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OBÉSITÉ

Types étiologiques. — L'obésité, c'est-à-dire raccumulation exagérée et généralisée de la graisse dans Torganisme, est moins fréquente chez Tenfant que chez Tadulte ; mais, dans les cas rares où elle est observée chez l'enfant à un haut degré, elle est parliculièrement intéressante à étudier; l'étiologie de l'obésité est en effet des plus complexe chez l'adulte, et des influences multiples peuvent toujours être invoquées; chez l'enfant, l'étiologie est toujours plus simple; la pathogénie et, par suite, le traitement sont plus faciles à déterminer, sinon à appliquer.

L'obésité peut exister à toutes les périodes de la vie infantile. Elle peut être congénitale. On cite des poids de nouveau-nés véritablement effrayants; tous ne concernent pas des exemples d'obésité congénitale; plusieurs relèvent du gigantisme congénital, c'est-à-dire d'une augmentation de la taille et du volume du corps portant à peu près proportionnellem.ent sur tous les tissus; il n'y a obésité que si la graisse prend à l'augmentation de poids une part de beaucoup prépondérante.

Plus fréquente est robésité du nourrisson, survenant dès les premiers mois de la vie. 11 s'agit le plus souvent d'enfants gloutons se suralimentant aux seins d'une mère ou d'une nourrice à lait riche et abondant, ou d'enfants au biberon recevant des quantités trop grandes de lait de vache trop riche et non coupé d'eau. Mais la suralimentation n'a de tels résultats que chez des prédisposés. L'hérédité a une grande influence; le plus souvent les parents, ou l'un d'eux, sont eux-mêmes obèses, ou du moins présentent des stigmates d'arthritisme caractérisé : goutte, lithiase urinaire, migraines, etc.

Une obésité modérée chez le nourrisson n'est pas pathologique. Le nourrisson bien portant est gras ; la graisse masque les saillies osseuses et musculaires, arrondit les diverses parties du corps et soulève la peau, qui se plisse en formant des plis, dits plis adipeux; en plus des plis cutanés qui persisteront chez l'adulte (pli sous-mentonnier, plis de l'aisselle, du cou, du poignet, plis sous-mammaires et sus-pubiens, plisgénito-cruraux et poplités), les plis adipeux spéciaux à l'enfant sont en général un pli circulaire au niveau du cou, un pli à la face interne du bras, un pli à la face interne de la cuisse. Tous ces plis s'exagèrent dans l'adipose du nourrisson; ils peuvent se mul-

liplier; ils peuvent devenir le siège d'eczéma intertrigo. Le tissu graisseux exubérant est réparti sur toute la surface du tronc et des membres et aussi, mais avec moins d'épaisseur, de la face ; il n'y a pas les localisations adipeuses en paquets énormes au cou, aux hanches, aux fesses, aux régions mamrnaires qui sont de règle chez l'adulte obèse et qui sont comparables aux « maniements » du bétail engraissé.

L'obésité de l'enfant nourri au sein est compatible, à condition qu'elle ne soit pas trop exagérée, avec la conservation d'un excellent état de santé générale. Il n'en est pas de même chez les nourrissons qui doivent leur obésité à une suralimentation au lait de vache. Les premiers sont obèses et pléthoriques, les seconds obèses et anémiques ; ils sont pâles, mous, somnolents. C'est de la mauvaise graisse, disent les bonnes femmes, et elles n'ont pas tort.

L'obésité du nourrisson peut disparaître avec la croissance quand l'enfant commence à marcher et cesse le régime lacté. D'autres fois, la tendance à l'obésité persistera toute la vie.

Dans la seconde enfance, l'obésité est plus rare et moins en rapport avec l'alimentation qu'avec le tempérament et l'hérédité. L'enfant obèse a la figure ronde, lunaire, jouftlue ; le cou fait un gros bourrelet autour de la face; les régions sus-claviculaires sont tuméfiées par la graisse; au tronc, les saillies des côtes ne se voient plus, le ventre est saillant et arrondi, les fesses sont proéminentes, les membres cylindriques, la marche est gênée, l'enfant écarte les jambes en marchant, tant à cause des masses graisseuses du périnée et de la face interne des cuisses que pour offrir une base de sustentation suffisante à son corps volumineux. Aussi l'enfant obèse n'a pas la vivacité naturelle à son âge; le caractère s'en ressent; le sujet a une gravité précoce.

Comme le sevrage, la puberté est un tournant de la vie où la nutrition peut se modifier et l'obésité disparaître, ou s'atténuer beaucoup. Inversement, l'obésité peut apparaître à l'occasion de l'approche de la puberté. Mais, en général, il s'agit alors d'une obésité transitoire; il semble que l'organisme accumule la substance de réserve pour suffire bientôt aux besoins de la transformation qui se prépare. Cette obésité prépuberlaire se voit plus fréquemment chez les filles que chez les garçons. Vers douze, treize ans, on voit des fillettes jusqu'alors normales s'empâter, se bouffir, se charger de graisse sous-tégumentaire, cela en quelques mois; mais bientôt, en même temps qu'apparaissent les premiers symptômes de puberté, pubescencedu pubis et des aisselles, tuméfaction des glandes mammaires, l'enfant grandit rapidement, la taille s'affine, le thorax et le bassin s'élargissent, et, bien que le poids continue à augmenter, la surcharge graisseuse disparaît. Loin d'être de mauvais augure, l'obésité prépubertaire se voit surtout chez les fillettes destinées à devenir des femmes bien constituées et vigoureuses.

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