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L. Biîocq

Brocq administre de l à 8 de ces pilules chaque jour. On peut en obtenir, en variant les doses, en faisant alterner l’ergotine avec l’hamamelis et la digitale, des effets vaso-moteurs prolongés et très utiles comme adjuvants de l’action locale.

On a préconisé, en outre, la médication hydro-minérale; on peut employer ici, comme dans le lupus vulgaire, des eaux chlorurées sodiques, arsenicales, bromurées sodiques, ou même sulfureuses. Entre toutes les eaux minérales, la Bourboule paraît ici mériter la préférence : on l’emploie à la fois en applications locales et en boisson. Chaque sujet commande, d’après son état local et viscéral, l’emploi particulier de chacune de ces stations.

Ici pas plus que dans le lupus vulgaire la médication interne n’est une médication spécifique; mais, plus que dans le lupus vulgaire, on en peut attendre des effets précis, puisqu’il convient de la diriger surtout contre les influences vaso-motrices, dont nous pouvons déterminer parfois le point de départ, pulmonaire, utérin, stomacal, intestinal, nasal ou buccal, et dont nous pouvons toujours atténuer l’effet, même quand nous ne leur trouvons aucune cause précise, par l’administration des médicaments vaso-moteurs, diversement combinés.

Il faut se souvenir aussi que le lupus érythémateux peut guérir spontanément, quand on modifie les conditions de milieu. C’est ainsi qu’il faut tenir compte des émotions, des chagrins, des préoccupations de la vie familiale, et que le séjour dans les stations d’eaux minérales agit par les modifications qu’il impose dans les habitudes et dans la manière d’être, autant et quelquefois plus que par l’action propre aux eaux médicamenteuses.

La médication hypodermique a été préconisée comme dans le lupus vulgaire, et les substances injectées ont été les mêmes : thiosinamine, tuberculine, iodoforme, sérum d’animaux. De la thiosinamine, nous ne dirons rien.

La tuberculine n’a guéri qu’exceptionnellemcnt le lupus érythémateux, encore n’est-il pas certain qu’il s’agissait réellement dans ces cas de lupus érythémateux vrai. Son action locale est souvent nulle; d’autres fois, elle se traduit par de la rougeur, une certaine tuméfaction survenant peu après; puis, quand l’action favorable se manifeste, les squames tombent, l’infiltration diminue; mais les phénomènes modificateurs cessent bientôt de se produire.

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Le sérum d’agneau a été essayé par Legrain ('), comme d’autres expérimentateurs avaient essayé le sérum de chien contre le lupus vulgaire. Mais dans l’unique observation publiée et qui d’ailleurs est un cas suivi de guérison, il s’agit d’un érythème centrifuge symétrique. Bien que celle lésion eût résisté pendant deux ans aux traitements les plus divers, on sait que c’est là la forme la plus facile à modifier par le traitement interne; aussi ce cas est-il insuffisant pour établir la valeur de ces injections.

On a vu dans quelques cas l’érysipèle guérir le lupus éyrthémateux, mais aucune méthode ne peut sortir de cette action variable d’un cas à l’autre, et impossible à régler.

B. Traitement local. — La thérapeutique locale comprend les mômes moyens d’action que la thérapeutique locale du lupus vulgaire, aussi n’avonsnous à y revenir que pour indiquer quelques méthodes nouvelles ou préciser quelques points particuliers.

1° Caustiques chimiques. — Parmi les agents chimiques employés, nous retrouvons ici, comme pour le lupus vulgaire, les acides, salicylique, lactique, pyrogallique, phénique, nitrique, et les emplâtres dans la constitution desquels ils entrent. Mais nous trouvons en plus quelques méthodes spéciales d’application de l’acide acétique, de l’arsenic et des topiques nouveaux : le baume du Pérou, l’alcool.

La méthode de l 'acide acétique a été étudiée par Brocq, d’après une pratique ancienne de l'Hôpital Saint-Louis, tombée dans l’oubli. Elle est fort simple, et se recommande par là aux praticiens, qui peuvent l’employer partout; elle a, comme toutes les méthodes, ses succès et ses insuccès, mais elle réussit parfois là où beaucoup de traitements plus compliqués ont, échoué. Elle peut s’appliquer à toutes les formes de lupus érythémateux (2).

