‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 34 sur 90 · PÉRIODE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

PÉRIODE SECONDAIRE

valle; dans ce cas, elle est plus discrète que la première fois.

Dans la roséole ortiée^ les taches roséoliques fonl une très légère saillie au-dessus de la peau; elles rappellent un peu les plaques d'urticaire.

Si elle n'apparatl que tardivement deuxième et troisième années), l'éruption est ordinairement constituée par des taches annulaires, semi-annulaires ou elliptiques.

Roséole rircinée. Cette variété a une grande tendance à récidiver.

La roséole tend à disparaître, elle peut s'effacer spontanément, selon les cas, en vingt, trente ou quarante jours. Sous l'influence d'un traitement mercuriel, et si l'éruption a été prise au début, on l'a vue disparaître dans l'espace de dix à quinze jours.

Si «m l'examine avec quelque attention, la roséole syphilitique sera diffîcilemenl confondue avec le pityriasis versicolor et avec l'exanthème copahique ou cubébique : car pour le versicolor, la facile constatation du champignon, pour

l'éruption copahique, la présence d'élevures ace pagnées de

chaleur, de prurit, ainsi que la teinte plus foncée de l'éruption et ~a confluence au niveau des articulations, suffisent à former le diagnostic différentiel.

2 Syphilide populeuse.

Syphilide à larges papules, syphilide lenticulaire. — C'est une éruption précoce, et, quoique moins que la roséole. encline à récidiver. Elle est constituée par de faibles saillies dures, de la dimension d'une lentille à une pièce de 20 centimes, aplaties, en général arrondies ou ovales. Au début, elles offrent une coloration rouge qui passe assez vite au eje-brun roue,', cuivré. Bientôt leur surface offre des Bquames; mais elles n'eu -oui presque jamais complètement iu ver tes. Parfois il y a, au centre de la papule, nue

re humidité avec nue petite croûte centrale; ce qui rap-

procherait un peu cette éruption de la syphilide pustulpuse, syphilide papulo -croûleuse .

Cette forme de syphilide s'observe à la nuque, sur la face, au front (où on lui a donné le nom de corona veneris), aux sillons naso-lahiaux, mentonnier, à la parlie supérieure et interne des cuisses, aux plis génitaux, à la rainure interfessière.

Lorsque cette syphilide est à larges papules et que la desquamation y est très abondante, on a quelquefois de la difficulté à la différencier du psoriasis vulgaire. Mais dans la syphilide, la desquamation est moins copieuse, les squames sont aussi plus minces, plus ténues, et le grattage n'amène pas de suintement sanguin (Lesser), enfin la localisation topographique de l'une et l'autre affection est différente.

La syphilide populeuse circinée, qui se rencontre de préférence à la face, au cou, au scrotum, est due à la résorption de la partie centrale de la papule. Ici la forme annulaire est constante et caractéristique.

Sous le nom de syphilide granulée, Fournier décrit une série de petites élevures grenues, comme verruqueuses ou papillaires, qui se développent sur une papule située dans le trajet d'un sillon cutané, principalement en dedans du sillon naso-jugal. Cette lésion, ainsi spécifiée, est pour lui un témoignage certain de vérole.

La syphilide papuleusè se localise quelquefois à la paume des mains et à la plante des pieds, psoriasis palmaire et plantaire syphilitique.

Ici, les papules se distinguent de celles des autres régions en ce que, au début, ce sont de simples taches rouges, de la dimension d'une lentille, plus tard légèrement saillantes, par conséquent plus aisément reconnaissables au toucher qu'à la vue. Si leur rénitence, qui résulte de l'adhérence de la peau aux tissus sous-jacents et à l'épaisseur de l'épiderme, va jusqu'à la dureté, c'est la syphilide cornée. Plus tard, par

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le l'ait ilr la desquamation, elles offrent une teinte mu^r foncé et s'entourent d'un liséré épidermique. il Be produit parfois, Burtoul au niveau des plia articulaires, des fissures, des rha- ■-. qui sont plus ou moins profondes el rendues douloureuses par les mouvements.

