TRAITEMENT SPÉCIFIQUE
Donc, le mercure ayant... la propriété, sérail ir<>|> peu dire... ayanl la spécialité d'arrêter le développemenl des Byphilides, on comprend qu'il porte une double atteinte à la vitalité de notre microbe : 1" en lui rendant nocive la pari d'alimentation qu'il empruntée nos tissus; - bj mon hypothèse est juste, en altérant ou supprimant les organes par lesquels il emprunte l'autre pari à l'atmosphère.
On comprend mieux maintenant dans quel Bens m'impres sionne, moi praticien, la survenance d'une poussée intercurrente (soit un groupe de papules, récidivant au cinquième ou sixième mois). Je devais m'y attendre, et le client en avait été prévenu.
Pas un ne sort de chez moi qui, '1rs sa première visite, n'ait été informé : 1° de la durée normale d'une syphilis d'intensité ordinaire; 2° de la presque certitude de ses retours pendant une certaine période; 3° de sa tendance naturelle à guérir, et de la réalité ainsi que des limites de l'aide que l'hygiène et que la thérapeutique prêtent à cette tendance. Lui ainsi mis en garde, je suis affranchi de toute responsabilité.
Pour M. Pournier, au contraire, chaque nouvelle poussée est une déception nouvelle. Il s'était cru, il s'était dit en mesure d'empêcher les retours du mal et le mal revient.
Que dira son client? En vain le maître avait-il formulé, en temps opportun, de catégoriques réserves ; en vain les rappellera-t-il au jour de l'échec. Le client se persuadera diflh-ilement qu'on lui ait tant demandé, tant ordonné, sans lui rien donner en échange. Songez-vous bien, cher collègue, —j'y
euro dans le milieu artificiel où elle était cultivée, de même ['ingestion quotidienne de 1 ou 2 centigrammes de ce sel arrête le développemenl des syphilides.
Aussi puis-je pratiquement conclure eu disant: ce que, en syphiligraphie, on appelle poussée marquant en réalité le moment où les feuilles
poussent au microbe, c est bien un xasion, puisque les propriétés <lu
mercure nous en donnent le moyen, c est bien une occasion i saisir* lorsque apparaît ce ge irede feuillaison, de défeuélter la mauvaise herbe pour la faire périr.
songe, moi, qu'il ne saurait atteindre, — au remords dont vous menace, au bout de quatre ans de docilité, le fait (selon vous, fort possible) d'une naissance entachée de vérole; du fatal ictus qui, du jeune et envié père de famille, fait un invalide désormais à la charge de ceux dont légalement il avait charge?... Mais parfois, un mécompte plus dur, doctrinalement parlant, attend le doctrinaire.
On sait comment a été réglé par l'école Fournier le traitement des premières années : plusieurs cours mercuriels de deux mois, séparés par des suspensions de un d'abord, plus tard de trois mois ; aûn de neutraliser l'accoutumance, laquelle, dit M. Fournier, « finit par annuler les effets thérapeutiques du mercure ».
Conformément à ce précepte, vous avez, un jour, donné du mercure sans y être poussé par aucune récidive, uniquement parce que l'heure du mercure avait sonné. Il a été bien supporté. Vous l'avez continué deux mois; et à la fin, alors que devait être pleinement réalisé l'effet préservatif promis, juste au terme expiré — notre Protée a de ces tours ! — une récidive éclate!
Certes, je plains la doctrine ; car nul coup plus sensible ne saurait l'atteindre. Mais que dirons-nous du client, de ce pauvre diable qui, contre toute attente, se voit frappé d'une iritis, d'une hémiplégie faciale au moment où son médecin vient de lui déclarer que, pour un temps, les spécifiques ont perdu tout pouvoir sur lui?
M. Fournier, je le sais, admet des atténuations, des amendements, des dérogations mêmes à son précepte. Il les conseille dans ses cours ; il les recommande dans ses livres. Mais quoi! ce dont le disciple se souvient c'est du précepte carrément libellé. Et quand il a lu : « Le premier traitement doit être prolongé deux mois environ. Au delà, quoi qu'il arrive remarquez bien cela), je cesserai le traitement » il croira difficilement que ce « quoi qu'il arrive — qu'on lui fait remar-
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» I ii**i- — ■■ ait visé autre chose qu'une récidive; et, Le cas échéant, c'est-à-dire la récidive Burvenant, il agira, pardon, il B'abstiendra en conséquence.
Ainsi avail raisonné el formulé, dirai-je un orthodoxe? non ; un ultra de Saint-Louis, dont je via un clienl le 25 avi il dernier. Ce brave garçon, ayant eu sa première poussée au commencement de février, prenait depuis lors des pilules de proto-iodure el il venait me consulter pour une syphilide à papules humides, apparue trois semaines auparavant, occupant diverses régions, confluente surtout au cuir chevelu, et qui ne paraissait nullement en voie de décroissance.
Or, pendant que je l'examinais : « Ah! vous savez, -ne dit-il : c'esl dans dix jours que je cesse mes pilules.
— Vous allez cesser les pilules, vous?
— Oui, le docteur me l'a l>ien expressément recommandé : c'est dans dix jours qu'expirent le? trois mois de traitement. »
Pour toute réponse, j'ajoutai aux pilules une friction quotidienne de 10 grammes d'onguent napolitain; le tout, bien entendu, à continuer jusqu'à nouvel avis.