Le savon noir est l’un des moyens les plus efficaces, et c’est de tous le plus simple. Il suffit parfois à faire disparaître presque totalement, en

(*) Legrain, Note sur un cas de lupus érythémateux traité par le sérum d’agneau. Ann. de dermat. et de syphil., 9 janvier 1896.

(*) Voici comment Brocq recommande de la mettre en usage (L. Brocq, Note sur te traitement du lupus érythémateux par le mélange de jaune d'œuf et de vinaigre , 1886) :

« Le procédé consiste à faire durcir des œufs, à en prendre le jaune, à le triturer avec du vinaigre ordinaire de façon à en faire une pâte assez molle pour se laisser étendre avec facilité sur de la flanelle; on peut laisser macérer cette pâte pendant quelques heures en ajoutant de temps en temps de l’acide acétique au mélange. On étale le mélange sur des morceaux de flanelle ayant la forme des plaques à traiter, mais en dépassant les hords de plusieurs millimètres. On laisse les emplâtres à poste fixe pendant toute la nuit, le lendemain on savonne avec du savon noir. On réitère les applications si ce n’est pas trop enflammé et si les occupations du malade le permettent.... Dans certains cas l’action peut être comparée avec avantage à celle du savon noir.... Ces mélanges de jaune d’œuf et de vinaigre ne sont pas très douloureux, ils ne causent pas d’inflammation trop vive. »

Ce procédé est si simple qu’il se recommandera de lui-même, et la durée du lupus érythémateux est si longue, que, fùt-il inefficace, son emploi n’aurait aucun effet nuisible sur le résultat définitif.

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quelques applications, des érythèmes centrifuges très étendus, indifférents aux pommades communes. Le savon noir a encore un autre avantage : on peut l’incorporer à des pâles, ou lui ajouter directement des médicaments actifs, comme le soufre, la résorcine, le naphtol, l’acide pyrogallique; son action est renforcée et renouvelée, pour ainsi dire, par ces substances, dont la proportion peut varier au gré du thérapeute, suivant les indications que lui fournit la lésion.

On le délaie dans un peu d'alcool pour le rendre maniable et on l’étale en couche de 2 à 5 millimètres d’épaisseur sur de la flanelle taillée sur le patron des points malades. On le maintient appliqué pendant un temps qui varie avec la susceptibilité cutanée du malade d'une à douze heures, pendant un ou plusieurs jours successifs. Le pansement consécutif est fait ad libitum , suivant l’intensité de l’inflammation, soit avec des cataplasmes de fécule, soit avec des pommades à l’oxyde de zinc, simple, salicylé, boriqué ou boro-boraté. Les applications sont subordonnées à l’état local. Quand la région devient rouge, tuméfiée, douloureuse, il faut interrompre et panser avec des topiques calmants, faire des pulvérisations, des lotions très chaudes qui décongestionnent, des lavages très légèrement antiseptiques. C’est au médecin à savoir acquérir par un peu de pratique raisonnée la notion de la conduite à suivre, et (pii varie d’un cas à l’autre.

L ’ acide pyrogallique et Y acide salicylique employés séparément ou combinés en collodions ou en traumaticines, dont on gradue à volonté la concentration, agissent aussi très favorablement sur les surfaces lupiques. On peut se servir de collodion contenant de 1/1 0e à 1/50 de l’un de ces deux acides ou de ces deux acides associés. Ces collodions pyrogallés ont l’inconvénient de colorer en brun ou en noir les téguments, et d’être douloureux. Il en faut surveiller l’effet attentivement, car il n’est pas rare qu’ils causent une réaction inflammatoire très vive.

L 'acide phénique en solution saturée dans la glycérine, qui le dissout pour ainsi dire en toutes proportions, est aussi un excellent topique. 11 devra être manié exclusivement par le médecin. Les escarres superficielles qu’il produit seront prudemment surveillées. Les applications seront répétées plusieurs fois par semaine en des points différents pour les lupus très étendus. Une ou deux fois seulement pour ceux dont la surface pourra être badigeonnée complètement en une seule fois. L’acide chromique peut être utilisé d’une façon analogue.

L 'arsenic employé sous forme de badigeonnages de liqueur de Fowlcr étendue a donné à Schutz des résultats favorables. La solution usitée a la formule suivante :

Liqueur de Fowler . 4 grammes.

Eau distillée . 20 à 50 —

Chloroforme . II gouttes.

