‹ La pratique dermatologiqueChapitre 73 sur 233 · PREAMBULE · texte numérisé non relu

PREAMBULE

laines maladies, écrivent Schedel el Cazenave ('),... elles ne peuvent cadrer, pour la plupart, avec aucune des sections (de Willan), soit parce que leurs lésions élémentaires ne peuvent se rattacher à aucune des précédentes, soit parce qu’elles se développent sous une influence spéciale, et avec des symptômes sui generis; aussi avons-nous préféré en faire autant de descriptions séparées. »

Le groupe du lupus est resté en France ce que Bietl et Cazenave l’avaient fait, mais la dermatologie française en a précisé et affirmé les traits et les particularités, tandis que les dermatologues étrangers méconnaissaient les rapports de la dermatose de Willan el de celle de Cazenave, parce qu’ils niaient ou ignoraient celle « influence spéciale » présidant à leur développement, dont parle Cazenave.

Le tableau du lupus qui détruit 'en surface de Bietl, avait été porté à un si haut point de perfection par Cazenave qui l’avait nommé lupus érythémateux, (pie cette dermatose fut, dans la suite, connue dans toutes les langues sous le nom de lupus de Cazenave; mais alors que les étrangers employaient la dénomination proposée par cet auteur, ils se refusaient à reconnaître l’unité de nature qui avait fait donner, en France, aux deux dermatoses de Willan et de Cazenave l’appellation générique de Lupus. Il s’ensuit que ce que la dermatologie française unissait par une puissante analyse et par la nette aperception de la parenté de nature, était désuni par les dermatologues étrangers, qui regardaient les deux processus comme complètement différents dans leur nature intime.

Il en est résulté que Kaposi a décrit le lupus érythémateux parmi les atrophies cutanées, le lupus vulgaire parmi les infections. Unna, convaincu que le lupus érythémateux n’est pas un lupus, puisque le lupus doit être considéré comme une tuberculose de la peau, propose de classer la dermatose de Cazenave parmi les atrophies cutanées dans la classe des ulérythèmes. Le plus grand nombre des auteurs anglais se sert de l’expression « lupus érythémateux » comme d’un terme que l'on conserve parce qu’il a acquis droit de cité par priorité, mais ils ne voient entre les deux affections lupiques qu’une parenté incertaine ou nulle.

Le groupe lupus est donc fictif si l’on ne le comprend pas comme on l'a fait en France depuis Bietl et comme nous le comprendrons dans cet article.

La conception française du lupus s’écarte nettement de la conception étrangère et la division s’accentue à mesure que l’on trouve en France des raisons de conserver son unité au groupe Lupus, tandis qu'on en croit trouver à l’étranger de la lui dénier.

L’opinion étrangère avait d’abord gagné chez nous quelque terrain, qu’elle eût conservé sans doute, si, par sa forte observation, Ernest Bcsnier ne se fût appliqué à fonder sur de nouvelles assises la preuve de l’unité pathogénique des lupus. C'est dans les rapports du lupus vulgaire el plus encore du lupus érythémateux avec la tuberculose viscérale qu’Ernest Besnier crut trouver la

(>) Sciiedf.l el Cazenave, Abrégé pratique des maladies de la peau. Paris, 1847.

LUPUS

preuve de la parenté des deux dermatoses de Willan et de Cazenave. 11 n’a cessé d’affirmer leurs étroites relations avec la tuberculose.

Donc, en France, la plupart des dermatologues admettent qu’il existe d’étroites relations pathogéniques entre le lupus vulgaire et le lupus érythémateux. A l’étranger, au contraire, la grande majorité des auteurs considère le lupus érythémateux comme étant un érythème atrophique de nature tout à fait spéciale quoique inconnue, tandis qu'ils reconnaissent au lupus vulgaire une origine tuberculeuse.

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