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III. — Système vasculaire sanguin et lymphatique

ci. Cœur et vaisseaux sanguins. — Les troubles circulatoires observes dans la lèpre sont nombreux-. Les uns sont commandés par la névrite. Tels sont les désordres vaso-moteurs et la sensation de froid aux extrémités dont se plaignent souvent les neuro-lépreux, sensation qui coïncide souvent avec un abaissement réel de la température centrale et périphérique. Les autres tiennent à la germination des bacilles dans les parois des vaisseaux. Ces altérations vasculaires ont surtout un intérêt anatomique.

Histologie. — Artères. — Lucio et Alvarado, Poncet (de Cluny) ont décrit des épaississements considérables des artères des membres avec diminution et même disparition de leur lumière. Campana a noté la présence de petits lépromes dans la tunique moyenne des artères du cœur.

Veines. — Celles de calibre peuvent être considérablement épaissies et transformées en tubes rigides, jaunâtres, à parois épaisses et noueuses. Gluck a montré qu’on peut les sentir sur le vivant comme de gros cordons durs et moniliformes. La structure de l’adventice disparaît presque sous une infiltration de petites cellules qui pénètrent la tunique musculaire et la dissocient, en même temps que des vaisseaux néoformés bourgeonnent jusque dans l’intima. Celle-ci est la plus lésée (5). En divers points, elle entre en dégénérescence hyaline. Nous l’avons vue transformée en un véritable léprome en nappe, bourré d’innombrables cellules de Virchow. Des légions de bacilles farcissent le tout et peuvent tomber dans la lumière du vaisseau.

(*) Sur une rate que nous avons examinée, il existait un bloc sous-capsulaire opaque et jaunâtre, gros comme un noyau de cerise. 11 était constitué par une sorte de nécrose de coagulation (zone centrale graisseuse, non colorable, avec une bordure vivement colorée, mais sans élection, où les éléments déformés étaient méconnaissables). Des globi contenant peu de bacilles parsemaient le tissu mortifié, et les vaisseaux étaient oblitérés. La nécrose était entourée d’un tissu œdémateux infiltré de globi et de grandes cellules bacillifères. Nous ne saurions dire si cette lésion était due à un infarctus ou à une intoxication d'origine bactérienne.

(2) Dans un cas de mort accidentelle au début de la lèpre, Babes a trouvé des bacilles isolés dans les grandes cellules de la pulpe.

(5) Pour Joelsoiin (InauQ. Dissert. Dorpat, 1895), l’infiltration des veines se fait de dehors en dedans. Gluck croit au contraire à l’endophlébite primitive, due à la greffe sur l’endothélium des bacilles amenés par le sang.

LEPRE

Sang. — Des recherches nombreuses et irréfutables ont démontré la présence (les bacilles dans le sang circulant , surtout pendant les poussées (').

Nous avons vu que les amas bacillaires sont fréquents dans les parois et la lumière des petits vaisseaux qui parcourent les foyers lépreux. Dans les organes indemnes eux-mèmes, le poumon, le rein, la capsule surrénale ou la pie-mère, les vaisseaux sont parfois oblitérés par des thromboses microbiennes. Doutrelepont a trouvé, dans le sang du cœur droit, des bacilles libres ou contenus dans les leucocytes : l’infection sanguine est donc la règle dans la lèpre phymatode.

Les altérations des éléments figurés du sang ont été peu étudiés jusqu’ici. De recherches que nous avons entreprises avec Dominici, résultent quelques notions intéressantes : 1° L’hypochromie existait chez tous les sujets examinés; 2° tantôt elle était en corrélation avec l’hypoglobulie, comme dans les anémies simples, tantôt le nombre des hématies était moins diminué que le taux de l’hémoglobine, ou même était normal, comme dans la chlorose; 5° parfois il existait une légère hyperleucocytose passagère, en rapport avec une poussée aiguë. — L’ éosinophilie a été souvent signalée chez les lépreux (-).

b. Appareil lymphatique. — A sa phase initiale, la lèpre retentit déjà sur l'appareil lymphatique. Les ganglions inguinaux sont toujours engorgés dès le début de la lèpre, et augmentent de volume à chaque poussée. L’hypertrophie des ganglions cervicaux et axillaires est moins constante. 11 est très fréquent de sentir un ganglion épitrochléen libre ou adhérent au nerf cubital. Ces ganglions sont indolents et mobiles en dehors des poussées aiguës. Ils ont une consistance beaucoup moins ferme que ceux de la syphilis. Ils ne se ramollissent qu'à la période ultime. L inoculation et les cultures montrent qu'ils sont souvent envahis par le bacille de Koch.

Histologie. — Les ganglions lépreux sont gros, mollasses, rougeâtres ou translucides à la coupe, avec une zone ou des îlots blanchâtres en bordure : d’où un aspect bigarré rappelant celui des capsules surrénales, suivant la comparaison de Virchow. Au premier stade, les altérations occupent la périphérie. Les tissus sont encombrés par les endothéliums transformés en cellules lépreuses bacillifères. Au second stade, des cellules géantes, remplies de bacilles, se développent dans les sinus Elles se rangent en couronne autour du follicule et, plus tard, l’envahissent et en masquent la topographie. De nombreux amas de pigment ocre se voient dans le ganglion. Finalement, un tissu de sclérose, percé de lacunes

(p Parmi les plus probantes, nous citerons celles de Ivôbner, Muller, Babes, Doutrelepont et Wolters. Il faut aspirer le sang d’une veine assez volumineuse, afin d’éviter tout mélange avec le suc des lépromes.

(â) Gaucher et Bensaude, Sur un cas de lèpre avec granulomes lépreux miliaires généralisés, etc. Soc. franc, de dermatol., 15 février 1890. Chez le malade en question, le sang contenait 8,48 éosinophiles pour 100 leucocytes (sans augmentation du total de ceux-ci). Mais l’éosinophilie est parfois beaucoup plus marquée, les cellules acidophiles étaient dans un cas au nombre de 28 pour 100 leucocytes. Ce sont là des proportions qui dépassent de beaucoup l’éosinophilie commune à la plupart des dermatoses, et atteignent celles de la maladie de Duhring — Sabrazès et Matius ( Gazette hebd. des sciences méd. de Bordeaux , janvier 1901), ont également trouvé une éosinophilie assez marquée dans deux cas de lèpre nodulaire, tandis que dans un cas de lèpre anesthésique le sang était normal.

ÉTUDE ANALYTIQUE DES LOCALISATIONS LÉPREUSES

rondes, se substitue au tissu adénoïde. Dans les lacunes, dans la capsule et les parois vasculaires épaissies, abondent les amas bacillaires. Quelquefois la glande dégénérée se calcifie. Dans la lèpre anesthésique pure, les ganglions renferment des bacilles.

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