POU DU PUBIS
Description zoologique. — Le pou du pubis (Phtirius pubis, Ivüch.) est caractérisé par le thorax confondu avec l’abdomen et plus large que lui. C’est un insecte d’un blond cendré; la femelle mesure l,mn,5 et le mâle est un peu
(*) A. Jamieson, The Ireatment of pediculosis vestimenti. British Journal of dermatol., 181)5, 248.
PHTIRIASES.
plus petit. La tête est large et enfoncée dans une échancrure du thorax; les trois premiers anneaux de l'abdomen sont confondus; sur ses bords sont quatre petites saillies coniques garnies de poils. La première paire de pattes est très grêle, la seconde et surtout la troisième sont très fortes et terminées par une pince qui permet au parasite de se cramponner énergiquement aux poils. Quand on cherche à l’arracher, il se laisse glisser le long du poil qu’il tient mais ne le lâche pas. La femelle pond 10 ou 15 œufs piril'ormcs qu’elle accroche aux poils de la région.
Description clinique. — Le morpion habite généralement la région velue du pubis chez les adultes des deux sexes; chez les hommes velus il se répand sur la poitrine et sous les aisselles. Très exceptionnellement on peut le trouver chez l’enfant au cuir chevelu ou dans les cils. On le voit comme une petite tache blond grisâtre appliqué sur la peau à la base d’un poil auquel il est cramponné et il se laisse difficilement arracher. Les lentes ressemblent à celles du pou de tête et sont de même fixées obliquement aux poils mais ne sont jamais aussi abondantes.
Les morpions sont les plus vénériens des poux et c’est généralement par la cohabitation nocturne qu’ils se transmettent. On dit bien qu’on peut en prendre sur les bancs publics, les sièges de cabinets d’aisances, dans les voitures de chemin de fer ou autres, mais cela doit être très rare, étant donné que c’est le moins voyageur des poux, que c’est celui qui habite la région la mieux fermée et que les poux de tête et du corps, qui se déplacent beaucoup plus, ne se prennent pas très souvent de cette façon. Ce qui peut souvent faire croire à celte origine non vénérienne, c'est que l'on peut avoir des morpions très longtemps sans s’en apercevoir, et, quand on les remarque, le contact sexuel qui a occasionné la contagion est fort éloigné et oublié. Je n’en ai jamais observé chez des individus qui n’avaient pas eu des contacts sexuels risqués. On dit aussi que la phtiriase pubienne est plus fréquente dans les classes aisées; cela tient peut-être à ce que les malades de cette catégorie y font plus attention et s’en préoccupent; les autres ne la remarquent pas, et, s’ils le font, savent fort bien se soigner eux- mêmes. En tout cas, les morpions ne sont pas rares dans les classes inférieures. La phtiriase pubienne est rare chez les enfants, sauf les exceptions sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure, et plus rare encore chez les vieillards; c’est une maladie des adultes jeunes, de la période d’activité sexuelle.
Le premier et principal symptôme de la phtiriase pubienne est le prurit nocturne et très variable comme intensité. On voit des malades couverts de morpions, qui n’ont pas de démangeaisons et sont très surpris quand on les informe qu’ils oui des parasites; d’autres, bien moins infestés, se grattent violemment. Lailler (') a remarqué que tel malade qui a longtemps porté des poux du pubis sans s’en douter et sans se gratter devient pruritomane dès
(') L.ulleiî, Réunion clinique hebdom.de l’hôpital Saint-Louis. Ann. dedermat., 1889, p. 28.
[W. DUBREUILH ]