OBÉSITÉ. — SES CAUSES
infantile. Il est toutefois des cas d'obcsilé avec masculisme qui semblent relever de ce mécanisme. MM. Guinon et Bijon (1) en ont publié un très curieux (fig. (i4, («S, 66) : une fillette, tout à fait normale jusqu'à l'âge de neuf ans, commença à ce moment, sans cause apparente, à engraisser assez brusquement de façon exagérée; à onze ans, elle pesait 44 kilogrammes; elle étail devenue de moins en moins vive; six mois après le début de l'obésité, des poils avaient commencé à apparaître; ils formaient sur tout le corps un duvet remarquablement abondant; la région pubienne était garnie de poils, la face
Fiff. 64. — Obésité avec masculisme. Dévelop|)ement exagéré du système pileu.x (Guinon et Bijon).
Fig. 65. — Obésité avec masculisme. Même sujet que figure précédente.
était ornée d'une ombre de moustache et de favoris noirs et longs ; le thorax était plus large que le bassin; les seins étaient volumineux par la graisse, sans développement des glandes mammaires ; la conformation des organes génitaux externes était féminine, mais le clitoris était volumineux. A cause des symptômes de masculisme concomitants, on doit penser que l'obésité est liée en cas semblable à une déviation dans le fonctionnement des ovaires. Mais un certain nombre d'observations de ce genre suivies d'autopsie semblent prouver que cette déviation est elle-même sous la dépendance d'adénomes des capsules surrénales (2).
(1) Guinon et Bijon, Soc. de péd., 1906, p. 129,
(2) Apert, Soc. de péd., juin et déc. 1910.
Chez le garçon, on observe des faits analogues d'obésité avec féminisme. J'ai observé un garçon de quinze ans et demi, obèse et cryj^orehide, féminin par la conformation du bassin plus large que le thorax, par la rondeur des membres et la saillie des seins, par la finesse de la peau et par l'état psychique (1) (fig. 67 et 08).
Kisch (2), dans une étude sur l'obésité héréditaire en tant que signe de dégénérescence, a noté que, chez les femmes atteintes d'obésité héréditaire,
la lèvre supérieure est couverte de poils très développés, tandis que la moustache fait complètement défaut chez les jeunes hommes prédisposés à l'obésité et qu'ils présentent en outre d'autres caractères de féminisme. De plus (3) il a noté que, chez n'ombre de fillettes obèses, les règles s'établissent d'une façon très précoce, quitte à être ultérieurement rares, irrégulières et peu abondantes et que, dans les deux sexes, l'obésité infantile s'accompagne d'une croissance exagérée de tout le corps (fig. 19). Chez les femmes qui ont été obèses dès l'enfance, la stérilité s'observerait d'après le même auteur 1 fois sur 4 ; chez les hommes obèses, le sperme ne présenterait que peu de spermatozoïdes normaux et doués de mouvements, à côté de nombreux filaments spermatiques dépourvus de motilité.
L'action du co/7>s thyroïde sur l'obésité est prouvée non seulement parce que les myxœdémateux ont souvent une couche adipeuse soustégumentaire contrastant avec la cachexie générale de leur organisme (4), non seulement parce que nombre d'obèses présentent de nombreux stigmates d'insuffisance thyroïdienne (Thibierge) et que l'obésité et les diverses formes de dysthyroïdie peuvent alterner chez les difTérents membres d'une même famille, mais surtout par ce fait que l'administration continue de doses suffisantes de corps thyroïde amène rapidement une fonte du tissu graisseux. Nous savons quelle est dans le corps thyroïde la substance à laquelle est due cette propriété amaigrissante: c'est l'iodothyrine.
La destruction expérimentale du corps thyroïde entraîne parfois un étal
Fig. 66. — Même sujet que ligures 64 et 65, à six ans, avant le début de la maladie.
(1) Apeht, Les enfants retardataires {Actualités médicales, 1902, p. 16).
(2) Kisch, Berliner klin. Wochenschr., 23 mai 1904.
(3) Kisch, Wiener med. Wochenschr., 25 mai 1907.
(4) Imerwoi,, Oddo, Marseille méd.^ 1895,, p. 193.