PI. U
[£. JEANSELME et M. SÊE.]
ÉTUDE ANALYTIQUE DES LOCALISATIONS LÉPREUSES
délire. Il n’est pas rare d’observer des arthralgies ou même un gonflement douloureux de tou les les jointures, méritant le nom de pseuclo-rhumatismc lépreux.
L’état local offre aussi des modifications importantes. Quelques jours après le début de la poussée fébrile, les tubercules anciens s’animent, deviennent turgescents et douloureux. La peau voisine s’enflamme. Tantôt rougeur et gonflement se circonscrivent en placards qui simulent Y érythème noueux et se transforment peu à peu en tubercules nouveaux, situés autour des anciens dont le volume s’est accru. Tantôt la lymphangite, plus diffuse et plus étendue, prend tous les caractères de Y érysipèle, sans excepter la phlycténisalion, le gonflement des ganglions correspondants et la desquamation ultérieure ('). Cependant, l’orage s'apaise; le malade éprouve un sentiment de bien-être. Mais si quelques tubercules se sont résorbés, d’autres ont progressé et près d’eux sont apparus de nouveaux nodules, de nouvelles plaques d'infiltration. Aux membres inférieurs, les poussées successives laissent à leur suite un œdème dur et pachydermique qui masque les tubercules et enlève à la peau toute souplesse. Ce développement énorme des jambes et des pieds avait frappé les Grecs qui, pour cette raison, donnèrent à la lèpre le nom d'éléphantiasis.