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PI* R L PC II K

Etym : perlèche, ou pourléche ('); co nom vient sans doute de la petite cuisson qui oblige les enfants à « pourlécher » leurs lèvres.

Définition. — - Historique. — La perlèche est une variété de stomatite chronique, une labialite , atteignant surtout les commissures, et à peu près spéciale aux enfants.

Elle a été étudiée pour la première fois par Justin Lemaistre, qui, en 1885, en décrivit tout à la fois les symptômes, en indiqua la nature contagieuse, et peut-être en trouva l’organisme pathogène (2).

Depuis Lemaistre, elle a été étudiée par quelques auteurs : Fl. Jaja (5), Moretti de Bologne (4), P. Raymond qui l’observa chez les adultes (3) et en donna une excellente description, par R. Planche qui lui consacra sa thèse inaugurale (°).

Symptômes. — La perlèche est caractérisée essentiellement par une lésion, presque constamment symétrique, des commissures labiales (voir Fig. 200). L’épithélium commissural est exubérant, plissé, blanchâtre, d’aspect macéré, et se laisse assez aisément détacher. La même modification atteint d’ordinaire l’épiderme juxta-commissural, et s’étend parfois plus ou moins loin sur la bordure cutanéo-muqueuse du limbe labial.

L’épithélium et l’épiderme sont en général senls atteints; le derme n’est pas dénudé : on voit, dit P. Raymond, une sorte de pellicule blanchâtre, saillante et plissée, du coin des lèvres, qui ont ainsi l’aspect fissuré, bridé, d’où, d’après J. Lemaistre, le nom patois de bridou.

Celle fissuration atteint parfois le derme, que l’on trouve, au-dessous de la pellicule épithéliale, rouge et parfois saignant. Elle peut être unique : la perlèche est alors constituée par une plaque commissurale, blanchâtre et macérée, divisée par une fissure en deux parties égales. Elle reproduit ainsi, comme le fait remarquer P. Raymond, l’aspect dit « en feuillet de livre ». D’autres fois elle est multiple, rayonnée, et peut atteindre la muqueuse labiale, à la partie interne de la commissure.

(') La perlèche est appelée parfois : bridou, parce que, dit J. Lemaistre, les lèvres semblent bridées. Dans certaines parties du Limousin, on la nomme encore poissonnade ou niarde.

(-) Justin Lemaistre, Discours d’ouverture de l’École de médecine de Limoges : De la perlèche et du slreptococcus plicatilis, nov. 1885. Limoges, Ducourtieux, éditeur.

(3) Fl. Jaja, Giornalc ilaliano di mal. ven. e de pelle, 1887.

(4) Moretti, U iris la clinica di Bologna, 1880.

(5) p. Raymond, Bull, de la Soc. de dermat. el de syphil., 1893, p. 289.

(c) R. Planche, La perlèche. Thèse de Paris, 1897. Jouve, éditeur.

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PERLÈGHE.

La perlèche n’est pas douloureuse; les enfants éprouvent seulement, d’après J. Lemaislre, une sensation de gène, de cuisson, les obligeant à « pourlécher » leurs lèvres, à tout moment.

Parfois pourtant, quand la perlèche est fissuraire et que l’enfant ouvre largement la bouche, il peut y avoir de la douleur et de petites hémorragies.

Assez souvent, il y a coexistence chez les enfants atteints de perlèche, de lésions associées telles que la stomatite cliphtéroïite, ou împétigineuse ('), de labialite croûtelleuse et saignante, d’érythème vésiculeux, d’impétigo, etc.

Peut-être, suivant l’opinion de Planche, n’y a-t-il là que des manifestations différentes d’une même infection (-).

Personnellement, je l’ai observée chez un enfant atteint de pelade d’origine dentaire (s).

La perlèche dure peu : quinze jours à un mois d’après J. Lemaistre qui admet aussi des formes prolongées « peut-être par suite d'inoculations successives ». Elle tend à guérir spontanément, mais elle laisse pendant plusieurs mois une surface blanche, nacrée, lisse, qui ne recouvre que progressivement la couleur rosée des muqueuses, et permet de reconnaître longtemps les enfants antérieurement atteints. Comme l’a dit J. Lemaistre, les récidives sont fréquentes : c’est là le seul point noir de celle dermatose légère.

