‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 36 sur 90 · PÉRIODE DE TRANSITION. H I · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE TRANSITION. H I

tioales sur Bee bords. D'une manière générale, le bord de la langue, siège habituel de lésions exulcéreuses, est, à cette période, assez souvent tuméfié, bosselé, dur, portant l'empreinte des dents correspondantes.

Enfin mi observe, sur la Burface dorsale de la langue, dea plaques lisses, plue ou moins rouges, sèches, a contours irréguliers, arrondies ou ovales, offranl une certaine ressemblance avec les lésions que j'ai signalées ci-dessus bous les noms de leucopîasie buccale et de plaques fugitives, de bonne nature, de I" langue. Irritées par l'alcool ei le tabac, les plaques buccales peuvent subir la transformation papillomateuse et épithéliomateuse.

Les amygdales sont pour les plaques muqueuses un siège d'élection; peu de malades y échappent. La gêne, parfois la douleur que les malades se plaignent d'éprouver dans cette région reconnaissent pour cause une érosion, une exulcération amygdalienne. Aussi l'examen de la gorge, tel que nous le détaillerons plus lard, est-il de rigueur chez toul syphilitique.

Elles se présentent ordinairement sous forme d'érosions superficielles, de plaque- opalines qui envahissent quelquefois la face interne tout entière de l'organe. Elles récidivent opiniâtrement, et même je dois dire dès à prisent qu'on ne vient guère à bout île |e> faire disparaître si aux spécifiques interne- on n'associe pas une médication topique dont les seront exposées plus loin.

§ .'{. — PÉRIODE DE II; W>llïo\.

Cette classe devait avoir et a en effet quelque chose d'indéterminé. D'abord elle manque issez souvent; toute la syphilis, chez beaucoup de sujets, se bofnant à des lésions <\\i tégument cutané et muqueux i.

Quant aux lésions qu'on a rangées dans cette catégorie,

les unes, tégumentaires, n'y ont été placées que parce que, simplement papuleuses ou érosives au début, et restant souvent telles jusqu'à la fin, elles peuvent prendre, dans certaines régions, la forme soit squameuse, soit ulcéreuse (l'onyxis offre un spécimen de ces deux formes) ; — d'autres parce que, quoique occupant d'autres systèmes que la peau, elles sont susceptibles de guérir par la seule influence de celui des deux spécifiques (le mercure) qui passe à juste titre pour l'antidote des altérations appartenant à la période secondaire (iritis, albuginite); — d'autres enfin (la laryngopathie prise pour exemple) pour un motif moins valable encore, uniquement parce que les symptômes de l'affection à l'état secondaire ont, sous certains rapports, une grande analogie avec les symptômes d'une autre affection plus profonde (néoplasique) occupant les mêmes organes.

Malgré les défauts manifestes et avoués de cette nomenclature, je la conserve : d'abord parce que, ne la prenant que pour ce qu'elle vaut, on n'est point exposé à se laisser égarer parle vague réel que cache sa précision apparente; en second lieu, parce qu'elle a, pour une description des diverses lésions de la syphilis, l'avantage de les présenter dans leur ordre le plus naturel, celui de leur degré progressif de gravité.

Onyxis '. — La lésion peut commencer par l'ongle. Dans ce cas, on le voit devenir friable, cassant, s'ébrécher, s'exfolier; ou bien il se détache partiellement de ses adhérences normales, le décollement commençant par celle de ses extrémités qui tient à la matrice; ou bien, enfin, le travail de séparation se complétant, et cela sans douleur et parfois (pour les pieds) à l'insu du malade, l'ongle tombe (onychoptose).

La lésion peut aussi, — et c'est le plus ordinaire, — com-

1. J'enipruuto, en grande partie, cet article à l'ouvrage si remarquable, si éminemment clinique de M. le professeur A. Fournier, Leçons sur la syphilis chez la femme.

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