‹ La pratique des maladies des enfantsChapitre 16 sur 42 · RACHITISME. — ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

RACHITISME. — ÉVOLUTION

souvent retardée jusqu'à quatorze, seize, vingt mois. La marche est tardive, vingt, vingt-quatre, trente mois et plus. Quand Tentant commence à se dresser sur ses jambes, l'incurvation des fémurs et des tibias s'accentue (fig. 19 et 20). En somme, les déformations rachitiques sont peu marquées dans le premier semestre de la vie; elles sont nettes au crâne, au thorax et aux épiphyses tibiales, aux environs d'un an ; elles s'accentuent dans la seconde année, surtout aux membres inférieurs. A partir de trois ou quatre ans, la progression des déformations s'arrête. Quand elles ne sont pas trop prononcées, il y a mêm e une régression, et souvent il ne persiste que des

Fig. 19 et 20. — Rachitisme. Déformations très marquées des membres inférieurs

(Moussous).

déformations très localisées; mais, quand elles restent encore très visibles à six ou sept ans, elles persistent presque toujoursà l'âge adulte.

Grande enfance. — Chez l'adulte et le grand enfant, les stigmates les plus persistants du rac/iitisme sont les suivants :

La brachijcéphalie (tête carrée), avec parfois une certaine persis tance de la saillie des bosses frontales et pariétales ;

E. APERT

La déformation ogivale de la voûle palatine^ avec rétrécissement de la face, amincissement du nez, saillie des dents incisives supérieures médianes de seconde dentition [prognathisme dentaire supérieur), chevauchement de ces dents en avant des incisives latérales, saillie des canines, direction en dedans de Taxe des prémolaires et

des molaires. Des lésions analogues se voient sur la mâchoire inférieure.

De là un faciès spécial, bouche entr'ouverte, incisives médianes en saillie, face rétrécie, rétrécissement des fosses nasales facilement obstruées par les productions adénoïdes ; Les déformations thoraciques. Celles qui survivent au rachitisme de la première enfance sont : 1" la saillie du sternum, lequel est parfois obliquement orienté comme s'il avait tourné sur son axe ; 2° Tévasement costal avec dépression en angle dièdre au niveau de la région sousmammaire. Cette dépression en coup de hache est très différente des déformations en carène et en entonnoir qui, la plupart du temps, n'ont rien à voir avec le rachitisme ;

La cgphose rachilique. Elle est à grande courbure, dont le sommet est à la région dorsale inférieure. Il s'y joint quelquefois un degré plus ou moins marqué de scoliose.

Les déformations rachiliques des membres. Ces deux dernières déformations ne persistent chez l'adulte que lorsqu'elles sont très marquées.

Aux membres, les déformations les plus communes sont les suivantes :

Au fémur, l'angle du col est diminué, la torsion naturelle du col augmente, la moitié inférieure devient arquée en avant ou en dehors. A la jambe, la déformation n'occupe jamais la partie supérieure du tibia, mais son milieu et sa partie inférieure (1) ; la plus commune est la courbure en dedans ; l'os est aplati d'avant en arrière et le bord

(1) Marfan, Le rachitisme dans ses rapports avec la déformation ogivale de la voûte palatine et l'hypertrophie chronique du tissu lymphoïde du pharynx {Semaine méd., 18 sept, 1907),

Fig, 21. — Incurvation l'achitique des os de la jambe (Coll. Lannelongue).

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