Diagnostic. — 11 est d’ordinaire très facile : la localisation symétrique, l’aspect spécial de commissures bridées ; la marche subaiguë et froide, l’absence de réaction inflammatoire et d’autres localisations cutanées ou muqueuses suffisent en général à différencier aisément la perlèche de Y herpès labial; de Yimpétigo et de Y eczéma de même siège, et des stomatites bulleuses.

Il n’est vraiment qu’une difficulté et elle est créée par la syphilis : il est certain que les, plaques muqueuses commissurales peuvent, quand elles sont bien limitées à celte région labiale, où elles prennent justement l’aspect fissuraire , « en feuillet de livre », créer une très sérieuse et très importante difficulté clinique. Il est certain aussi que tout enfant considéré comme atteint d a perlèche devra être soigneusement examiné au point de vue d’une syphilis possible.

Je ne pense pas pour ma part que les nuances , les petits signes distinctifs de coloration, siège, profondeur, etc., considérés par quelques auteurs comme

(*) Sevestre et. Gastou, Soc. des lidp., 1891.

(*) Planche, Thèse citée, p. 2G.

(3) L. Jacquet, La pelade d’origine dentaire. Ann. de dcrmat., février et mars 1902, p. 29.

Fig. 2<M). — Perlèche. Malade de L. Jacquet (cliché Duhray.)

PERLÈCHE.

différentiels, doivent être pris en grande considération; c’est aussi l’opinion de A. Fournier. Aussi toute lésion commissurale, aussi légère soit-elle, observée chez un enfant, à parents syphilisés, ou présentant lui-même une manifestation quelconque , suspecte à ce point de vue, devra provisoirement tout au moins être soupçonnée de syphilis (‘).

Etiologie. — Pathogénie. — La perlèche est parasitaire, contagieuse et épidémique. On en doit l’affirmation el la preuve à Justin Lemaistre.

Oct auteur a découvert entre les cellules épithéliales, et à leur intérieur, une variété de streptocoque, nommé par lui streptococcus plicatilis , qu’il a cultivé et qu’il considère comme l’organisme pathogène de la perlèche.

J. Lemaistre a isolé ce microbe, dans tous les cas de perlèche, sauf chez un enfant presque complètement guéri.

Enfin il l’a trouvé dans les ustensiles de ménage (seaux, cruches, etc.), des maisons habitées par des enfants contaminés et jusque dans les fontaines et puits des régions où sévit la perlèche.

On comprend ainsi que les enfants d’une même maison et d’une même école, buvant au même godet de bois, puissent s’infecter et se réinfecter fréqucmmen t.

Les conclusions bactériologiques de J. Lemaistre n’ont pas été acceptées par tous les auteurs : P. Raymond a trouvé une variété de staphylocoque blanc ; Planche le staphylocoque doré ; Guibcrt et IL Malherbe le staphylocoque blanc \ Eymeri ces diverses variétés. Aussi P. Raymond pense-t-il que la maladie peut être éventuellement produite par tous les microbes de la cavité buccale, et Planche tend à la rapprocher, vu leurs coïncidences fréquentes et l'analogie de leur flore microbienne, de la stomatite diphtéroïde et de l'impétigo.

Plus récemment J. Lemaistre a nié ces analogies et affirmé à nouveau la spécificité de la perlèche, et du streptocoque isolé par lui. Bureau et Fortineau, ayant eu l’occasion d’observer une épidémie de perlèche, ont dans 16 cas trouvé le streptocoque : ils se rallient donc à l’opinion de J. Lemaistre (2).

Quoi qu’il en soit de ces divergences, la perlèche semble bien à tous être parasitaire, épidémique et contagieuse : elle sévit surtout chez les enfants des deux sexes, principalement chez ceux du premier âge. Aussi l’observe-t-on surtout dans les salles d’asile, les écoles maternelles, et d’une manière générale, dans les classes inférieures des autres écoles.

Les enfants de la classe populaire sont de beaucoup les plus atteints : l'influence de la malpropreté, du manque de soins, parait évidente.

La saison chaude est plus favorable au développement de la perlèche.

(*) Voir dans la Thèse de Planche, p. 35, la discussion soignée d’un lait d’interprétation délicate au point de vue médico-légal.

(2) Bureau et Forti.xeau, Recherches bactériologiques sur la perlèche. Gaz. hebd. méd. et chir., oct. 1901.

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