‹ La pratique dermatologiqueChapitre 79 sur 233 · LUI'US · texte numérisé non relu

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aisément par l’iodoforme. Le raclage doit être fait sous le chloroforme en poursuivant avec vigueur (oui ce qui paraît mou et infiltré. On panse à plat. Ce traitement convient bien aux variété s serpigineuses étendues.

Les variétés scléreuses et papillomateuses des extrémités , le tubercule anatomique dont le pouvoir infectieux est très grand doivent être traités d’emblée par les moyens les plus actifs : le curettage chirurgical, mais mieux encore l’exérèse, leur sont particulièrement applicables. Si l’on a affaire à un tubercule anatomique petit on l’enlève en dépassant ses limites de quelques millimètres, et on suture. Si le tubercule est devenu lupus scléreux étendu et qu’on veuille l’extirper il faudra se résoudre à ne faire qu’un rapprochement partiel des bords de la plaie et il sera utile d’en surveiller, d’en régler et d’en modifier la cicatrisation. Ces tubercules ne sont pas en général justiciables de réunion par première intention sous peine de récidive. Il y a d’ailleurs une autre raison de prudence : c’est l’infection commune de ces surfaces qui suppurent quelquefois abondamment. On panse à l’iodoforme. Dans les cas où la plaque scléro-papillomalcuse est trop large on l’aseptise aussi bien que possible, on enlève à la curette toute la partie rugueuse superficielle et tout le tissu fongueux, on touche ou au chlorure de zinc ou bien encore on achève la destruction avec le gai va no ou le thermo-cautère. C’est ici surtout qu’il faut suivre avec attention les progrès de la réparation.

Certains lupus des phalanges sont remarquables par leurs allures mutilantes, il faut leur opposer des grattages attentifs et complets, quelquefois on est obligé d’aller jusqu’au squelette : il ne faut pas hésiter à obéir aux indications du moment. Si tout n’est pas enlevé la marche du lupus n’en devient que plus rapide et l’on est alors obligé de recourir à l’amputation du doigt.

Dans le lupus périunguéal le raclage sera précédé de l’extirpation de l’ongle.

Dans ces lupus des extrémités l’exérèse et le raclage énergique sont donc les procédés de choix.

Il faut prévenir le patient quand on se sert du galvano-cautère pour le traiter que le jeu de ses doigts peut être rendu difficile : les adhérences qui se font entre les tendons et la peau sont fréquentes et se produisent aisément. Dans les lupus profonds le galvano-cautère est peu recommandable.

III. Les indications particulières du lupus des muqueuses sont à la fois plus simples comme thérapeutique générale et plus délicates quand il s’agit de combattre certaines formes de lupus des fosses nasales ou du larynx.

Dans le lupus des fosses nasales on est réduit à des grattages souvent aveugles pour lesquels la seule habileté manuelle de l’opérateur entre en ligne de compte, le chirurgien n’étant guidé que par la sensation de mou et de dur. Ces grattages sont suivis de cautérisations avec des solutions argent iques ou avec de l’acide lactique étendu. Les grattages doivent être fails largement, sans s’occuper de l’hémorragie que l’on réprime d’ailleurs assez facilement par la cautérisation. Il faut avoir soin d’anesthésier au préalable à la cocaïne ou de faire l’anesthésie générale. Il faut que l’instrument énergiquement et prudemment manié enlève tout ce qui ne résiste pas à son tranchant. Les soins consé-

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LUPUS VULGAIRE

culifs consistent en aspirations de vaseline boriquée, salolée ou iodoformée, en pulvérisations résorcinées ou boriquées, en lavages des fosses nasales.

Dans le cas de lupus polypoïde , on enlève les tumeurs à l'anse galvanique, on cautérise le point d’implantation à l’acide lactique. 11 convient de surveiller la cicatrisation.

Dans un certain nombre de cas où la curette ne saurait agir utilement sur la masse lupique, soit que l’on ait affaire à une pseudo-tumeur tuberculeuse des fosses nasales , soit que l’étendue du lupus en surface soit Irop considérable, on pourra pratiquer l’opération de Rouge. Ou sait qu’elle consiste essentiellement à décoller la lèvre supérieure du maxillaire par une incision faite au fond du sillon gingivo-labial, à poursuivre le décollement jusqu’à l’épine nasale antérieure que l’on sectionne avec les cartilages de la cloison et des narines. On rabat le volet labio-nasal vers le front et la cavité nasale s’offre béante. Les suites opératoires sont en général bonnes et simples.

Le lupus de la conjonctive peut être scarifié, en quelques séances les fongosités s’affaissent, pâlissent, disparaissent. C’était la thérapeutique ordinaire d’E. Vidal. E. Resnier recommande les galvano cautérisations fines et menées avec ménagement. Ce lupus guérit également bien par les deux procédés.

Le lupus de la langue dans ses formes mamelonnées dures, demi-scléreuses, «pie l’on pourrait considérer comme une sorte de lupus scléreux papillomateux des muqueuses diminue et guérit par l’ignipuncture, les attouchements avec le stérésol, le naphtol camphré, l’éther iodoformé, le nitrate d’argent, l’acide lactique.

Le lupus du voile du palais , du pharynx , de la face interne des joues , des gencives s’améliore rapidement par les mêmes procédés.