Matin et soir on badigeonne les parties malades. On cesse les badigeonnages

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du ¥ au G1' jour, quand on commence à reconnaître l'inflammation. On fait ainsi une série de badigeonnages. L’auteur prétend obtenir la guérison en 10 à 11 semaines. Ce résultat paraît bien difficile à admettre comme un résultat ordinaire et général.

Parmi les topiques que nous venons de signaler : le savon noir, pur ou associé, les acides pyrogallique, phénique, l’arsenic, sont les plus recommandables par leur efficacité. C’est à eux qu’il importe de s’adresser tout d’abord, en se souvenant (pie la variété dans la thérapeutique est souvent le moyen le plus certain d’obtenir la modification et la rétrocession du mal. Quand un topique cesse d’agir, ou que son action faiblit, il faut ou l’associer à un ou plusieurs autres, ou le remplacer momentanément. Plus tard, on pourra l’utiliser de nouveau avec succès. La règle générale (pii doit guider le médecin esl fort simple; elle peut se résumer en Irois mots : irriter , calmer , varier. L’irritation est utile tant qu’elle n’est l’occasion d’aucune poussée inflammatoire, qui favorise l’extension périphérique du mal. Le repos consécutif ne doit pas excéder le temps nécessaire à la défervescence. Le changement de topique enfin n’est commandé que par le désir d’une action plus rapide et plus énergique, ou par l’insuffisance de l’effet produit. 11 y a donc dans la direction de ce traitement une question de tact et d’opportunité. La prudence, l’expérience, l'appréciation exacte de l’effet produit, sont les seuls guides utiles en cette matière.

Nous signalerons encore quelques autres topiques utilisés en Allemagne.

Le baume du Pérou pur ou associé à l’huile de ricin a été employé par quelques médecins anglais, par Hébra, Kaposi ; il réussit dans quelques cas, échoue complètement d’autres fois.

L 'alcool absolu additionné d’éther, de chloroforme ou d’essence de menthe a donné à Ilébra des succès dans des lupus érythémateux étendus à marche rapide. Le mode d’application consiste à promener sur les parties atteintes, sans exercer de pression, un tampon de coton imbibé d’alcool absolu ou mieux du mélange suivant :

Alcool absolu . \

Éther sulfurique . j âà 30 grammes.

Alcool de menthe . '

On fait plusieurs lotions successives en laissant sécher entre chaque lotion. Ces lotions sont répétées dans le cours de la journée aussi souvent que possible.

Neisser et Unna emploient volontiers les topiques chimiques dans le traitement du lupus érythémateux; tous deux divisent cette dermatose d’après ses caractères réactionnels en lupus érythémateux irritables et lupus érythémateux non irritables. Pour Neisser, les lupus érythémateux qui évoluent d une manière torpide, sans phénomènes inflammatoires d’irritation évidente, notamment sur les bords, ne doivent pas être traités parles caustiques. II leur

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faut appliquer les pommades les plus indifférentes. Unna(1) a imaginé ici comme pour le lupus vulgaire toute une méthode thérapeutique établie sur la constitution du lupus : il y a, dit-il, infiltration œdémateuse et hyperkératose. Contre 1 infiltration œdémateuse il faut agir par voie interne au moyen d’agents vaso-moteurs, et par des agents locaux desséchants : poudres, pâtes ou lavages; il préconise à cet effet des pâtes au sulfure de zinc. La compression agit parallèlement, on l’obtient par les traumaticines, les collodions, les colles. Dans la même intention, il emploie encore les topiques décongestionnants : les pansements humides el froids. Contre l'hyperkératose, il lutte parla résorcine, l’acide salicylique. Les caustiques et le galvano-cautère font la dernière partie du traitement. Quelles que soient les idées hypothétiques qui gouvernent le traitement, celui-ci se résume, on le voit, dans l’emploi des caustiques chimiques.

2° Agents physiques. — Lumière. — Electricité. — Chaleur. — Le traitement par les topiques, malgré son efficacité remarquable, a perdu un peu de son importance depuis que des méthodes nouvelles de photothérapie et d’électrothérapie ont été utilisées contre le lupus érythémateux.

La photothérapie paraît cependant moins favorable ici que pour le lupus vulgaire, les cas auxquels elle est applicable sont relativement peu nombreux. Parmi les formes superficielles, on ne doit traiter que celles qui résistent à l’action des caustiques et des courants de haute fréquence. Leredde(s), qui se rallie à la distinction faite par Brocq entre le lupus érythémateux fixe el le lupus érythémateux aberrant, croit ainsi que Brocq que les formes fixes surtout sont justiciables de la photothérapie.

