le ramollissement d’un ou deux tubercules préexistants. C’est l’ébauche de ce qui se passe dans les poussées véritables, pendant lesquelles on assiste à des phénomènes aigus tumultueux, tant locaux que généraux.

Ces signes généraux rappellent la période prodromique. La température monte à 58, 40, 41 et meme 42°, le pouls à 120, 150; celle fièvre s’accompagne de céphalalgie, d’état saburral prononcé, de soif ardente, de nausées, et de

les nerfs et par la névrite qui en résulte. Tandis que le tubercule, d’après Unna, survient chez les sujets dont la peau offre aux bacilles un milieu favorable, les neuro-léprides appartiennent à ceux dont la peau n’est pas réceptive, mais dont les nerfs le sont. La lésion primitive est dépourvue de bacilles (sauf, tout au plus, quelques-uns épars sur l’endothélium des vaisseaux). Son élément permanent ( hase angio-neurotique ) consiste en une hyperplasie cellulaire des vaisseaux, ainsi que du tissu connectif des nerfs. Les caractères de la lésion nerveuse montreraient qu’elle est la plus ancienne.

A certains moments, comme l’ont montré Pollitzer et Philippson, il se fait dans tout le derme des décharges bacillaires. Mais les bacilles meurent rapidement dans celte peau peu réceptive. Là seulement où le terrain est modifié par le trouble nerveux, ils vivent assez pour donner des effets visibles, qui sont l’infiltration de la neuro-lépride embolisée. D’ailleurs ces effets durent peu, comme les bacilles eux-mèmes, et ne laissent pour trace permanente que la lésion vasculaire de la base angio-neurotique. Si les microbes se fixent d’une manière permanente dans la neuro-lépride, ce qui est rare, on assiste à la formation d’un léprome surajouté, le plus souvent hypodermique (parce (pie l'hypoderme des neurolépreux est un meilleur terrain que leur derme); mais ce léprome, avec sa structure spéciale (infiltration circonscrite à des cordons périvasculaires) peut toujours être distingué des lépromes vrais.

Unna définit cliniquement les neuro-léprides : des taches ou anneaux à centre anesthésique, toujours symétriques et de durée illimitée. Elles constitueraient une forme de la lèpre nerveuse, à côté de la forme mutilante.

(') Nous avons vu déjà les taches fixes s’infiltrer, se bosseler, pour donner naissance à ces éruptions polymorphes où coexistent toutes les transitions entre la macule et le tubercule : léprides ortiées et papuleuses à infiltrat plus ou moins fixe. D’après Babes, la formation des tubercules serait presque toujours précédée d’une phase d’infiltration diffuse, parfois à peine sensible cliniquement, ou exigeant même l’examen histologique pour être reconnue, mais profonde et étendue.

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