‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 30 sur 90 · PÉRIODE PRIMITIVE. !9I · texte numérisé non relu

PÉRIODE PRIMITIVE. !9I

est vraiment infectant, l'on voil survenir, el l'on voil toujours Burvenir un engorgemenl dans les ganglions correspondante à la région qu'il occupe. Il y a dans la région plusieurs ganglions engorgés. Lorsque le chancre est génital, il yen a or* dinairement dans les deux aines, sans que les plus nombreux

el les plus gros correspondent nécessairement au côté st

le chancre. Ces ganglions acquièrent alors, en général, deux ou trois fois leur volume primitif rarement davantage), en conservant leur forme normale. Le plus souvent il- sont absolument indolents et ne deviennent un peu sensibles <| u<- pasiagèrement, à la suite de pansements irritants faits sur le chancre, d'un violent exercice de la partie où 11 siège, ou bien des pressions que le malade alarmé leur aura fait subir vingt fois par jour pour s'assurer s'ils grossissehl !... Ils ne s'enflamment que très exceptionnellement; je ne me rappelle pas

J'en ai cité quelques-uns échappant à toul soupçon d'erreur, et qui d'ailleurs ont été admis Bans conteste. L'infection du terrain par les ptomaïnes produits d'une première colonie microbienne esl une ;mtre explication ilu fait de Vunicisme, explication prêtant aux mêmes considérations que la première.

Dans ces conditions - soi! que le sujet ait eu déjà la vérole, soit qu'il tienne L'immunité de l'un de ses géniteurs vérole, — sou organisme ->• trouvant momentanément ou définitivement indemnifié, uon imprégnable, -'il a des rapports avec un sujet atteint de Lésions syphilitiques, il se

peut qu'il ne contracte rien au point i :hé. .Mais s'il contracte quelque

chose, que iera-ce?... L'expérience l'a appris : une lésion qui a tous les caractères du chancre, savoir l'incubation, l'unicité, la configuration Byméirique, le mode d'inclinaison des bords, la couleur el la sécrétion spéciales du fond, L'induration de la base, en un mol tous les attributs du chancre, liors un seul, L'adénopathie. Ce qui confirme La proposition ci-dessus, savoir, que l'adénopathie u'accompagne que les chan destinés à être, chez te porteur, suivis, après incubation, des signes de l'infection constitutionnelle.

Cet ulcère singulier, à la fois infectant quant à son origine el ses caractères, el non infectant en ce qu'il o'esl pas suivi d'infection; ce chancre qui a la physionomie, mais à qui manque l'essence propre du chancre : cet effel local sans intoxication constitutionnelle, — impression non transformée en sensation, dirait un métaphysien, — cel ulcère ne pouvait, en .-ti icte étymologie, — et selon la terminologie acceptée pour Les autres maladies semblables (variole, diphtérie . ne pouvait i

■ qu'un nom. celui que je lui ai donné el qui logiquement oe doit appartenir qu à lui. celui de chancroïde.

en avoir vu suppurer. Isolés, détachés, mobiles sous Ja peau, mobiles sur les parties profondes, le plus souvent mobiles entre eux, on voit que le tissu conjonctif qui les entoure n'a participé en rien à leur engorgement. Tout se passe dans le système lymphatique, exclusivement dans le système lymphatique. C'est comme un prolongement de la lésion primitive. De même que le bubon commun était une chancrelle ganglionnaire, de même ici nous sommes en présence d'une induration, d'un syphilome ganglionnaire; et, par le fait, la dureté remarquable de ces petites masses glanduleuses agglomérées, de cette pléiade *, pour employer le mot si justement expressif de Ricord, leur dureté, dis-je, est leur caractère le plus tranché et le plus constant.

Ce qui prouve bien que chancre et adénopathie se tiennent par le lien physiologique le plus étroit, c'est que assez souvent ce lien devient matériellement perceptible. Assez souvent — une fois sur cinq, selon M. Rollet, — il existe un engorgement des vaisseaux lymphatiques qui vont du chancre au ganglion : quelquefois on peut les suivre par la vue et par le toucher, sous forme de cordons durs, indolents, depuis la base indurée du chancre, leur point de départ, jusqu'au voisinage des ganglions, où la profondeur de leur siège finit par les dérober à l'exploration; car il n'y a pas d'engorgés que les ganglions superficiels, que ceux qui, tangibles, ne sont en quelque sorte là que pour la montre. Tant inguinaux qu'iliaques, Fournier en a constaté, à l'autopsie, quinze, et seize de spécifiquement altérés. Ces cordons unissent donc parfois les uns aux autres les divers ganglions de la pléiade. — Enfin, un dernier trait commun au chancre et à l'adénopathie ainsi qu'à la leucopathie, c'est la longue durée de ces deux dernières lésions, ainsi que, pour le dire par anticipa-

1. Dans le nombre de ces ganglions engorgés on en voit constamment un plus volumineux que les autres; il y a toujours, dans la pléiade, une étoile de premier ordre.

