HISTOIRE GÉNÉRAI E. 18 I
Nulle maladie ne parcourt plue régulièrement, plue fatalement, le cycle obligé des trois périodes successives d'augment, d'état, puis de déclin. L'ulcère chancrelleux j'entends celui qui n'a subi aucune influence perturbatrice) B'étend, mais seulement en largeur, jusqu'au vingtième jour environ. Cependant, un | eu avanl ce terme, quelques indices accusent déjà l'amélioration prochaine : la sécrétion pullacée du fond esl moins abondante, moins adhérente; la sensibilité moins vive. Bientôt quelques Ilots de granulations se dessinent çà et là, tranchant par leur coloration rouge sur le jaune ii> île la surface ambiante; les bords, en même tempe recollent et s'affaissent.
Ces modifications sont à la fois l'indice et l'effet d'une lui |i- entre le processus ulcératif parvenu à la limite de sa durée naturelle, et le travail de cicatrisation auquel ce processus peu à peu l'ait place. Un vent nouveau, en quelque sorte, a souille sur cette ulcération jusque-là, malgré tout, envahissante; et en fait, il serait aussi difficile, a ce moment, de suspendre la marche d'une chancrelle vers la cicatrisation, qu'il l'a été, au début, de l'empêcher de s'accroître.
Toutefois, la transformation de la chancrelle à pus inoculable en plaie -impie non contagieuse, sa j'éparation (RicoRD , ne s'opère pas toujours par une gradation incessamment progressive : certains points sont plus longs à la subir. D'autre part, le processus cbancrellitiant tait quelquefois un retour offensif sur des parties qu'il avait abandonnées. Mais tôt un tard le tond finit par se couvrir de granulations de bonne sature, el la cicatrisation est faite, ayant mis beaucoup moins à s'accomplir qu'il n'en avait fallu à l'ulcération pour parvenir a son summum. Au résumé, quatre ou cinq semaines Bont la durée moyenne d'un»1 chancrelle tégumentaire, non compliquée, non contrariée. J'ajoute que, dans les endroitsà peau "u muqueuse flexible ceux où la chancrelle -e développe le pi h- ordinairement), cet ulcère ne laisse de son existence
DlDAT. li
qu'à peine une trace, trace quelquefois même tout à fait
imperceptible.
De ce tableau concis reprenons, pour les compléter, quelques traits qui méritent une plus ample mention.
Comment s'opère la contagion? — On a essayé de la produire en frictionnant la peau avec du pus chancrelleux. Et comme, quelque fortes et prolongées qu'elles eussent été, ces frictions ne donnèrent aucun résultat (Jullien), on en conclut que, pour que le gland, par exemple, soit affecté de chancrelle pendant le coït, il faut qu'il se soit fait une gerçure, une érosion à sa surface. Mais ce raisonnement me paraît pécher par une comparaison inexacte. La peau et les muqueuses qui, à l'état ordinaire, ne se laissent point, quand elles sont intactes, pénétrer par le pus chancrelleux, peuvent très bien lui donner accès, lorsque, prédisposées par l'éréthisme spécial qui exagère tous les actes vitaux, l'absorption comme les autres, elles subissent, au sein de la chaleur qui embrase alors l'appareil génital, les longs, intimes et réitérés frottements du produit d'une sécrétion que le même éréthisme a portée à son maximum de puissance contagionnante. Par le fait, lorsqu'un homme s'est écorché durant le coït, il le sait très bien; et par contre il sait fort bien aussi quand il ne s'est pas écorché. Or, des milliers de malades qui, atteints de chancrelles, ont été interrogés sur cette circonstance, et interrogés assez minutieusement pour qu'on puisse se fier à leur témoignage, répondent invariablement que, ni pendant le coït, ni surtout après, en se lavant, en s'essuyant, il n'ont rien ressenti qui ressemblât à une douleur quelconque. Et cependant ils onl contracté une chancrelle. Mais il n'est pas moins vrai, d'autre part, que l'insertion du pus chancrelleux sous l'épidémie avec une lancette ou une aiguille, ou, bien le dépôt de ce pus sur le tégument préalablement dépouillé de son épidémie, sont les moyens les plus sûrs, et des moyens à peu près infaillibles pour