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PI. IV

[L BBOCQ ]

LE LICHEN PLAN ET SES VARIÉTÉS

mon, la région lombaire, le cou, les membres inférieurs, les parties génitales, les parties latérales du tronc, la paume des mains, la plante des pieds, la muqueuse buccale, le cuir chevelu.

Nous en avons observé deux cas incontestables aux creux axillaires, localisation qui, ce nous semble, n'a pas encore été mentionnée.

La face est prise dans les cas intenses, surtout dans les formes aiguës (').

Dubreuilh a décrit tout dernièrement le lichen plan des ongles (2).

I ig. TV — Lichen plan de la vulve el des plis inguinaux. — Figure deslinée à montrer combien le lichen plan peut simuler les sypliilides papuleuses. — (Photographie sans retouches prise par Sotlas, à l’iiôpi ta 1 Broca, service de L. Brocq.)

Certaines de ces localisations sont importantes à étudier, car l’éruption y revêt un aspect assez spécial.

Paume des mains et plante des pieds. — A la paume des mains et à la plante des pieds , les papules au début ressemblent parfois à des taches d’un blanc jaunâtre situées au-dessous de l’épiderme corné. Elles simulent des vésicules ou des vésico-pustules ; mais, quand on déchire l’épiderme avec une pointe line, on voit qu il n'existe pas la moindre trace de liquide. L’épiderme est

(l) Whitfield, Dermatological Society of London , P2 avril 1809.

(-) Dubreuilh, Annales de dermat. et de syph., juillet 1901, p. 000. — Les ongles sont très finement striés en long. Ces stries sont parfaitement parallèles, occupent toute la longueur de l'ongle; elles n’ont pas plus d’un tiers de millimètre de large, sont profondes el contiguës, et en quelques points on les voit nettement formées par l’éclatement longitudinal d'une mince cannelure saillante. L’ongle parait rugueux et comme rayé par une râpe ou par du gros sable.

LES LICHENS

parfaitement sec el a do la tendance à desquamer. Les lésions évoluent ensuite de diverses manières. Dans certains cas elles deviennent confluentes, l'épiderme se détache par lambeaux de dimensions très variables et laisse à nu une surface d’un rouge plus ou moins livide, entourée d’une collerette irrégulière d’épiderme corné jaunâtre en desquamation. Tout autour se trouvent des éléments isolés ou confluents recouverts ou non de leur épiderme. 11 est vraiment difficile dans ce cas de distinguer le lichen plan de la paume de la

Fig. 46. — Lichen plan typique de l’avant-bras droit et de la paume delà main. La figure est suilout destinée à montrer l’aspect du lichen plan confluent de la paume de la main, (Photographie sans retouches prise par Sotlas, à l’hôpital Broca, service de L. Brocq.)

main du psoriasis, de l’eczéma sec, des névrodermiles chroniques cil consentes, des kératodermies diverses et en particulier des kératodermies arsenicales^), des syph il ides de la môme région.

Dans d’autres cas, chaque élément desquame isolément, il se produit des sortes de petits puits dont les bords sont formés d epiderme corne jaunalie im desquamation : par places ces lésions deviennent confluentes. La paume de la main offre alors un aspect criblé lout à lait caractéristique.

Dans d’autres cas enfin, chaque élément se présente sous la forme d une sorte de petit soulèvement presque incolore portant à son centre une dépiession noirâtre punctiforme qui semble correspondre a 1 orifice d une glande sudoripare. Nous ne pouvons insister plus longuement sur tous ces details.

Cuir chevelu. • — Au cuir chevelu l’aspect des éléments de lichen plan est

(*) Voir la communication du 5 mai 1900 de Hallopeau el C. Ilennocque à la Soci< k « 1 dermatologie et la discussion qui a suivi : Sur un cas de lichen de Wilson liypei L< i alu sique des extrémités avec lésions buccales et mélanodermie arsenicale.

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LE LICHEN PLAN ET SES VARIÉTÉS

assez spécial : ce sont presque toujours des plaques plus ou moins étendues, d’un rouge grisâtre, recouvertes de squames fortement adhérentes, à bords un peu saillants, à centre un peu affaissé, souvent parsemées de petites dépressions cupuliformes, et au niveau desquelles il y a une alopécie plus ou moins marquée, parfois totale.

Lichen plan des muqueuses. — Le lichen plan peut se développer sur les muqueuses.

On l’observe à la face interne du prépuce et sur le gland.

Ileuss et Page ont décrit le lichen plan de la muqueuse urétrale(1). Stobwasser(*) a cité des cas de lichen plan de la muqueuse anale. Marx Basch l’a signalé au larynx. Mais c’est surtout aux lèvres et à la muqueuse buccale tout entière, y compris la voûte palatine (3), qu’il offre un aspect particulier. Il peut s’y développer primitivement et y demeurer localisé pendant toute son évolution Çl) : parfois les téguments se prennent quelques mois après qu’il a fait son apparition sur la muqueuse buccale.

Sur la langue , le lichen plan occupe surtout la face dorsale de l’organe, parfois ses bords, beaucoup plus rarement sa face inférieure. Il y forme des plaques ou des traînées plus ou moins étendues, irrégulières de contours par confluence d'éléments primitifs arrondis ou ovalaires. Elles sont d’un blanc mat et ressemblent, au premier abord, «à des plaques de leucoplasie vraie ; elles en diffèrent cependant par des caractères assez nets pour qu’on puisse les en distinguer quand on les soumet à un examen quelque peu minutieux. Elles sont, en effet, moins nacrées que les plaques de leucoplasie vraie; elles sont constituées par une sorte d’épaississement de l’épiderme lingual qui submerge, pour ainsi dire(s), les papilles de la langue. Parfois les papilles sont véritablement moins développées à leur niveau et subissent même un pro- • cessus réel d’atrophie. En somme, presque toujours, le lichen plan de la langue, au début, ressemble à la lésion que produit sur cet organe une cautérisation légère avec du nitrate d’argent.