Ces formes sont en effet très profondes et très comparables au lupus vulgaire dans leur évolution, ainsi que l’a dit Brocq. Elles sont longues à modifier, reparaissent fréquemment après la guérison apparente. Leredcle insiste sur la nécessité d’obtenir la formation de cicatrices avant d’interrompre le traitement photothérapique.

L’ électricité a été employée tout d’abord dans le traitement du lupus érythémateux en 18117, à l’hôpital Broea dans le service de Brocq sous la forme de courants de haute fréquence et de haute intensité. Les applications faites par Bissérie (3) ont donné de très importants résultats. Elles doivent être répétées une ou deux fois par semaine. Elles sont suivies d’une irritation qui augmente à mesure que se multiplient les séances. La peau se couvre de croûtelles qui laissent après leur chute une surface rouge, luisante. Après un certain nombre d’électrisations, la formation de ces croûtes superficielles cesse, il se produit une sorte de dessiccation de la zone traitée. En réglant l’intensité des effluves sur l’effet obtenu et sur le résultat à acquérir, on voit

fl) U n va, Traitement du lupus érythémateux. Journ. of cutan. and genit.-urin. diseuses, oct. 1898.

fl) Leredde, Les indications de la photolhérapie dans le traitement du lupus, C. Naud, 1901.

(3) Bissérie, Traitement du lupus érythémateux par les courants de haute fréquence. Journal de méd. et de chir. prat., fév. 1901.

la peau devenir progressivement lisse et souple. Le résultat définitif ne s’obtient guère qu’en 25 à 70 applications du courant, dont chacune doit durer de deux à cinq minutes, suivant l'intensité des réactions observées.

Cette méthode a de nombreux avantages : elle est indolore, les modifications qu'elle produit sont aussi rapides et aussi stables que celles que donnent les caustiques chimiques et les méthodes sanglantes non radicales. Elle évite l’application de pansements désagréables; enfin les cicatrices qu’elle laisse sont régulières et peu visibles.

D’après Jacquot ('), le traitement appliqué et suspendu définitivement à 50 malades du service de Brocq, avait en 1901 donné 59 guérisons et 17 échecs. Parmi ces derniers malades, cinq avaient abandonné le traitement sans raisons. Pour les autres, la statistique démontre l’efficacité beaucoup plus grande du traitement dans les formes érythème centrifuge.

Ces deux méthodes, la photothérapie et l’électrothérapie se complètent donc l’une l’autre, puisque la première convient particulièrement aux formes fixes, la seconde aux érythèmes centrifuges (2).

La méthode électrolytique n'a pas donné jusqu’ici de résultats appréciables. Les cas où elle pourrait être utilisée avec le plus de chances de succès sont ceux où l’élément télangiectasique domine et qui simulent la couperose. En enfonçant l’aiguille négative dans la lumière des capillaires visibles et en faisant passer de faibles courants variant de deux à quatre milliampères, pendant dix à vingt secondes, on peut obtenir des modifications appréciables. Ce traitement doit nécessairement être combiné à une autre méthode, en particulier à celle des scarifications; ses applications sont très restreintes.

La cautérisation ignée au thermo-cautère, au galvano-cautère ou la cautérisation à l’air chaud sont d’une efficacité moindre que celle de la lumière et de l’élect ricité.

L'air surchauffé a permis la guérison de quelques rares lupus érythémateux. Mais celle méthode n’a pas été utilisée assez souvent pour que l’on puisse en tirer de précises indications. Elle paraît destinée à tomber dans l’oubli.

La galvano et la thermo-cautérisation ne doivent jamais être employées contre les formes superficielles. Il ne faut les utiliser dans les formes fixes quand on n’a obtenu aucun résultat satisfaisant par les topiques ou par les scarifications et quand il est impossible de faire bénéficier le patient des méthodes récentes. Elles donnent souvent dans ces conditions d’excellents résultats. Quand on y a recours pour le lupus érythémateux fixe, il faut, comme dans le lupus vulgaire, dépasser en surface et en profondeur les limites de la

(*) Jacquot, Du traitement du lupus érythémateux par les courants de haute fréquence.

