DEUXIÈME SECTION
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/.ii syphilis traitée />nr lu répression de ses états manifestes successifs.
De quelque manière qu'il agisse — el c'esl vraisemblablement «-il mettanl enjeu la résistance des éléments org ni. [nés — le mercure es! le poison du microbe syphiligène.
Or, directemenl ou Indirectement, il ne peu! atteindre ce microbe que par l'intermédiaire de son milieu nutritif, le corps humain.
Donc, ta condition d'un bon traitement de la syphilis sérail que. tant qu'elle existe ou menace, notre organisme fût imprégné de mercure.
Quel devrait être le degré dé cette imprégnation?
Pour le bactériologiste, pas d'hésitation : verser le parasilicide à pleines main?, jusqu'à effet oblenu, constaté ; voilà sa réponse.
Pour le médecin, l'indication est identique, parait même plus impérieuse. Mais dan- l'exécution, il est entravé, non seulement par la nécessité de ménager l'organisme, mais par les difficultés que cet organisme (même supposé tolérant) met à laisser l'acte médicateur s'accomplir de manière à être réputé suffisant. Ainsi :
Il faudrait l'imprégnation rcurielle à >n> certain degré.
Or. tout moyen nous manquant de savoir exactement où elle en est à un moment donné, il faut, pour être sûr d'avoir l'ait assez, risquer de faire trop.
Il faudrait aussi l'imprégnation permanente: le réveil à tout instant possible du microbe en fait une loi. — Or, vainement aurez-vous rendu ininterrompue l'absorption du spécifique, puisque l'on sait que, passé un certain terme, il cesse d'opérer comme remède .i'<"iitiimance).
Enfin, il faudrait celte imprégnation sans fin, puisque (s'il aspire à la certitude] il est impossible au médecin de fixer l'époque où le retour des accidents n'est plus à craindre. — Or, la pérennité d'un tel traitement, parti le plus sûr pour l'extinction du mal, ne serait-il pas le plus compromettant pour l'intégrité de l'organisme?
En somme, on ne tient ce microbe sûrement dompté qu'au prix d'une imprégnation mercurielle, qui réalise la saturation et la réalise sans trêve et sans fin.
Si exorbitant qu'il paraisse, ce programme n'énonce cependant aucune condition qui, dans les errements doctrinaux actuels, ne soit nécessaire. Aussi assistons-nous à une réaction ; et voit-on se produire d'incessants et judicieux efforts pour le remplir à meilleur marché. De ces réformes celle à laquelle M. Fournier a attaché son nom, mérite de compter parmi les plus populaires. — Une autre, de par la chimie, vise à régler, au mieux de tous les intérêts, la stricte dose de mercure à maintenir dans les voies de la circulation '. — Voici, à mon tour, celle que je crois le mieux répondre aux légitimes exigences de l'investigation moderne, son but et
1. Surtout depuis qu'on mesure avec tant de facilité et de précision les doses de mercure éliminé, rien de plus rationnel, de plus irréprochablement combiné que ce plan.
Mais irréprochable... en théorie. En clinique, deux faits incontestables, journellement observés, vont à rencontre de l'espoir — si fondé, diton — d'atteindre par cette voie le but désiré.
D'une part, en effet, on peut à volonté assister à ce spectacle : une syphilide papuleuse s'effaçant comme à vue d'œil sous l'influence d'un traitement mercuriel qui a été commencé alors que la lésion existait.
Et par contre, on voit des syphilides survenir chez un malade qui en était a la fin d'un traitement mercuriel de deux mois, à pleines doses, fait pour d'autres lésions syphilitiques; alors donc que, ace moment, il existait chez lui la saturation médicamenteuse censée préservatrice.
D'autre part, le spécifique, qui, — on le voit, n'empêche pas la vérole de revenir, — ne l'empêche pas non plus de venir. Qu'on médite les faits suivants :
1° En 1850, un étudiant fut traité, à Montpellier, par le mercure pour une blennorrhagie chronique. Le mal résistant, on ne marchanda ni les doses, ni la durée. Sortant de là, il rentre à Lyon, prend dès l'arrivée
TRAITEMEN i' SPÉCIFIQUE. 3*7fl
<<Mi moyen étanl de modeler la cience dite conjecturale sm la Bcience dite positive, la médecine Bur l'histoire naturelle.
Toutefois cette assimilation que, en l'étal actuel, je ne puis donner qu'à litre d'hypothèse, soulève quelques objections suscitées par la nature moi lu sujet.
