RACHITISME. — ÉVOLUTION
extrémités articulaires des os sont tuméfiées, élargies [nomires] ; les diaphyses sont plus ou moins incurvées. Cette incurvation est surtout marquée aux membres inférieurs quand l'enfant a commencé à marcher; les fémurs s'incurvent surtout en convexité antérieure et externe ; les tibias en convexité interne ; il s'y joint ou non un certain degré de genii valgiim.
Vétal général est le plus souvent altéré; l'enfanta l'aspect souffre-
Fig. 18. — Rachitisme. Tête volumineuse. Déformation thoracique ; déformation
des os des avant-bras.
teux; il est pâle, il est facilement couvert de sueurs; il est constipé; il est sujet à des rhumes et à des bronchites particulièrement tenaces. Évolution. — Nous venons de décrire Tenfant rachitique tel qu'il se présente dans les formes bien marquées et à la période d'état. Nous allons maintenant suivre l'évolution du mal, depuis lespremiers symptômes tels qu'on les rencontre parfois de très bonne heure, si on les recherche avec soin, jusqu'aux stigmates osseux rachi-
tiques persistant (iéfinitivement chez le grand enfant et Tadulte. Première et seconde enfance. — Le rachitisme débute tout à fait exceptionnellement avant trois mois. La très grande majorité des faits autrefois décrits sous le nom de rachitisme congénital concernent des dysostoses non rachitiques. Quant au rachitisme vrai, il est tout à fait exceptionnel non seulement chez le nouveau-né, mais même chez Tenfant des premiers mois; on ne peut toutefois nier son existence depuis le cas publié par MM. Marfan et Rudeaux (1). Cette grande rareté n'est toutefois réelle qu'au point de vue clinique; des lésions histologiques des extrémités osseuses, témoignant d'un début de rachitisme, ne seraient pas rares, d'après Durante, chez les nouveau-nés, les mort-nés et même les prématurés; mais ces faits, du reste contestés (Wieland) (2), n'ont qu'un intérêt doctrinal.
Chez les enfants souffrant depuis leur naissance de diarrhée, d'érythèmes, d'abcès sous-cutanés, de dyspepsie chronique, on observe le premier début de rachitisme vers l'âge de trois mois^ sous forme de cranio tabès ^ manifestation qui ne se rencontre plus chez l'enfant plus âgé. Pour constater le craniotabes, le médecin prend entre ses deux mains la tête de l'enfant, de telle façon que les pulpes des doigts puissent explorer la région de la suture lambdoïde ; c'est dans les parties de l'écaillé de l'occipital et de l'écaillé du temporal voisines de cette suture que l'on constate le craniotabes. Il consiste en un amincissement de ces parties osseuses, tel qu'en appuyant à ce niveau avec la pulpe du doigt on les déprime comme on ferait d'une feuille de parchemin en produisant parfois un bruit caractéristique. Il est beaucoup plus exceptionnel de rencontrer le craniotabes en d'autres régions.
Les amincissements locaux du crâne, d'où résulte le craniotabes, persistent longtemps; toutefois ce n'est guère que dans la première année de la vie que le craniotabes est cliniquement décelable. Dès l'âge de huit à dix mois, il s'adjoint à l'amincissement de la périphérie des os de la voûte du crâne une prolifération de leur portion centrale, perceptible surtout au niveau des bosses frontales et pariétales.
C'est également vers le même âge, huit à dix mois, que les épiphyses radiales inférieures commencent à se tuméfier (fig. 18). Les autres épiphyses sont moins constamment et plus tardivement atteintes. Le chapelet costal débute vers la même époque. La déformation thoracique également ; elle est plus prononcée toutes les fois qu'il y a une cause de difficulté respiratoire, etelle augmente elle-même cette difficulté, ce qui crée un cercle vicieux. La dentition est retardée ; la première dent n'apparaît parfois qu'à dix, douze, vingt, vingt-huit mois; l'ordre d'éruption est très irrégulier. L'occlusion de la fontanelle est
(1) Mari-an, Le rachitisme congénital [Semaine mëd., 30 oct. 1906).
(2) Wieland, Recherches anatomiques sur le rachitisme prétendu congénital [Jahibach fur Kinderheilk., nov. 1909, Bd. XX, p. 539).