Thèse de Paris, 1001.

d) Tout récemment Danlos a essayé Faction photolhérapique des sels de radium. II s’est adressé dans ses tentatives encore très incomplètes au chlorure de radium mélangé à la dose de un dix millième au chlorure de baryum. Le mélange contenu dans une enveloppe mince de caoutchouc est appliqué directement sur le lupus érythémateux pendant un temps qui varie de deux à vingt-quatre heures. L’action produite va de l’irritation simple jusqu’à la brûlure superficielle. Les résultats ont paru encourageants à l’auteur.

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néoplasie et s'efforcer d’obtenir un maximum d’action sclérosante et un minimum de délabrement. Nous renvoyons pour plus de détails et pour les pansements au lupus vulgaire, p. 245 et suivantes.

5° Méthodes sanglantes. — Les méthodes sanglantes trouvent leur application dans le lupus de Cazenave, comme dans le lupus de Willan. Elles y sont toutefois moins efficaces.

L 'extirpation totale est à la rigueur applicable ici. Il faut la réserver aux lupus érythémateux fixes de petites dimensions, paraissant infiltrer la peau profondément. 11 faut que celle exérèse soit large, qu’elle déborde les plaques de plusieurs millimètres el qu elle les dépasse profondément vers 1 hypoderme. Il n’est aucun succès possible hors de ces conditions. La technique opératoire et les soins consécutifs sont les mêmes que pour le lupus vulgaire.

Quant au curettage et à la rugination , leur emploi est encore plus délicat, leurs applications sont encore plus restreintes. C’est, comme le dit E. Besnier, un moyen à utiliser, une fois, comme traitement préalable, dans certaines formes, fortement crétacées, et dans le lupus érythémateux du cuir chevelu. On a recours ensuite aux cautérisations à l’acide lactique, au nitrate d'argent, aux scarifications. Le curettage a donc surtout pour effet d’enlever une partie du tissu malade et de permettre une action plus immédiate, plus complète, des moyens que l'on emploie ensuite, sur le reste de la néoplasie. La forme herpès crétacé de Devergie est, d’après Brocq, celle qui peut bénéficier le plus de ce procédé.

Les scarifications sont utiles, encore qu’elles soient beaucoup plus délicates à faire que dans le lupus vulgaire et moins efficaces. Une recommandation générale s’appliquant à toutes les formes est de les faire parallèles et très serrées pour diviser en tronçons aussi courts que possible les capillaires de la plaque. Les préceptes généraux de scarification que nous avons donnés à propos du lupus vulgaire sont applicables ici avec quelques modifications. Voici la technique recommandée par E. Vidal et Brocq (*): « Dans le lupus érythémato-acnéique, dans l’herpès crétacé, dans l’érythème fixe, pour avoir quelque chance de succès, il faut pratiquer des incisions parallèles, profondes, courtes el serrées, hachant menu et assez régulièrement la néoplasie.... Dans l’érythème centrifuge, au contraire, les incisions doivent être quadrillées, superficielles et un peu espacées sous peine de laisser des cicatrices vicieuses.

« Il arrive souvent que chaque opération est la cause occasionnelle d’une nouvelle poussée lupique; les plaques, au lieu de s’affaisser et de rétrocéder, rougissent et s’étendent ; et cependant, dans ces formes superficielles, à l’inverse de ce qui se passe pour les formes fixes et profondes, la scarification est bien préférable à la cautérisation, car, lorsqu’elle est bien faite, superficielle, elle ne laisse pas après elle de cicatrices, et elle provoque bien moins de poussées inflammatoires extensives. »

Les pansements consécutifs sont les mêmes que pour le lupus vulgaire.

(*) L. Biîocq, Traitement des dermatoses par la petite chirurgie et les agents physiques, Paris, 1898.

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Traitement des formes principales du lupus érythémateux. — Ce que nous avons dit jusqu’ici à propos de l’application des divers procédés passés en revue nous fait pressentir que deux facteurs principaux commandent la thérapeutique des variétés du lupus érythémateux : leur degré d'infiltration et la manière dont elles évoluent. Or, nous pouvons dire qu’en général l’une peut se ramener à l’autre : le plus grand nombre des variétés objectives profondes étant fixes dans leur évolution, tandis qu’un grand nombre de variétés superficielles sont aberrantes.

Nous examinerons donc rapidement le traitement des formes centrifuges, des formes fixes, des formes aiguës et généralisées.

