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I. - — PEMPHIGUS LÉPREUX

Dans la lèpre neurolique, l’éruption maculeuse se complique souvent d’une éruption bulleuse (*). Ce pemphigus lépreux a pour sièges de prédilection le dos des mains et des pieds, la partie postérieure des coudes, la partie antérieure des genoux. C’est un signe très précoce. Exceptionnellement, il se montre indépendant des macules : en règle il coïncide avec elles, se développant soit sur les surfaces achromiques, soit en dehors d'elles. Annoncée dans quelques cas par des phénomènes fébriles ou douloureux, son éclosion est soudaine, et presque toujours l'éruption est déjà constituée lorsqu’on y prend garde. La plupart du temps, elle est fort discrète, se réduit même à une bulle solitaire, d’un volume variant entre celui d’un grain de mil et celui d’un gros œuf. Le liquide, d’abord citrin, se trouble légèrement au bout de quelques heures, et l’élément s’entoure d’un halo érythémateux. En une semaine, la bulle a doublé de diamètre. Elle se rompt, se dessèche et s’exfolie en larges lamelles sous lesquelles apparaît une tache rougeâtre ou violacée; finalement, il reste soit une pigmentation foncée, soit plutôt une macule achromique bordée d’un liséré sépia. II est rare que tout vestige disparaisse complètement, sans cicatrice.

(>) Lorsque des Inities apparaissent dans la lèpre tégumentaire, elles annoncent le passage à la forme nerveuse ou mixte.

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ÉTUDE ANALYTIQUE DES LOCALISATIONS LÉPREUSES

Si la bulle est arrachée, il en résulte une exulcération à fond couenneux, constituée par le corps de Malpighi altéré, qui va s’éliminer par suppuration. La sécrétion se concrète en croûtes rupioïdes ourlées d’un anneau phlycténulaire; celles-ci, après être tombées à plusieurs reprises, laissent à nu le corps papillaire qui se recouvre de granulations blafardes. La guérison donne lien à des cicatrices indélébiles, d’une haute valeur diagnostique, lisses, blanches, voire neigeuses ou nacrées, ordinairement circonscrites par une mince bordure sépia (*).

Chez certains sujets, la bulle se soulève à peine : au-dessous d’elle se produit une escarre parcheminée, d'un blanc jaunâtre ou brunâtre, dont la chute détermine une ulcération de mauvais aspect, taillée à pic, grisâtre et souvent hyperesthésique. Ce pemphigus escarrotique laisse des cicatrices analogues aux précédentes, parfois chéloïdiennes. En général, ces éléments sont peu nombreux et disséminés, mais il existe une variété de lèpre dans laquelle les éléments escarrotiques sont abondants, se développent sur des taches érythémateuses antérieures, et pendant longtemps restent les seuls symptômes de la maladie. Lucio et Alvarado, Poncet ont décrit celle variante clinique, sous le nom de lèpre lazarine.

Au pemphigus précoce du début, il convient d’opposer le pemphigus tardif de. la période trophoneurotique. Il se manifeste par des bulles qui surviennent à de plus longs intervalles, et donnent lieu à des ulcérations plus persistantes.

Parmi les ulcères consécutifs aux bulles, les uns guérissent assez vite; les autres, surtout aux extrémités, deviennent souvent calleux et profonds. Ils sont une des origines de la lèpre mutilante.

Histologie. — Les bulles sont probablement les neuro-léprides spécifiques île la lèpre trophique, comme le pense Neisser. Quand on a trouvé des bacilles à leur niveau, il est probable qu’elles s’étaient développées sur un léprome.

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