Le lupus du larynx doit d’après Rrondgeest (*) cl Honsell (j être traité chirurgicalement aux périodes avancées , Rrondgeest recommande alors la pharyngotomie sous-hyoïdienne avec ablation consécutive de l’épiglotte cl de toute la région atteinte. Celte opération a été pratiquée avec succès par von Rruns, mais il y a eu récidive consécutive.

Dans les premières périodes on pratique avec des instruments appropriés des grattages, des scarifications, des galvano-cautérisations. Les résultats immédiats sont bons, mais la récidive et l’envahissement des cavités du larynx se font assez fréquemment et peuvent nécessiter la trachéotomie d’urgence ou l’intubation. Les caustiques chimiques que l’on peut employer sont les mêmes «pie pour les muqueuses. L’acide lactique aura la préférence.

Nous n’avons rien de particulier à dire du traitement des complications du lupus. Le lupus avec suppuration , eczéma , érysipèle , sera mis tout d’abord au traitement spécial de ces affections et l’on n’interviendra contre lui que quand on aura obtenu la disparition des processus surajoutés.

Quant au traitement de F éléphantiasis lupiquç ce sera celui des états éléphan-

p) Rrondgeest, Traitement du lupus et de la tuberculose du larynx aux périodes avancées. Soc. néerl. de taryngol. , de rhinol. et d’otol ., Arnlieim, 9 juin 1895.

(a) Honsell, De la pharyngotomie sous-hyoïdienne. Beitr. zur klin . Chir., XXV, 1.

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liasiques on général déjà étudié dans lo tome II do cet ouvrage, p. r>85. La tuberculine employée avec soin rendra ici quelques services.

Le traitement des alrésies ori/lcielles est une question d’autoplastie dans laquelle nous ne pouvons entrer.

L'êpithélioma développé sur le lupus n’est justiciable que dos méthodes ordinaires de traitement du cancer.

Los gommes scrofuleuses , les lymphangites développées sur le trajet dos lymphatiques afférents d’un lupus seront cautérisées profondément, raclées, extirpées même, si la région le permet, mais il faudra agir ici avec une prudence très grande, car ces interventions donnent souvent à la tuberculose un regain d’activité et de virulence.

PROPHYLAXIE

La prophylaxie du lupus comporte plusieurs termes : 1° Comment peut-on éviter de devenir lupique? 'i0 Que doit faire le lupique pour éviter de contaminer ses semblables et d’être pour eux le vecteur de la tuberculose viscérale ou cutanée?

L’inoculation paraît être la voie la plus ordinaire de l’introduction du bacille tuberculeux dans la peau et elle se produit avec un maximum de fréquence au niveau des régions découvertes el des muqueuses.

Les régions découvertes ne sont justiciables à l’état sain (pie d’une rigoureuse propreté et il apparaît bien souvent que le lupus, en particulier le lupus scléreux papillomateux des mains, est la conséquence de l’existence d’excoriations de l’épiderme souillées par des produits tuberculeux chez des individus qui prennent peu de soin de leur propreté. C’est ainsi que la tuberculose verruqueuse est commune chez les mineurs, les bouchers, tandis qu’elle est relativement rare chez les étudiants en médecine qui pratiquent des autopsies au cours desquelles ils subissent fréquemment des traumatismes épidermiques légers. La seule asepsie rigoureuse et rapide met les seconds à l’abri de la pénétration du bacille.

Il est beaucoup plus difficile de protéger les muqueuses; cependant il faut prendre le plus grand souci de leurs affections inflammatoires chroniques qui sont l’origine et l’occasion de multiples infections graves et qui soignées avec sollicitude diminueront beaucoup les chances de ces infections secondaires, en particulier des inoculations tuberculeuses. C’est surtout aux sujets qui vivent au contact des tuberculeux qu’il convient de prescrire ces soins attentifs : les lavages aseptiques de la muqueuse nasale répétés de temps en temps, les fumigations thymolées auront bien souvent une efficacité suffisante. L’hygiène de la bouche ne sera pas moins scrupuleuse.

Quant aux lupiques ils ont eux-mêmes quelques devoirs envers leurs semblables : les pansements rigoureux, laits avec soin, la destruction par le feu de tout ce qui a servi aux pansements antérieurs, la destruction dos linges

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LUPUS ÉRYTHÉMATEUX .

souillés par les sécrétions des muqueuses malades ou tout au moins leur rigoureuse stérilisation sont nécessaires. Ces précautions peuvent être illusoires ou inutiles, car on ne sait rien de précis louchant le pouvoir contagieux d’un lupus sécrétant des muqueuses, mais elles s’imposent néanmoins par le seul fait que jamais la prudence n'est trop grande en semblable matière.

Parmi les questions les plus intéressantes de la prophylaxie du lupus se pose celle de la grossesse cl de l’allaitement. Nous avons étudié plus haut l’influence de la parturition. Quant à l’allaitement il peut exercer une action fâcheuse sur la mère et sur l’enfant : il convient de remarquer, cependant, qu’aucune observation suffisante n’est encore venue éclairer ce point obscur de l’histoire du lupus. On peut admettre toutefois, en ce qui concerne la mère, que la fatigue physiologique causée par la sécrétion lactée peut être l’occasion de l’apparition ou de l’aggravation de la tuberculose viscérale. Quant à l’enfant, la prudence commande de lui éviter tous les risques de la contagion et de le soustraire à l’alimentation par le lait maternel. Si les conditions sociales obligent la mère à le nourrir, les précautions d’asepsie des seins devront être aussi rigoureuses que possible. Quand on le pourra on confiera l’allaitement à une nourrice.

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