1° A la forme centrifuge , nous devons opposer à la fois la médication générale et la médication locale. C’est à elle que s’applique surtout ce que nous avons dit de l’influence de la santé générale et de l’état particulier des viscères sur la marche de l’érythème. Les malades seront donc soumis à l’administration de toniques, mais surtout de médicaments vaso-moteurs donnés à très faible doses longtemps prolongées. Les affections utérines et gastro-intestinales seront traitées avec le plus grand soin. On ne négligera pas, s’il est possible, l’administration des arsenicaux, en particulier d’eau de la Bourboule. C’est dans ces mêmes formes qu’il convient de s’enquérir de l’état moral des malades, de les soustraire dans la mesure possible au milieu extérieur, quelquefois même de leur imposer un séjour à la campagne. Les modifications que l’on obtient par ces divers procédés combinés ne sont pas toujours très appréciables, parfois elles paraissent nulles, mais on peut se trouver aussi en présence de ces érythèmes centrifuges dont la tendance plus grande à la guérison n’attend, pour se manifester, que d’être favorisée par une de ces interventions thérapeutiques en apparence sans portée.

Quant au traitement local de l’érythème centrifuge, il varie essentiellement d’un cas à l’autre, et il est impossible de savoir a priori , en présence d’un cas donné, ce qui réussira à l’améliorer ou à le guérir. Si l’on dispose d’une installation électrique permettant l’emploi des courants de haute fréquence, on pourra s’adresser d’abord à eux. Bien souvent cette thérapeutique sera suivie de succès. Si les applications de l’effluve demeurent sans effet et que ce soit possible, on essayera de l’action de la photothérapie. Nous avons vu qu’elle pouvait réussir là où avait échoué l’électrothérapie. Dans les cas très nombreux où l’on ne pourra pas disposer des appareils nécessaires à ces traitements, on aura recours à la gamme des divers caustiques en commençant par le savon noir, en en graduant l’action et en l’accentuant par l’addition de soufre, d’acide pyrogallique, d’acide salicylique, de résorcine, etc. On pourra aussi employer, seuls ou combinés, ces divers topiques incorporés à des pâtes, à des collodions ou à des traumaticines. On pourra terminer par des applications d’acide phénique pur, de solutions ou de pâtes arsenicales.

Le nombre des modificateurs locaux est très grand, et dans les formes rebelles on arrive à les employer tous successivement: il y a d’ailleurs, comme

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nous l’avons dit, un intérêt majeur à en varier la nature et à passer successivement de l'un à l’an Ire si le besoin s’en fait sentir. Nous ne pouvons indi (juer ici tous ceux que l’on peut utilement employer : nous devons citer cependant la teinture d’iode, l’alcool chloroformé, ou l’alcool-éther-menthe, suivant la formule d’Ilebra.

Quand l’action des caustiques chimiques paraît s’épuiser, on peut recourir aux scarifications, qui ont à la fois l’avantage d’agir sur l’infiltrat et de préparer le terrain à une nouvelle action de ces caustiques. Les scarifications sont répétées tous les huit jours.

Il faut éviter dans ces formes superficielles d’employer la galvano-cautérisation. Bien souvent l’extension très rapide du mal la rendrait illusoire et elle pourrait elle-même être l'occasion de nouvelles poussées. La cicatrice serait en outre beaucoup moins belle qu’avec les autres procédés.

Voici comment on peut prescrire le traitement quand on ne peut surveiller le malade étroitement et qu’il s’agit d’un érythème centrifuge étendu : appliquer chaque soir pendant un à quatre jours, suivant l’effet produit, une couche de savon noir; le matin, laver à l’eau très chaude additionnée d’une cuillerée à café à une cuillerée à soupe de coaltar saponiné. Si l’irritation est trop forlc, faire des applications de cataplasmes de fécule, des lotions à l’eau bouillie tiède, des pansements avec de l’axonge fraîche jusqu’à ce que l’irritation soit tombée. Appliquer alors chaque soir de nouveau du savon noir comme précédemment.

Si le savon noir est mal toléré, calmer puis appliquer une pommade pour la nuit ainsi composée :

Acide salicylique. .

Acide lactique. . .

Résorcine .

Axonge ou vaseline

ââ 50 centigrammes.

75 centigrammes.

20 grammes.

Le malin, faire des lavages avec du savon à hichtyol ou au coaltar; pendant la journée, protéger par une pâte ou une poudre, ou, si l’effet de la pommade pour la nuit ne paraît pas assez accentué, appliquer une nouvelle pommade avec :

Savon noir . . là 3 grammes.

Extrait d’hamamelis . 0sr,50 à 2 —

Excipient . 20 —

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