CHAPITRE Y
ÉTIOLOGIE
Il n’est en réalité qu’une cause efficiente de la lèpre : c’est Y envahissement de l organisme par le bacille de Ilansen.
Il semble a priori que celte proposition, solidement étayée sur l’anatomie pathologique, doive, malgré les tentatives infructueuses d’inoculation et de culture, clore toute discussion sur la contagiosité de la lèpre. Cependant, comme certaines maladies parasitaires ne sont pas transmissibles d homme à homme, il n’est pas permis d’opposer d’emblée une fin de non-recevoir à toute
lèpre, affection des nerfs périphériques (on sait que pour lui la névrite explique presque toute la lèpre nerveuse) à ceux de la syringomyélie, affection médullaire. L’une débute, simultanément, dans des territoires nerveux disséminés aux extrémités supérieures et inférieures; l’autre dans des territoires cohérents, commandés par une lésion médullaire, et presque tous situés d’abord aux membres supérieurs. Les signes de névrite active (épaississement douloureux des nerfs, névralgies, etc.), ne s’observent que dans la lèpre. La dissociation complète de l’anestbésie, la prédominance des troubles moteurs sont en faveur de la syringomyélie. A celle-ci appartiennent, bien plus souvent qu’a la lèpre, les signes spastiques, l’ataxie, les troubles oculo-pupillaires, les ostéo-arthropathies la cypho-scoliose, etc. La fièvre y est exceptionnelle en dehors des complications (abcès, cystite) et ne ressemble pas aux poussées de la lèpre.
(*) Ainsi, Brunsgaard, Gaucher, Champenier, Ehrmann. Zambaco ont observé la né\ rite du cubital, Ormerod celle du médian, Ehrmann celle du crural et du péronier, Caradec celle du saphène et du sciatique. Perrero, Schmidt, Leyden, Brauer, Sorrentino, Spillmann et Etienne, etc., ont étudié les polynévrites syphilitiques (voir Ménétrel, thèse de Paris, 1898), Bernard, Boix, Goldftam, Hoffmann, Eudlilz, etc., la paralysie faciale syphilitique.
[£ JEANSELME et M SÉE ]
ÉTIOLOGIE.
hypothèse contraire à l’idée de contagion. A l’heure actuelle, toute explication qui suppose la lèpre spontanée, c’est-à-dire ne naissant pas de la lèpre , est à peu près abandonnée; les facteurs étiologiques qui étaient invoqués jadis en première ligne, climat, misère, alimentation défectueuse, sont passés au rang de causes occasionnelles ou adjuvantes. Aussi ne nous arrêterons-nous qu’aux deux théories encore debout aujourd'hui : hérédité et contagion (*).
A. — Les preuves de la contagion.