OEDÈME D'ORIGINE VASCULAIRE ET GANGLIONNAIRE
Caractères généraux. — Les lésions des voies sanguines ou des voies lymphatiques apportant au retour du sang et de la lymphe un obstacle étendu, durable, résistant, sont susceptibles d'entraîner l'œdème de la portion sous-jacente du corps. Toutefois ce résultat ne se produira qu'en l'absence de voies collatérales. La ligature de la grosse veine d'un membre n'amène pas l'œdème ; il faut des ligatures multiples, étagées sur le tronc veineux : si une ligature unique entraîne parfois l'œdème, c'est qu'elle a provoqué, le plus souvent par infection de la paroi veineuse, la formation d'un caillot étendu obstruant plus d'un segment de la veine.
Les œdèmes d'origine vasculaire, dont le type est la pldegmatia alba dolens^ sont rares chez l'enfant : on observe exceptionnellement, à la suite de maladies infectieuses aiguës, des phlébites des membres qui n'offrent rien de spécial.
Plus fréquents et plus particuliers à l'enfant sont les œdèmes consécutifs aux adénites et aux engorgements ganglionnaires. On sait avec quelle facilité les ganglions se tuméfient chez l'enfant. J'ai observé à plusieurs reprises chez les enfants des œdèmes de la face qui reconnaissaient comme origine la coexistence de grosses adénites multiples cervicales, et d'une petite infection locale du front ou du cuir chevelu, telle qu'une pustule d'ectliyma. Je ne parle pas seulement de l'œdème inflammatoire autour de la pustule, mais de l'œdème unilatéral de la paupière et de la joue survenant chez des enfants porteurs d'adénite chronique à l'occasion d'une pustule d'ecthyma frontal, ou d'une poussée d'impétigo du cuir chevelu. Il faut connaître ces faits pour éviter des erreurs de diagnostic.
ŒDEMES SYMPTOMATIQUES. 13
OEDEME D'ORIGINE NERVEUSE.
Particularités cliniques. — L'influence du système nerveux sur la production des œdèmes est prouvée expérimentalement. Ranvier a montré que la ligature aseptique de la veine fémorale ne produit pas d'œdème; mais Tœdèmeest considérable si on sectionne en outre le sciatique. L'œdème est relativement fréquent chez l'adulte et surtout le vieillard dans les membres anesthésiés, dysesthésiés ou paralysés des tabétiques, des hémiplégiques, des paraplégiques, des syringomyéliques (main succulente). Il est plus rare chez Tenfant, ce qui prouve que la lésion nerveuse ne suffit pas à sa production, mais qu'une circulation défectueuse est nécessaire. Toutefois, chez l'enfant, dans les membres paralysés depuis longtemps, soit qu'il s'agisse de paralysie d'origine cérébrale (hémiplégie cérébrale infantile, maladie de Little), soit plutôt qu'il s'agisse de paralysie d'origine médullaire (paralysie infantile, mal de Pott) ou d'origine périphérique (paralysies obstétricales), on voit parfois le ou les membres paralysés présenter une certaine infiltration sous-cutanée; elle va rarement jusqu'à l'œdème vrai, mais, si quelque affection survient, l'œdème est plus précoce, plus intense, plus tenace sur le membre paralysé.-
Quant à Vœdème bleu décrit par Charcot chez les hystériques, on en connaît un cas chez une enfant de onze ans (1). On a de plus en plus tendance à considérer les œdèmes dits hystériques comme pathomimiques et volontairement provoqués par le malade lui-même. La démonstration en a été faite pour l'adulte (2). On admettra plus difficilement que pareille simulation puisse être le fait d'une enfant de onze ans. Mais la mythomanie infantile est capable de choses surprenantes.