(») E. IIeuss, Lichen planas der Urethralschleimhaut. Monatsliefte fur praktische Dermat., Bd. XXXI, n° 10, p. 476. — A. Page, Un cas rare de lichen plan de Wilson. Nervosisme excessif, anurie relative, éruption des muqueuses buccale, urétrale. Guérison rapide par l’hydrothérapie chaude. Annales de dermat. et de syph., p. 171, 1895.

(2) Stobwasser, Ueber die Lokalisation des Lichen ruber planus auf den Schleimhâuten- Deutsche med. Wochenschrift, 1899, n° 5.

(r') Petersen, Lichen ruber planus auf der Schleimhaut des Mundes und des Gaumens. Sl.-Petersb. med. Woch , 1899, n° 4.

(4) H. Feulard, Lichen plan de la cavité buccale. Société franc, de dermat. et de syph., 12 janvier 1895. — Gautier, Lichen plan buccal; du lichen plan isolé de la bouche. Thèse de Bordeaux, 1895. — Voir en outre le travail d'AuDRY, Sur un type clinique de lichen plan (lichen plan débutant par les muqueuses). Ann. de dermat., 1894, p. 1004. — Prêche, Lichen plan isolé de la bouche. Journal de méd. de Bordeaux, p. 557, 22 juillet 1894. — \V. Dudreuilii et D. Frèciie, Du lichen plan isolé de la muqueuse buccale. Soc. franc, de derm .. 26 avril 1897. — Hallopeau et Sciiroeder, Sur un lichen plan limité à la muqueuse buccale. Bull, de la Soc. franc, de dermat., 1896, p. 540.

(3) Mayor et Pautry, Note sur les manifestations buccales du lichen plan. Revue méd. de la Suisse romande, 15 juin 1880.

LES LICHENS

Hallopeau a beaucoup insisté sur ces plaques de la langue qu’il a appelées plaques en pains à cacheter blanc (*).

A mesure que les lésions évoluent dans les cas à éruption réellement intense, la surface dorsale de la langue prend peu à peu un aspect légèrement scléreux, comme dépapillé, d’un rouge grisâtre, et sur ces plaques, dont la conliguration est d’ailleurs des plus irrégulières, on voit des stries blanches fort capricieuses, tantôt quasi parallèles, lantôt se coupant à angles plus ou moins ouverts, de manière à former un réseau sur lequel se voient çà et là des renflements blanchâtres et qui rappelle des mousses ou des fougères.

La localisation la plus fréquente du lichen plan de la bouche est la face interne des joues. Il y débute d’ordinaire au niveau de la couronne de la dernière molaire, plus rarement un peu plus en avant dans le sillon gingivogénien inférieur ou vers le point de la face interne de la joue qui correspond à l’interligne dentaire. Il y apparaît sous la forme de petites ponctuations blanches minuscules qui semblent reposer sur une muqueuse en apparence saine, et qui, peu à peu, se réunissent de manière à former un réseau, un véritable lacis de stries blanches extrêmement irrégulières, d’une largeur qui varie de 1/4 de millimètre à 1 millimètre, dont la longueur varie de 2 à 5 millimètres à 1 centimètre et plus; elles sont légèrement saillantes, parfois comme déprimées, et elles brident alors en quelque sorte la muqueuse, qui prend un aspect pseudo-cicatriciel; leur direction est très variable, mais, d’une manière générale, antéro-postérieure. Elles s’entre-croisent à angles plus ou moins aigus et présentent çà et là des renflements nodulaires figurant des sortes de petites lentilles arrondies ou ovalaires, parfois irrégulières, de 1 à 5 millimètres de diamètre, parfois dures, acuminées (2). Leur disposition rappelle, comme nous l’avons fait remarquer le premier, les stries blanches étoilées, plus ou moins irrégulières, qui existent sur les plaques de la peau.

Nous avons observé des lésions identiques aux gencives, à la voûte palatine, aux lèvres où elles peuvent même affecter la partie libre dans sa presque totalité, en y constituant des plaques rouges dont la surface est sillonnée du réseau d’un blanc grisâtre, comme rayonné et irradié, que nous venons d’étudier.

Dans une de nos cliniques nous avons décrit le lichen plan circiné de la langue. Il est caractérisé par une fine ligne blanchâtre portant, en certains points, de petits renflements, et figurant, dans son ensemble, un ovale parfaitement régulier de 7 à 8 millimètres de long sur o ou 4 millimètres de large. Le centre de la circination nous a paru sain (5).

(*) Hallopeau, Note sur un nouveau cas de lichen plan buccal en pains à cacheter et en stries étoilées. Soc. franc, de dermat. et de sypli., Il février 1897.

(2) Hallopeau, Sur un lichen plan en cravate et un lichen plan buccal avec éléments acuminé. Soc. franc, de dermat., 10 avril 1896.

(5) L. BnocQ, Quelques considérations sur le lichen ruber planus. Revue, yénérale de clinique et de thérapeutique , 5 avril 1897, p. 209.

[L. brocq -\

LE LICHEN PLAN ET SES VARIÉTÉS

Les éléments peuvent être isolés ou former des arcades par confluence, comme nous l’avons constaté dans un cas personnel inédit. Cette forme

est des plus rares, bien que nous en ayons vu plusieurs cas. Elle a été signalée par quelques auteurs ('). Nous l’avons également observée à la face externe des joues.

Modes divers de

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