‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 4 sur 90 · SYMPTOMES, ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

SYMPTOMES, ÉVOLUTION

Voici, jour par jour, heure par heure, ce que ressent, ce que voit L'homme sain de qui l'urèthre a, pour la première fois, subi le e, intact d'un pus blennorrhagique.

6 BLENNORRHAGIE IRÉTRRALE.

Pendant au moins trente-six heures, rien, absolument rien. Quelquefois à ce terme, le plus souvent au troisième jour seulement, sensation d'une faible chaleur lorsqu'on urine, et. dans l'intervalle, de loin en loin, quelques légers picotements, le tout localisé au méat et à la fosse naviculaire. — A-t-on en soin, dès lors, pour mieux juger, d'espacer les mictions? En pressant le canal on voit apparaître, entre les bords du méat, une gouttelette un peu filante, opaline : c'est là le vrai début.

Attendez une demi-journée, parfois quelques heures seulement, et tout a changé et tout s'aggrave, La sensation est déjà devenue pénible et s'établit continue, la sécrétion est liée et crémeuse, les lèvres de l'orifice un peu gonflées, rouges, luisantes, par suite de l'œdème sous-épithélial ; insensible aggravation sans doute, mais à tous égards digne d'être notée, et qui. dans cette si courte période, marque un deuxième temps. Appelons-le second début.

Bientôt à la suractivité morbide croissante des éléments cellulaires correspond une accentuation graduelle du tableau symptomatique seconde période, blcnnorrhagie confirmée). Dès lors il y a véritablement douleur, qu'exaspèrent la miction et surtout les érections, lesquelles, suscitées par l'inflammation, entretenues par la continence forcée, causent, principalement la nuit, un réel supplice. L'urèthre masculin est vraiment, sous ce rapport, dans des conditions exceptionnellement défavorables. Déclive durant le jour, et par là sujet à la stase sanguine, subissant en outre le coup et le contre-coup des frottements, tiraillements et ballottements qu'engendrent la marche et les diverses attitudes et travaux professionnels, se repose-t-il du moins la nuit ? Non : le décubitus qui, pour tmis les organes enflammés, marque une période de détente, ramène peu à peu. vers le matin, l'érection fatale '

l. Lorsque, chez l'impuissant ou le vieillard, l'amour vient jeter un coup d'oeil d'encouragement ou de regret sur ses domaines stérilisés. toujours ce moment qu'il choisit pour ses réapparitions.

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ei non seulement celle qui, réveillant ''n sursaut sa ictime,

la force à prendre contre ses rel 'sdes mesurée d'ailleurs

beaucoup plus onéreuses qu'efficaces . maie la demi-érection inconsciente, inaperçue, qui, se prolongeant durant tout le sommeil, est un élément bien plus nuisible d'hypérémie ainsi que de persistance du processus congestionnant.

Les parois uréthrales, rendues inextensibles par l'inflammation, refusent alors de suivre les corps caverneux dans leur : rgescence; d'où tiraillement douloureux du canal tendu comme la corde d'un arc dont les corps caverneux infléchis formeraient la courbe (chaudepisse cordée). — L'écoulement, devenu purulent, jaune, jaune vert, est parfois rendu roussâtre par le mélange d'une exhalation Banguine. Le sang peut même sortirpur (uréthrorrhagie), soit dans l'éjaculation, -Mit à la suite d'érections violentes. — Enfin il arrive parfois que, pour mettre fin aux tortures de Isicordée, le malade casse in corde c'est-à-dire frappe d'un coup de poing sur le dos de la verge appliquée par sa face inférieure sur un plan résistant (imprudence qui expose, sur l'heure, outre L'hémorrhagie, à l'infiltration urinaire, plus tard aux rétrécissements).

De la muqueuse uréthrale rouge, dépolie, tuméliée, l'in-

lla îation se propage au réseau lymphatique sous-épithé-

lial, ou même aussi au réseau profond, ainsi qu'aux follicules muqueux. Ainsi altérée dans ses éléments constituants, la paroi uréthrale est dure, épaissie, parsemée de granulations plus ou moins consistantes et volumineuses, qu'on peut constater par le toucher; toutes lésions qui, temporairement, réduisent d'autant le calihre du canal, et partant la largeur du jt't d'urine rétrécissement inflammatoire, lequel disparait spontanément à mesure que l'inflammation diminue).

Lorsqu'elle atteint un certain développement, l'inflammation ne se limite pas à l'urèthre, elle gagne les diverses parties de la verge, et de préférence celles qui avoisinent le méat et la fosse naviculahe i\>- l'urèthre (ce dernier point fiant le sii •■

initial delà blennorrhagie, puis le lieu où finalement elle se concentrera). On voit parfois alors le gland devenir incapable de franchir l'anneau préputial; et cela tant à cause de l'augmentation de son volume que parce que cet organe tuméfié, pressant de dedans en dehors sur l'anneau préputial, y entrave la circulation de retour, d'où un œdème du prépuce qui rend son ouverture plus étroite. En même temps, il y a érythème du fourreau, lymphites sous-jacentes, se dessinant sous forme de traînées rouges, adénites inguinales ou sus-pubiennes, mais adénites purement sympathiques, naissant avec la période inflammatoire et ne lui survivant point. A ce degré, un malaise vague, une sensation constante de poids et de chaleur envahit toute la sphère génitale, s'accompagnant de maux de reins, de pesanteur au périnée, de tiraillements du scrotum, de ténesmes anaux. Souvent alors le malade est forcé de suspendre ses occupations, tant parce que la marche, la station debout, les efforts, redoublent ses souffrances, qu'à cause de la fièvre et de la réaction gastrique, conséquence presque inévitable de désordres locaux portés à un tel degré.

