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CHAPITRE III

CONCEPTION ACTUELLE DES DERMATOSES BULLEUSES

Nous avons vu au début de cet article que nous éliminons du groupe Pemphigus toutes les affections dans lesquelles la bulle n’est qu’un épiphénomène, un simple accident dans l’évolution d’une autre maladie bien définie par d’autres symptômes, que nous en distrayons également les éruptions bulleuses traumatiques, les éruptions bulleuses médicamenteuses, les éruptions bulleuses Irophoneurotiques comme celles de la syringomyélie, de la lèpre, etc.; les éruptions dysidrosiques, les eczémas à grosses vésicules, l’urticaire bulleuse, les érythèmes polymorphes vésiculo-bulleux ; nous venons enfin d’en éliminer les dermatites polymorphes douloureuses. Nous ne reviendrons plus sur tous ces points, que nous considérons comme définitivement acquis.

Toutes ces éliminations faites, voici ce qui reste dans les dermatoses bulleuses :

Tout à côté des dermatites polymorphes douloureuses existent, ce nous semble, deux maladies bulleuses assez mal définies encore, mais qui, nous en sommes convaincus, finiront par être nettement différenciées :

1° Une forme [aiguë fébrile toujours fort grave, et qui semble, d’après ses allures, dépendre de toxémies particulièrement malignes, c’est le Pemphigus aigu des vieux auteurs et de Nodet;

2° Une forme chronique grave distincte de la variété objectivement bulleuse (') Voir aussi le tableau d’ensemble que nous en avons donné en 1898, p. 9ot. toc. rit.

[L. BROC Q

CONCEPTION ACTUELLE DES DERMATOSES BULLEUSES.

des dermatites polymorphes douloureuses chroniques, et dont E. Besnier et A. Doyon ont admirablement indiqué les caractères (1).

Il n’est pas certain que ce pemphigus chronique vulgaire à aspect sévère el grave soit la seule forme de pemphigus vulgaire chronique que l'on doive distinguer de nos dermatites polymorphes* douloureuses. Il est possible qu’il existe aussi une affection monomorphe pemphigoïde, bénigne, non prurigineuse (2).

D’ailleurs, entre tous ces types morbides, érythème polymorphe, dermatites polymorphes douloureuses, Pemphigus aigu grave, Pemphigus chronique grave ou bénin, il y a de fort nombreux faits de passage, ce qui ne veut pas dire, d’après nous, que ce soit là un motif suffisant pour les identifier et en faire une seule et même entité morbide à laquelle on attribuerait le vocable peu précis de Pemphigus.

Il existe en outre, comme nous l’avons dit au début de cet article, un certain nombre de dermatoses bulleuses à physionomie générale assez spéciale que l’on a étudiées dans ces derniers temps et qui ont à l'heure actuelle leur individualité.

Ce sont :

o° Le Pemphigus végétant de Neumann ;

4° Le Pemphigus foliacé ;

5° Le Pemphigus virginum, auquel il faut sans doute relier le Pemphigus des hystériques ;

6° L ' Épidermolyse bulleuse héréditaire ou Pemphigus traumatique , à côté duquel il faut probablement ranger le Pemphigus successif à kystes épidermiques ;

7° Ce que l’on a appelé les Pemphigus épidémiques de l'enfant et de l'adulte , affections inoculables et auto-inoculables, faisant très probablement partie du groupe des impétigos et que l’on devrait rayer du cadre des Pemphigus.

Telles sont d’ailleurs à peu de choses près les conclusions auxquelles ont abouti Hallopeau et Leredde dans leur récent ouvrage (3).

Nous allons donc décrire successivement dans ce chapitre les entités morbides suivantes :

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