SYMPTOMES, ÉVOLUTION. M
persistera une sécrétion .1 peine colorée, presque imperceptible, mais offrant le double inconvénient : l de redevenir purulente el partant contagieuse, par suite des écarte de régime; 2° de pouvoir provoquer, même en l'absence de ces écarts, quelques modifications de tissu ou quelques complications au voisinage ou à distance; c'esl l'état connu ><>ulr nom de blennorrhèe.
Une question qu'autrefois l'on passait presque sous silence doil nous arrêter. Selon quelles lois, dans quelles circonstances a lieu la propagation du processus blennorrhagique d'avant en arrière, du méat vers la vessie.'
I.a muqueuse uréthrale a la même structure dan- toute L'étendue du canal. Il es1 donc naturel, quand !«■ temps lui en est laissé, que la blennorrhagie, qui commence par le méat, s'étende peu à peu jusqu'à l'orifice vésical. Kntre le bulbe et la portion membraneuse cependant il existe une valvule contractile (valvule de Wilson, sphincter uréthral dont la lune i io m est de s'opposer au passage «le tout corps tentant de pénétrer, soitd'avant en arrière (sonde), soit d'arrière en avant (urine . D'autre part, le segment postvalvulaire de l'un-thre est doué d'une sensibilité, d'une contractilité spéciales, a dans sa paroi des glandes a structure, a destinations toutes particulières.
\ ni uant et précisant une distinction dont j'avais, en 1878, indiqué les bases anatomo-physiologiques et les corollaires thérapeutiques, on a donc avec raison décrit dans la blennorrhagie une uréthrite anlérieureei une urélhrite postérieure, chacune pouvant exister à part, survivre quand sa congénère s'est éteinte, et se caractérisant par des symptômes qui lui appartiennent.
L'uréthrite postérieure succède dans trois quarts environ des cas à l'antérieure, sans que jusqu'ici on soit bien fixé sur les C auses qui font qu'elle survient ou qu'elle manque. Elle se traduit par des signes propres : une sensation de pesanteur, de tension au périnée; la fréquence des besoins d'uriner
12 BUÏNN0RR1IAGIE URÉTHRALE.
(symptôme qui peut faire défaut) ; le gonflement et la sensibilité de la prostate, constatés par le toucher rectal, dénotant une congestion temporaire de cette glande; enfin la sortie par l'urètre d'un liquide louche, grisâtre, visqueux, déterminée soit par la pression directe exercée sur la glande, soit par les efforts de défécation.
La thérapeutique ayant le plus grand intérêt à savoir : 1° si, à un moment donné, il y a déjà ou s'il y a encore uréthrite postérieure ; 2° si à ce moment il coexiste ou ne coexiste pas une uréthrite antérieure, je recommande un moyen ingénieux, perfectionné par M. Aubert, d'établir avec la plus grande exactitude cette distinction importante.
Introduisez dans le canal un tube de caoutchouc enduit de vaseline, de 12 centimètres seulement, afin qu'il ne dépasse pas les limites de l'urèthre antérieur. Injectez alors à plusieurs reprises de l'eau par ce tube. Lorsqu'elle en est arrivée à ressortir entièrement claire, retirez le tube et faites pisser le malade. Si l'on a affaire à une uréthrite antérieure seule, l'urine qui sort alors est absolument limpide. Si, au contraire, il y a uréthrite postérieure, le premier jet est trouble.
La même expérience peut même faire découvrir s'il y a en même temps cystite, car dans ce cas les dernières gouttes d'urine expulsées contiennent un dépôt opaque.
Ces notions nous serviront bientôt à éclairer la pathogénie du fait morbide — qu'il soit stade ou complication — dénommé cystite.