Entre ce summum, qui ne s'observe que rarement, et l'extrême opposé, c'est-à-dire l'écoulement bénin, indolent, ne suscitant aucune réaction de l'organisme, . n'entravant aucun acte de la vie sociale, que d'intermédiaires, que de variétés ! 11 serait aussi hasardé d'en prétendre découvrir toutes les causes, que puéril d'en vouloir marquer toutes les nuances. On sait seulement que, en général, la première blennorrhagie est plus aiguë, mais de moindre durée que les suivantes ; et, conséquemment, plus il s'est passé de temps depuis la précédente, plus la nouvelle a chance d'être aiguë : ceci tient à ce que les tissus affectés ont subi une densification, une nécrose partielle, et que, jusqu'à ce qu'ils se soient reproduits ou rétablis dan? leur structure primitive, ils n'offrent plus de conditions aussi propices à l'évolution d'un

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processus franchement inflammatoire : disons, en anticipant,

aussi favorables à la régulière ali ntation d'une colonie mi-

crobienne; ce Bera a la rois plue intelligible el plus exai t.

On admel aussi que la constitution, le tempérament, les diathèses ou dyscrasies concomitantes influenl sur l'intensité de la fluxion, que les sujets Banguins auront leur chaudepisse courte el Forte, les scrofuleux faible el longue : que les arthritiques la verront B'éterniser I...

Qu'une hygiène appropriée, mie vie < • .- 1 1 1 1 m • el régulière puissenl abréger la durée du mal, cela ne se conteste point. Mais encore ne faut-il ni s'abuser, ni laisser les clients s'abuser sur le degré de pouvoir attribué à cel ordre d'in- Quences.

Voilà, quanl aux différences d'intensité de la blennorrhagie, le peu qu'a recueilli le pathologiste. Pour le clinicien, indépendamment de toute explication, il constate quatrefaits, savoir :

\. Que, quelles que soient ses nombreuses variétés, la blennorrhagie uréthrale parcourt plus ou moins vite, mais toujours avec une parfaite régularité, ses trois périodes successives de début, d'état, de déclin :

B. Que l'on peut, à un moment quelconque de sou cours, mesurer l'acuité du mal d'après trois symptômes : L° douleur: 2" abondance d'écoulement : 3° proportion plus ou moins considérable des globules de pus dans la matière sécrétée, laquelle apparaîtra blanche, jaune, jaune tirant sur le vert, selon que cette proportion est faible ou forte;

('.. Que ces trois phénomènes, liés entre eux par la communauté de cause, suivent la même marche, augmentant, diminuant, cédant, reparaissant toujours simultanément ;

D. Enfin que l'intensité plus ou moins considérable de cet appareil symptomatique est le seul sii:ne d'après lequel on puisse, au début, prévoir quelle sera la durée de la maladie; au milieu, juger quelles sonl les chances de la voir bientôt commencer à décroître ; vers la fin, décider si elle en est <l.li-

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nitivement à la période de déclin. — Ces données, dont l'énoncé peut sembler oiseux, ont toutes leur application en thérapeutique utile.

Quant au pronostic à porter, ne vous laissez pas aller à l'établir sans restrictions. Et surtout ne vous avancez jamais, sur la foi de ces indices, à dire d'avance au client, qui presque toujours sollicite sur ce point une réponse précise : «Vous en avez pour tant de temps. »

L'état inflammatoire va en diminuant, et cela tantôt graduellement, tantôt dans l'espace de trois ou quatre jours, au moment où, l'inflammation paraissant stationnaire, on commençait à désespérer. On voit alors l'état subaigu s'établir comme presque subitement, de même qu'on voit, fin août, tourner le raisin. De quelque façon que s'opère ce changement, retenons seulement un fait et retenons-le bien :

Que la troisième période, que la maturité n'est réellement établie que lorsque l'érection est sans douleur, même tandis que la verge est tenue relevée contre le ventre; et que l'écoulement, redevenu d'une quantité plus modérée et de couleur crémeuse, file entre deux doigts à la distance de un centimètre.

Ceci a son application en pratique. En effet, jusque-là, la thérapeutique active a dû se tenir coi. Mais, à partir de ce moment, il y aura un parti à prendre parce que l'évolution de la maladie va différer du tout au tout, selon l'une ou l'autre des trois éventualités suivantes :

A. S'il s'agit d'une première blennorrhagie, chez un sujet bien constitué, exempt de diathèses, apte et résigné à suivre une bonne hygiène, il arrive quelque fois, mais rarement, que, parvenu à ce degré, le mal s'éteint complètement de luimême, peu à peu, en quelques semaines.

B. Si l'art intervient — et à cette période, il le peut et il le doit — la guérison en douze ou quinze jours est la règle.

G. En dehors de ces deux conditions, l'inflammation ira en diminuant, mais sans cesser. Durant des années, parfois,

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