Dans certains cas, et Burtout dans certaines régions, les

papules cuta s, au lieu d'être ténues ou squameuses, de-

\ iennenl humides, sécrétantes {plaques muqueuses de la peau .

h. Syphilide n petites papules, syphilide papuleuse miliaire, lichen syphilitique. — Ici les éléments éruptifs représentent de petites tarin'- de la dimension d'une tête d'épingle à celles d'une lentille, légèrement saillantes. Rouges au début, elles deviennent rapidement d'un rouge foncé, nuance du jambon, papules sont : ou recouvertes de squames minces, ténues :

ou, l'épider s'étant exfolié, à surface tendue et luisante;

dans ce dernier cas, la papule est entourée par un liséré blanchâtre — liséré de Biett — résultant du soulèvement de la couche superficielle de l'épiderme.

Si la desquamation est plus prononcée] les squames sont plus épaisses, c'est la syphilide papules-squameuse.

Le lichen syphilitique peut persister plusieurs mois : ses papules sont parfois groupées, en cercles, en anneaux.

3° Syphilide pustuleuse.

Ici la lésion primitive est une pustule. Toutefois, ce n*cst presque jamais sous cette forme qu'on l'observe, car la petite collection purulente s'étant vidée, on ne vuil alors qu'une croûte jaunâtre, parfois rendue brun jaunâtre par le mélange d'un peu de sang. Sous cette croûte, il y a toujours une destruction plus ou moins profonde du der soil érosion superficielle, soit véritable ulcération, syphilide pustulo-crustacée.

i. Syphilides pustuleuses superficielles. — Dénomination

générique <pii comprend la syphilide pustuleuse acnéiforme

et la syphilide impétigineuse. Sauf le volume, elles ont des

ictères anatomiques identiques; elles siègent de préfé-

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rence à la face, au cuir chevelu (lieu précoce d'élection), au cou, sur le thorax, au pubis, etc. Ce sont des formes bénignes appartenant en général à la première période.

b. Syphilides pustuleuses profondes, ectkyma syphilitique. — 11 n'en est plus de même de l'ecthyma syphilitique dont on a décrit deux variétés : ecthyma superficiel et ecthyma profond. Dans les deux cas, le début est le même, c'est une pustule reposant sur une base d'un rouge foncé, fortement infiltrée, qui se dessèche rapidement en forme de croûte et qui couvre une ulcération creusant plus ou moins. Seulement, dans l'ecthyma profond, la croûte est plus épaisse, souvent stratifiée et, lorsqu'elle est tombée, on a sous les yeux un véritable ulcère à marche extensive, ultérieurement à cicatrice déprimée, laquelle présente une teinte foncée persistante.

Si l'ecthyma superficiel peut encore être, dans une certaine mesure, considéré comme un accident bénin, il n'en est plus de même de l'ecthyma profond, qui est toujours l'indice d'une syphilis grave.

Les membres inférieurs — par exception, le coude, la région scapulaire, — sont le siège de prédilection de l'ecthyma syphilitique.

■4° Syphilide maculeuse.

Syphilide pigmentaire, leucodermie syphilitique. — Cette affection est caractérisée par des taches de couleur café au lait, bistre, circonscrites, rondes ou ovales, entremêlées de taches claires, blanches. Ce sont de simples taches, la peau est parsemée de réelles marbrures, formant un véritable réseau à larges mailles.

Selon quelques auteurs (Lesser), il faudrait rapporter la leucodermie syphilitique à une diminution du pigment, qui se produit par suite de la résorption des taches de roséole dans les points où se trouvaient les efflorescences, tandis que simultanément le pigment augmente dans la partie environnante. A l'appui de cette hypothèse, Lesser signale l'appari-

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