‹ La pratique des maladies des enfantsChapitre 19 sur 42 · RACHITISME. — SES CAUSES · texte numérisé non relu

RACHITISME. — SES CAUSES

Le rachilisme s'observe avec une fréquence et une intensité infiniment moins grandes chez les enfants au sein que chez les enfants au biberon. Les enfants au sein, bien réglés comme quantité de nourriture et espacement des repas, ne présentent guère de rachitisme ; ceux mêmes qui sont alimentés en dépit de tout bon sens restent dans la majorité des cas indemnes de rachitisme. Ils peuvent devenir dyspeptiques, être atteints de gastro-entérite, maigrir, se dessécher, aboutir au gros ventre ballonné ou à Tathrepsie et ne présenter qu'un minimum de stigmates de rachitisme, à peine un peu de chapelet costal et d'épaississement des épiphyses radiales.

Le rachitisme se voit presque exclusivement chez l'enfant nourri au biberon dès les premiers mois, séjournant la plus grande partie de la journée dans un local obscur, humide etmalaéré (confînemeni), souffrant de dyspepsie chronique et ayant subi des infections chroniques ou des séries d'infections aiguës.

Rôle des infections. — Les infections que l'on observe le plus souvent dans les antécédents pathologiques des rachitiques sont :

lo Les infections gastro-intestinales^ petites poussées de gastroentérite subaiguë greffées sur un état de dyspepsie chronique ;

2° h' infection chronique du naso-pharynx ; elle coexiste souvent avec les végétations adénoïdes, dont il ne faut exagérer ni la rareté ni la fréquence dans la première année de la vie ;

3*^ Les infections cutanées : eczéma de macération du siège; eczéma impétigineux du cuir chevelu; eczéma intertrigo, et, d'une façon beaucoup plus puissante, les abcès sous-cutanés multiples à répétition si fréquents chez certains nourrissons ;

4° Les infections bronchopulmonaires à répétition ;

5° Vhérëdo-syphilis et plus exceptionnellement la tuberculose, le paludisme, le diabète infantile, etc. (Marfan) (1).

Le rôle des infections répétées dans la genèse du rachitisme s'explique sans doute par le retentissement de ces infections sur les organes hématopoiétiques. La moelle des os prolifère anormalement; c'est l'origine des troubles d'ossification. D'autre part, les organes lymphoïdes entrent également en prolifération; cela explique la fréquence avec laquelle les rachitiques sont également atteints de grosses amygdales et de végétations adénoïdes, et c'est également l'explication de l'hypertrophie de la rate, fréquente chez eux (Marfan). 11 semble que les troubles du fonctionnement de la moelle osseuse soient favorisés par l'anoxémie et la toxémie, ce qui expliquerait le rôle souvent observé de la dyspepsie chronique, de la constipation habituelle avec alternatives de diarrhée et du confinement dans l'étiologie du rachitisme.

Hérédité. — L'/ze>e<i//e joue-t-elle un rôle dans la prédisposition au

(1) Marfan, Rachitisme et Syphilis (Semnine méd , oct. 1907 et Soc. de péd.^ 18 oct. 1910, p. 3S3).

rachitisme ? On a publié des cas curieux de rachitisme familial (fig. 16 et 17) : plusieurs enfants d'une même famille étaient atteints de rachitisme grave, avec déformations persistantes, sans que les conditions hygiéniques aient paru particulièrement défavorables. Mais les obser-

Fig. 22. — Faux rachitisme congénital. Déformations plastiques dues à la compressiou intra-utérine dans un cas d'oliyamnios (Apert, Société anaiomique, 1895, p. 767).

valions publiées jusqu'à ce jour ne sont pas probantes et engagent seu lement à poursuivre dans cette voie de nouvelles recherches. A notre avis, on peut dès maintenant affirmer que, dans la grande majorité des cas, la prédisposition héréditaire ri a quiin rôle des plus minime.

Diagnostic. — Le rachitisme généralisé ne peut être confondu

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