BLENNORRHAGIE BUCCA1 I
de la muqueuse, dépouillée par places de son épilhélium, Burvenue après un contact suspect. Dans le liquide blanchâtre sécrété, el surtout dans les fausses membranes, Cutler a trouvé des micro-organismes ressemblant, dit-il, aux gonococci. — La cautérisation est le meilleur moyen à emploi i r dans ce cas.
GHANCRELLE.
Perpétuée sans interruption, quoique en s'atténuant, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours dans son espèce et dans sa forme, la chancrelle ' doit cette pérennité à une double propriété. Elle est transmisible non seulement entre sujets différents, mais d'une région à l'autre du même sujet. Et non seulement elle est transmisible, mais, en fait, elle se transmet, soit par auto, soit par bétéro-inoculation, avec la plus grande facilité. Il n'y a pas besoin, pour réussir, que sa matière de sécrétion soit insérée sous l'épiderme. Il suffit du contact avec frottement de cette matière pour que la contamination ait lieu durant le coït : il suffit, chez un malade porteur de chancrelle, qu'un peu du pus de son ulcère se soit simplement déposé au voisinage pour qu'il puisse naître à ce point un ulcère semblable, une chancrelle.
1. J'ai créé et je continue à employer ce mot : 1° parce qu'il exprime bien qu'il y a entre le chancre infectant et le chancre non infectant (que d'autres appellent simple), une différence aussi profonde qu'entre la variole et la varicelle (maladie qui n'a aucun rapport avec la variole, ne garantit pas ultérieurement de ses atteintes), et peut survenir chez un sujet récemment variole ou vacciné ; 2° parce qu'il laisse au mot chancroïde sa seule acception admissible, celle qui, comme pour la varioloïde, désigne la lésion, restant locale, née de l'insertion du contagium syphilitique sur un sujet qui a eu précédemment la syphilis; 3° parce que formant très aisément le radical de verbes ou d'adjectifs, il permet de désigner d'un seul mot certaines lésions qui, sans ce secours, pour être dénommées correctement, exigeraient toute une phrase. Encore si la phrase ou la paraphrase donnaient la clarté !
Mais qu'on en juge. Dans la nomenclature usuelle, partout admise, chancre signifie chancre syphilitique. Or, le chancre peut être mixte. Eh bien ! lorsque, par opposition au chancre mixte, il est question de celui qui ne l'est pas, je défie, grammaticalement parlant, qu'on trouve pour le désigner, un autre mot que chancre simple; si bien que, voulant parler d'un ulcère syphilitique, vous avez forcément employé l'expression par Laquelle les auteurs, avant nous (et beaucoup encore à présent), dénommaient l'ulcère non syphilitique.
CHANCRELLE. I
De par ces caractères qui [a différencient -i nettement des deux autres maladies vénériennes, la chancrelle devait, ce semble, avoir conservé dès L'origine Bon rang s part dans la nosographie spéciale.
Oui, mais comme La chancrelle est constituée par un uL • < < \ il a >utii de ce trait pour La faire, pendanl plus de trois siècles, confondre ^\<-r une autre maladie née ultérieurement, la syphilis ; el cela quoique l'unique analogie de la chancrelle avec la syphilis consiste en ce que la première lésion de celle-ci ,i. elle aussi, macroscopiquement, l'aspect ulcéreux.
— » Mais la syphilis est une affection constitutionnelle^ criaient la raison el l'expérience, tandis que la chancrelle a'esl qu'un mal local. — Mais tout, dans ces deux maladies, diffère: durée de L'incubation, physionomie, réinoculabilité, évolution, curabilité, etc. — Mais d'après L'expérimentation ft d'après Les confrontations entre sujel infectant et sujet infecté, il est établi que jamais la chancrelle ne provient que que du contact de pus chancrelleux, que jamais La syphilis ne provient que du contact de sécrétion syphilitique. — Mais enfin la forme ulcéreuse, le seul trait qui' l'on puisse dire commun aux deux maladies, est si peu un lien entre elles (lue, loin de se ressembler, l'ulcère chancrelleux et l'ulcère syphilitique sont, à l'œil et au toucher, aussi dissemblables que possible !... «
Rien n'y lit : toute une école, invoquant, elle aussi, la raison et L'expérience, persistait à dire : « Si L'un de ces deux ulcères s'éteinl sur place el si l'autre est suivi de Lésions constitutionnelles, ce n'est pas qu'ils soient de nature différente; c'est parce que ['organisme des deux sujets que le virus a atteints offrait des conditions différentes lesquelles ont agi sur ce virus, el l'ont, quoiqu'il soit identique, modifié luimême de manière à changer ses propriétés. - Il est vrai que lorsqu'on demandait à cette école, à l'école unitéiste, de s'expliquer Bur ces ii tueuses conditions individuelles, lorsqu on la
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priait non pas de les préciser, non pas même d'indiquer d'avance chez quels sujets elles allaient manifester leur effet (ce qui pourtant n'eût été de la part de nous, dualistes, qu'une exigence très légitime), lorsque, dis-je, on les priait simplement d'en montrer, après coup, la présence, il est vrai que, courbant la tête, ces intrépides théoriciens gardaient le silence , ou pour toute explication faisaient entendre un humble quid ignotum, quid divinum! ...
Mais une autre classe d'argumentateurs, bons logiciens ceux-là et observateurs irréprochables, gardaient, dans le camp de Yunitéisme, une position plus forte, inexpugnable en apparence. S'en tenant résolument à la clinique, ils avaient recueilli un nombre limité, mais suffisant, de faits très embarrassants pour les dualistes. En effet, dans ces cas, parfaitement authentiques, on voyait des lésions constitutionnelles, également incontestables, survenir chez des sujets dont l'ulcère initial avait offert, soit cà l'examen, soit par l'inoculation, tous les caractères de la chancrelle. « Donc la chancrelle, disait-on, peut être l'antécédent, l'origine de la vérole !.... »
Mais cet ulcère, qui avait tous les caractères de la chancrelle, n'en avait-il pas d'autres? Cet antécédent chancrelleux réel était-il l'antécédent unique? C'est à l'un des plus dignes représentants, à celui que j'aime à appeler fondateur de l'école lyonnaise, qu'appartient l'honneur d'avoir posé cette question : et, pour lui, la poser ce fut la résoudre. M. Rollet ne larda pas à démontrer que : du pus de chancrelle, expérimenlalement déposé sur un chancre, donne lieu à un ulcère particulier lequel possède les propriétés de tous les deux (chancre mixte) ; — que l'on observe, en clinique, des exemples avérés de cette fusion,, dus soit au dépôt accidentel sur l'un des deux ulcères de la sécrétion de l'autre ; soit à l'éclosion successive de l'un, puis de l'autre en un même point, qui, dans le coït, avait ainsi reçu la double contamination; — que, par consé-