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lion, L'action résolutive marquée qu'exerce Bur elles le traitement mercuriel.

Telle e8tl'adénopathie ou bubon du chancre in (rein ni ; lu il mu qui, pendant deux ou trois semaines, progresse quant au nombre de ganglions qu'il envahit et quant à leur augmentation de volume : puis, s'il n'est |»;i s traité, qui reste station" naire près de deux mois, et décroît ensuite très lentement. D'ailleurs, un ganglion qui a >ul>i cette induration demeure accessible aux autres causes qui déterminent dan< le système ganglionnaire des engorgements dénature différente. Il peut devenir chancrelleux, >i son chancre est mixte, ou si une chancrelle naît simultanément dans son département tégumentaire. II peut devenir un abcès froid si le sujet est scrofuleux. De là des coïncidences, fort peu fréquentes il est vrai, mais dont j'ai vu des exemples (bubon mixte et bubon strumeux sont des réalités, quoique des raretés cliniques); coïncidences contre lesquelles le pronostic doit par conséquent être en garde, et dont les effets ainsi que les symptômes se devinent d'ailleurs aisément a priori.

La présence du chancre est un élément pour le diagnostii du bubon, et réciproquement. Et même plus que réciproquement, pourrait-on dire ; car c'est le chancre surtout, avec son aspect ambigu des premiers jours, avec ses variétés multiples de degré et de forme, c'est le chancre qui, pour être reconnu, a besoin du supplément de lumières que l'adénopathie vient fournir. Lorsqu'on la constate pourvue des caractères précités, cela prouve indubitablement, je tiens a le répéter, non seulement que l'ulcère suspect provient du contact d'une lésion syphilitique, mais que le virus a passé au-delà, que la Byphilis. par conséquent, existe déjà.

Mu-, un instant I... Lorsque, pour voir clair à la verge, vous avez porté votre regard à l'aine et y avez trouvé l'adénopathie, soyez prévenu que, au moment où vous allez conclure, le client vous arrêtera net, en vous disant : « Docteur,

oh! pour ces glandes-là, n'y faites pas attention, je les avais auparavant. » Voilà ce que, invariablement, vous entendrez. Passez outre; ce n'est là qu'un effet de cet optimisme généra], compensation providentielle à l'effroi non moins irrationnel qui, à tant d'autres égards, est l'attribut des malheureux syphilitiques.

Accidents successifs. — Le chancre une fois fermé, il y a un temps d'arrêt dans l'évolution morbide, une nouvelle incubation jusqu'à l'éclosion des symptômes dits secondaires. Mais assez souvent, néanmoins, en observant de près, on découvre que cette période d'incubation n'est pas absolument exempte de lésions visibles. Ces lésions, cependant, sont et restent locales. Ainsi, au voisinage du chancre à peine guéri ou encore entr'ouvert, peuvent apparaître des érythèmes circonscrits, accompagnés ou non de desquamation ou d'érosion superficielle. Ainsi, la surface cicatrisée du chancre se rouvre superficiellement en quelques points, peut végéter, et dans les régions humides, revêtir la forme de plaques muqueuses (transformation in situ). Tels sont les accidents successifs. Or ces accidents sont contagieux. Il importe de ïe dire, et même de le dire d'avance, aux clients, car la longue continence imposée par le chancre leur pesant fort, ils ne sont que trop portés à traiter ces lésions de bagatelles insignifiantes, et s'ils agissent en conséquence, ont ainsi beaucoup de chances de transmettre le mal '.

§ 2. -- Période secondaire.

Deuxième incubation. — Depuis le moment où le malade s'est aperçu de son chancre jusqu'au moment où il s'aperçoit des premiers accidents secondaires, il s'écoule un certain temps. Ce temps, que j'ai calculé d'après un total de cin-

1. Les règles du traitement généralet local du chancre seront exposées avec tous les détails nécessaires dans les chapitres iv et v.

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