RACHITISME. — TRAITEMENT
hépatique qui en facilitent Tabsorption et l'assimilation. L'iode, le brome, le phosphore que Thuile renferme à l'état de combinaisons organiques sont sans doute aussi pour quelque chose dans son action.
Il ne faut pas commencer l'administration de l'huile dans les périodes de chaleur ; il faudra la donner froide, elle sera mieux supportée; le mieux est de l'administrer le matin au réveil, en laissant la nuit le flacon dans un endroit frais ou même en lui faisant passer la nuit sur le rebord de la fenêtre. On donne d'abord une cuillerée à café le matin, immédiatement avant le petit déjeuner; pour les enfants de deux et trois ans, on augmente ensuite jusqu'à arriver à la grande cuillerée à soupe. On suspend de temps en temps le traitement pendant une huitaine de jours. En été, la suspension sera prolongée tant que dureront les fortes chaleurs. Sauf dans les périodes de suspension, l'usage de l'huile doit être continué jusqu'à guérison.
Traitement médicamenteux. — La lésion la plus évidente du rachitisme étant la déminéralisation de l'os, le raisonnement le plus simpliste devait conduire à administrer aux rachitiquesles matières minérales de l'os, les triphosphates de chaux et de magnésie. Mais l'expérience a montré que ces sels traversent le tube digestif sans être absorbés; aussi leur a-t-on avec raison substitué des sels absorbables, tels que le chlorhydrophosphate de chaux^ le lactophosphate de chaux^ les glycérophosphates de chaux et de magnésie. On donne journellement aux jeunes enfants un cuillerée à entremets de sirop de lactophosphate ou de chlorhydrophosphate de chaux, ou une cuillerée à café de saccharure de glycérophosphate de chaux granulé, ou 5 à 15 cenligrammes de poudre de glycérophosphate de chaux et de glycérophosphate de magnésie par parties égales, en suspension dans du lait, ou mélangé à un peu de purée ou de confitures. L'expérience a montré que ces sels solublesne s'absorbent cependant qu'en partie et que cette portion absorbée est elle-même rapidement éliminée par les fèces et les urines. Ce qui manque aux rachitiques, ce n'est pas le phosphate de chaux, c'est la faculté de le fixer. On peut toutefois espérer un résultat de la médication phosphatée calcique en la prolongeant longtemps et à bonne dose. On a préconisé comme plus assimilable Vanhydro-oxyméthylène-diphosphale de chaux et de magnésie [phytine)^ sel qui existe naturellement dans les céréales ; c'est une poudre blanche, de saveur acide, très peu soluble, qu'il faut faire prendre dans du lait ou de la confiture, à la dose de 25 à 50 centigrammes.
Outre les combinaisons phosphatées du calcium, on peut prescrire cet élément sous forme de sels beaucoup plus absorbables, le chlorure de calcium^ le bromure de calcium^ sous forme de solution additionnée de sirop de fleurs d'oranger, contenant 25 centigrammes
à 1 gramme de sel par cuillerée à entremets, une cuillerée chaque matin.
Le phosphore a une action certaine sur le tissu osseux ; cette action peut être nuisible quand elle est intense, comme dans la nécrose phosphorée ; mais à toutes petites doses ellepeut être favorable. Expérimentalement, Miwa et Stœltzner ont constaté que l'administration du phosphore à de jeunes animaux favorisait la formation du tissu osseux compact.
Trousseau préconisait le phosphore contre le rachitisme et conseillait la formule suivante, qui associe la médication phosphorée à Talimentation par les corps gras :
Beurre très frais 300 gr.
lodure de potassium Ogr,15
Bromure de potassium Os:»', 50
Chlorure de sodium 5 gi".
Phosphore Ok>-,01
A faire prendre en trois jours sur des tartines de pain, puis suspendre.
Kassowitz a préconisé Thuile de foie de morue phosphorée comme un vrai spécifique du rachitisme. Il emploie Thuile au dix-millième (10 centigrammes de phosphore pour 1 litre d'huile) et donne une ou deux cuillerées à café par jour, de façon continue, soit 0°"^,5 ou 1 milligramme de phosphore par jour. La préparation suivante est mieux acceptée par les enfants :
Phosphore Oe^Ol
Huile de foie de morue 100 gr.
Saccharine 5 —
Essence de citron II gouttes.
La médication phosphorée doit être interrompue s'il survient de la diarrhée ou des érythèmes cutanés.
' Stœltzner (1) a préconisé V extrait décapsules surrénales; ses petits rachitiques en auraient retiré un bénéfice certain au point de vue de Tatténuation du craniotabes, des sueurs, de la dentition et de Tétat général; chez des enfants ayant succombé en cours de traitement à des maladies intercurrentes, on aurait trouvé des modifications hislologiques des os répondant à un processus de guérison. Ces faits n'ont pas été confirmés partons les auteurs qui ont usé de ce remède.
Dans le même ordre d'idées, Jovane et Pace (2) ont traité le rachitisme par des injections sous-cutanées de solution d'adrénaline au millième, répétées tous les deux jours, en commençantparun dixième de centimètre cube et en augmentant d'un dixième de centimètre cube à chaque fois jusqu'à 1 centimètre cube. Ils ont noté pendant la période d'injection un réveil des forces, de l'appétit, de la nutri-
(1) Stœltzner, Jahrbuch fur Kinderheilk., 1900.
(2) Jovane et Page, Pediatria, 1909.