‹ La pratique dermatologiqueChapitre 137 sur 233 · VUE D’ENSEMBLE · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE

Il n’en est pas tout à fait de même des deux suivantes, dont les types purs sont admis par presque tous les dermatologistes comme constituant des formes morbides distinctes non justiciables du nom de pemphigus, mais dont les contours sont un peu flous, ou pour mieux dire qui sont reliés par de nombreux faits de passage à des dermatoses que beaucoup d’auteurs regardent comme étant des pemphigus. Ce sont :

4° L'urticaire bulleuse (') ;

5° L'érythème polymorphe vésiculo-bulleux (2).

Après élimination de toute cette série de faits, nous nous trouvons en présence d’un groupe immense d’éruptions dans lesquelles la bulle est la lésion élémentaire par excellence et auxquelles on a surtout attribué la dénomination de Pemphigus. C’est, ou pour mieux dire c’était, avant les travaux de ces vingt dernières années, un inextricable chaos. Nous allons en entreprendre l’étude dans cel arliele, et nous en donnerons immédiatement, pour bien préciser les idées, une vue d’ensemble.

Nous distinguerons tout d’abord les en l i Lés morbides suivantes qui nous semblent bien définies:

a. Ce qu’on appelle le Pemphigus épidémique des nouveau-nés , affection épidémique et contagieuse qui n'est très probablement qu’une sorte d’impetigo contagiosa, el qui devrait être séparée des Pemphigus vrais, dépossédée du nom de Pemphigus qu’elle ne mérite pas, et rangée dans l’impétigo de Tilbury Fox.

b. Ce qu’on appelle le Pemphigus épidémique de l'adulte qui n’est très probablement qu’une affection analogue à la précédente.

c. L ' Epidermolyse bulleuse héréditaire , affection tout à fail spéciale, digne d’êlrc rattachée aux malformations congénitales, et devant, elle aussi, être définitivement distraite du groupe des pemphigus vrais.

d. A l’épidermolyse bulleuse héréditaire se rattache probablement le type auquel nous avons donné le nom de Pemphigus successif à kystes épidermiques ; nous croyons cependant qu’on ne peut identifier totalement ces deux affections.

Après élimination de ces entités morbides, nous pénétrons encore plus intimement dans le groupe des Pemphigus vrais cl nous trouvons :

e. Une affection bulleuse aiguë fébrile grave, que l’on a dénommée Pemphigus aigu fébrile grave , et qui semble être une affection de nature infectieuse.

f. Une affection chronique grave, bulleuse et végétante, décrite par Neumann sous le nom de Pemphigus vegetcins.

g. Une affection chronique bulleuse, à bulles mal formées, exfoliante, et érythrodermique, un peu discutable comme forme morbide vraie, et que l’on a dénommée Pemphigus foliacé (ÿ).

F) Voir l’article Urticaire.

{-) Voir les articles Érythème polymorphe et Dermatites polymorphes douloureuses, t. IL p. 515 et t. I, p. 651.

(3) Voiries articles Pemphigus foliacé, t. III, p. 795. Dermatites polymorphes douloureuses, t. I, p. 651 et Érythrodermies exfoliantes généralisées, t. II, p. 548.

h. Une affection également assez discutable, purement bulleuse, successive, propre à la femme, à laquelle on a donné le nom de Pemphigus virginum , et dont il faut rapprocher ce que l’on a décrit sous le nom de Pemphigus hystérique.

Après élimination de ces nouvelles catégories de faits, nous nous trouvons encore en présence d’une foule d’éruptions bulleuses constituant ce que les divers auteurs ont décrit sous les noms de : herpes phlyctænodes, herpes circinatus bullosus, hydroa bulleux, pemphigus circinatus, pemphigus pruriginosus, pemphigus composé, pemphigus chronique vrai, etc., etc.

Duhring a édifié avec une partie de ces faits sa dermatite herpêli forme. Plus radical que lui, nous en avons englobé la majeure partie dans notre conception des dermatites polymorphes douloureuses (').

Mais, après élimination du vaste groupe des dermatites polymorphes douloureuses, il reste encore un certain nombre de faits, des plus rares d’ailleurs, qui nous paraissent mériter le nom de Pemphigus chronique vrai.

Telle est la première vue d’ensemble que nous croyons devoir donner des dermatoses que nous allons étudier. Maintenant que les idées sont un peu précisées, nous allons retracer rapidement l’historique général de cette question.

Page 1