LA SYPHILIS. LA DIATHÈSE
1° Frappe à coup sûr tous ceux 1° Ne naît que chez les sujets
qui se trouvent en rapport suffisant prédisposés. — Il serait impossible
avec l'agent morbigène l. — Nul de rendre à volonté un individu
n'échappe à son inoculation bien quelconque rhumatisant ou dar-
pratiquée; treux;
2° Est due à l'introduction acci- 2° Est due au développement
dentelle, instantanée d'un principe, spontané et lent d'un état ayant
jusqu'ici incomplètement connu pour caractère essentiel de tendre
dans sa nature, mais ayant pour à affecter de plus en plus profon-
1. Hors le cas d'immunité conférée à l'individu par une syphilis antérieure de lui ou de ses ascendants.
HISTOIRE NATURELLE
caractère essentiel de tendre à 6ti o éliminé de l'oi ganisme. Ri gle g< aérale, un sujet guérit de la syphilis i ,
8° Donne lieu à dea manifestations successives, plus ou moins nombreuses, éclatant à intervalles variables, mais dont les premières niit une marche très régulière, et apparaissent sans a\ oir eu besoin d'être aidées par l'action de causes extrinsèques;
i La sêcrél ion produite par les lésions <|ui constituent ces manifestations est contagieuse;
5° Transmet, par génération, une affection toute semblable : la transmet à coup Bûr; la transmet au fœtus même, et peut aussi la transmettre par le fœtus à sa mère.
démenl l'organisme. « lu ne guérit pas du caneer. Guéi il on du rhumatis , de la darti
•"•" Donne lieu à desmanifestationt
l ves, plue ou moine i i-
breuses, éclatant à interval] riables,mais Bans aucune i êgularité et qui n'apparaissent guère que sons l'influence d'i :ause accessoire froid, fatigue, bygiène défectueuse, causes morales déprimantes, changements de saison ;
■\n La sécrétion produite par les lésions qui constituent ces manifestations u'est pas conl i gi euse ;
;>" Ne transmet, héréditairement, qu'une prédisposition, qui, selon le cas, aboutira ou n'aboutira pas; ne produit jamais ses effets qu'à très longue échéance; ne se transmet pas du fœtus à la mère.
Conclusion : La syphilis est une maladie virulente (microbienne) ; comme telle, elle tend à la guérison. Mais lorsque, par le faillie certaines conditions que j'indiquerai plus tard, l'extinction de la colonie n'a pu avoir lieu comme d'habitude, l'affection peu à peu se transforme, prend les caractères propres aux diathèses3, en d'autres termes, et selon le lan-
1. Je rends cette vérité palpable à mes clients par un considérant irréfutable: « S'il en était autrement, leur dis-je, vous ne vous rencontreriez dans ma salle d'attente qu'avec des vieillards! »
2. La syphilis n'est pas la seule maladie virulente qui puisse se convertir en diathèse. Les désordres constitutionnels persistants, h
vent graves, parfois mortels, qui succèdent, dans certains cas, à la rougeole, à la scarlatine, à la diphthérie, sont là pour prouver la réalité de ces transformations, dont les causes, le mécanisme, l'évolution, les conséquences sont, pour le pathologiste comme pour le clinicien, un sujet curieux, .'lèse et presque neuf d'études. D'ailleurs, on comprend que, eu raison de a durée, la syphilis pervertissant plus durablement ■ mode outritif 3e prête mieux que toute intoxication virulente à cette métamorphose.
gage adopté, devient tertiaire. En effet, et conformément à ce que nous montre le tableau ci-dessus :
•1° Sur un nombre donné de syphilitiques quelques-uns seulement (1 sur dO environ dans nos climats) deviennent tertiaires, d'après Rollet, Drysdale, Mauriac et moi.
2° De même que pour les diatbèses, chez le tertiaire, les lésions vont en augmentant de gravité; le mal tend à se perpétuer et, par le fait, est souvent incurable.
3° Les lésions tertiaires apparaissent et réapparaissent sans aucun ordre ni régularité.
4° Elles ne sont pas contagieuses.
5° Elles ne se transmettent pas, héréditairement, en nature.
Ajoutons que les lésions tertiaires (gommes, exostoses, caries, altérations viscérales, ou nerveuses) se montrent, par leurs caractères, soit histologiques, soit apparents, tellement dissemblables des lésions de la syphilis secondaire que, s'il n'était éclairé tant par les antécédents que par l'influence du spécifique, le clinicien aurait beaucoup plus tendance à en faire deux maladies distinctes qu'à y voir seulement — ainsi qu'on l'enseignait jadis — deux périodes d'une même maladie. Et par le fait, les clients s'y trompent les premiers euxmêmes ; car tandis que les accidents secondaires encombrent les hospices spéciaux, c'est dans les hôpitaux ouverts à toute espèce d'affections qu'on rencontre surtout et qu'on peut le mieux étudier les accidents tertiaires.
Ajoutons, comme exemples touchant plus directement à cette question de maladies permanentes, suite de maladies microbiennes temporaires : les suites de gale, sous forme d'eczéma et prurigos revenant à chaque changement de saison; l'herpès progënital indéfiniment récidivaut, qui s'établit notamment à la suite de chancrelle.
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