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l’hôpital de Pnom-Penh, j’ai pu exciser un élément datant de plusieurs mois, dont voici la description histologique :

La lésion initiale occupe la couche papillaire dont les vaisseaux sont très dilatés. Les papilles augmentent graduellement de longueur en allant de la zone marginale vers le centre de l'élément. Le long des capillaires turgides se groupent des amas de plctsmazellen qui montent sous forme de traînées linéaires dans l'axe des papilles. Ces cellules, de forme irrégulièrement

cuboïde, ont un protoplasma basophile et un noyau volumineux, ordinairement excentrique, arrondi, vésiculeux, contenant de nombreux grains de chromatine.

Le réseau élastique du derme, recherché par les procédés appropriés (orcéine acide et bleu polychrome) paraît avoir totalement < ru .

L’épiderme considérablement épaissi, grâce à la multiplication des assises du corps muqueux de Malpighi, envoie des prolongements interpapillaires qui s’en-

Fig. 208. — Coupe horizontale d’un bouton de pian. —

Les formes arrondies qui se détachent en clair sont foncent profondément dans le

des prolongements papillaires sectionnés en travers et noyés dans la couche de Malpighi hypertrophiée.

derme. L'éléidine n’existe qu’à l’état de vestige. Les cellules épi¬

théliales superficielles s’aplatissent et se dessèchent sans se charger de matière cornée. Elles deviennent indistinctes et contribuent à former la croûte qui surmonte le papillome.

La lumière des capillaires est encombrée de leucocytes polynucléaires. Ceux-ci émigrent des vaisseaux, infiltrent le corps muqueux et forment de nombreux abcès miliaires infra-épidermiques. De ces petites collections, les unes de forme arrondie sont taillées comme à l’emporte-pièce, d’autres ont une disposition aréolaire. Les cellules épithéliales dissociées, aplaties, reconnaissables encore à leurs noyaux, forment un réseau dont les mailles sont comblées par des leucocytes polynucléaires. Ceux-ci s’observent en grand nombre dans la croûte qui coiffe le papillome (*).

Malgré des recherches réitérées, je n'ai pu déceler de micro-organismes sur les coupes. Mais la biopsie avait porté sur un élément déjà ancien et proba-

(*) D’après Charlouis, les poils restent normaux à tous les stades, les glandes sébacées et sudoripares sont très hypertrophiées. Les oùrrectores pilorum sont très développés. Unna, comme Charlouis, définit la lésion du pian : une dermatite chronique ayant pour point de départ la couche papillaire du derme. L’infiltration cellulaire est composée de leucocytes pour Charlouis, de plasmazellen pour Unna.

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blement dépourvu de virulence. Cette élude hislo-bactériologique, fort incomplète, appelle donc de nouvelles recherches (').

Diagnostic — Le bouton d’Orient ou clou de Biskra, maladie inoculable et contagieuse, pourrait, principalement dans sa forme villeuse, être confondu avec le pian ; mais ce dernier s’annonce par des I roubles généraux et a pour foyers d’élection le pourtour de la bouche et la région ano-génitale, tandis que le boulon d’Orient ne s’accompagne pas de phénomènes réactionnels et occupe de préférence les parties découvertes.

Le pemphigus végétant de Neumann, arrivé à son complet développement , se présente sous l’aspect de nappes papillomateuses qui occupent de préférence les plis articulaires, le scrotum, la vulve, l’anus, et sécrètent un liquide fétide. Mais le pemphigus végétant, qui est

une dermatose bulleuse à Fig. 209. — Pian des circinées simulant la syphilis.

. .... . . Photographie d’Angier (de Pnom-Penh).

sa phase initiale, envahit

souvent les muqueuses et se termine presque toujours par la mort. Elle ne sévil d’ailleurs jamais sous forme épidémique.

La Verruga, à laquelle on a parfois donné le nom de pian hémorragique, est une maladie infectieuse el inoculable, dont une première atteinte confère l’immunité. Elle a pour caractéristique une éruption de papillomes très vasculaires qui donnent lieu à des hémorragies répétées et parfois mortelles. Celte maladie, dont le pronostic est toujours grave, diffère notablement du pian : 1° par sa circonscription régionale très étroite (Haut-Pérou) ; 2° par la morphologie de ses éléments à structure érectile; 5° par ses localisations sur les muqueuses et sur les organes internes (r,)«

(') L’agent spécifique du pian est encore à trouver. Eijkmann, Broda ont vu des bacilles. Fierez, Nicholls et Watts, Ilirsch ont culli\é des microcoques que ce dernier aurait inoculés avec succès à des chiens.

(2) Je crois inutile d’énumérer les caractères différentiels qui séparent le pian de l’impétigo, de l’ecthyma, de l'érythème vaccin iforme des nouveau-nés et de la furonculose.

(5) Voir l’article : Verruga.

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Entre toutes, la syphilis est la maladie qui copie le plus fidèlement le pian. Les douleurs ostéo-articulaires à recrudescences nocturnes, la tendance de l’éruption à prendre la forme circinée, le groupement des éléments au voisinage des orifices naturels, l’action curative de l'iodure de potassium et du mercure, voilà autant de caractères communs aux deux affections. Le pian est donc réellement le sosie de la syphilis. Cependant, entre ces deux entités morbides, il exisle des différences fondamentales. Je les résume dans le tableau comparatif suivant :

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