Qu'arrive-t-il, en effet? Étudiée sans parti pris, l'évolution clinique de la syphilis offre avec l'évolution d'une colonie microbienne des rapports tels qu'ils paraissent presque équivaloir à la démonstration de la présence d'un microbe, ainsi «pic (li> son rùlc pathimvniijue.
Mais la preuve, cependant, la preuve seule valable (la reproduction du mal par voie de culture), étant impossible chez l'homme, plus la preuve manque, plus on a senti le besoin de serrer l'analogie, seul moyen d'y suppléer.
un chancre pour lequel il me consulte. Or, chancre d'abord, [mis accidenta consécutifs évoluèrent chez lui comme d'ordinaire.
2» Porteur, au membre inférieur droit, d'une lésion tuberculo-crustacée,
un homi btait traité à Saint-Louis pour syphilis. Le traitement spéci
flque n'ayant pas, au boul de quatre mois, donné de résultat, le malade demande à sortir. Le jour même de sa Bortie, il contracte un chancre qui fut suivi, dans les délais usuels, de symptômes secondaires, qui offrirent leur cours habituel. Dès lors, la lésion de la jambe, étudiée de plus près, fut reconnue être an lupus.
lit M. Barthélémy, qui rapporte ce fait i Nouv. die t. detnéd. ri ehir.prat., t. XXXIY. [i. 538 . ajoute : a II démontre que le mercure etl'iodure, préventivement et longtemps absorbés, ne peuvenl rien contre la syphilis. >■
3 lu médecin croyait avoir .mi la syphilis pendant qu'il était étudiant. Dix-huit mois après, n'ayant rien, ni à la peau ni aux muqueuses, H consulte le professeur Fournier, pour une douleur à la cla\ icule. Comme il affirmait avoir eu la syphilis, Fournier prescrit l'iodure, puis le
traitement mixte. Pendant plusieurs années, de lui-même le confrère continue à se traiter par le mercure et par l'iodure, plutôt par le ne i cure parce qu'il tolère mal l'iodure. ne se mariant pas. etc. Or, il y a douze ans, par le fait même 'le <■,■ célibat et des aventures auxquelles il l'exposait, ledit médecin contracte réellement cette fois, la syphilis avec ton- ses accidents et ses périodes classiques. Tout récemment encore, il s'est prési até avec une lésion très tenace des ongles et delà face palmaire d'une main.
ore un exemple qui prouve l'inanité du traitement préventif. — Du reste, [es intoxiques d'Almaden qui deviennent syphilitiques ont des syphilis graves » ^communiqué par .M. le docteur Barthélémy).
Mais, selon comme on en use, l'analogie, dans les sciences d'observation, étant rien ou étant presque tout, voici comment j'en comprends ici l'emploi :
Etant donnés deux corps, S et M, desquels on se propose de prouver l'identité de nature d'après la ressemblance de leurs propriétés, il se trouve, en effet, que toutes celles de ces propriétés que l'on connaît sont les mêmes dans l'un et l'autre corps. Seulement, il en est une qui, chez S, n'a pas encore été constatée. N'est-on pas, nonobstant, autorisé à présumer que si l'on parvenait à la connaître, elle ne viendrait pas, à elle seule, détruire la présomption d'identité de nature, que tout d'ailleurs tend si bien à établir?
(Par M, j'entends le monde microbien, et par S, on le devine, la syphilis avec son microbe , lequel représente l'élément morbigène non encore constaté, l'a? du problème).
Or, la déduction ci-dessus aurait bien le degré de certitude que, ainsi présentée, elle semble posséder, si de son côté, M, que j'ai pris pour terme de comparaison avec le bacille syphilitique, était, comme la syphilis, un être unique. Mais loin de là : M, en réalité, ne signifie point un microbe déterminé; il représente une collectivité. Car le bacille syphiligène appartiendrait incontestablement à la famille des Bactériacées, n'est-ce pas? Eh bien! dans cette famille, non seulement les genres, mais les espèces ont des caractères différents, parfois contradictoires. En outre, ces différences s'observent dans le cours du développement d'une seule et même espèce, selon que varient pour elle les conditions de milieu.
Ainsi, la plupart de ces plantes sont dépourvues de chlorophylle; quelques-unes, cependant, en possèdent.
Ainsi, la plupart sont aérophiles ; quelques-unes, au contraire, aérophobes.
Ainsi, chez plusieurs bactériacées, il n'y a pas de spores produites.
Et chez les bacilles qui, au contraire, en forment, le même