RÈGLES DU TRAITEMENT SELON LES PÉRIODES ET LA GRAVITÉ
En appliquant les principes généraux de traitement aux cas particuliers, je vais examiner et je m'efforcerai de pré-
M. Drysdale écrit à ce sujet : « Relativement aux deux médicament-; spécifiques de la syphilis, nous avons à considérer pour chacun d'eux, en outre de l'action curative qui est indéniable, l'action prophylactique qui l'est beaucoup moius. Quelques-uns ont envisagé cette question d'une façon différente, et chez eux l'action préventive de certains médicaments excite tellement de confiance qu'ils sont disposés à mettre au compte d'un traitement défectueux tous les accidents tertiaires dus à la maladie. J'ai souvent vu toutefois les accidents les plus graves survenir pendant le traitement même, taudis que souvent la syphilis reste bénigne alors qu'il n'a pas été pris un seul grain de mercure. Nous pouvons conclure sûrement de ce qui précède que, s'il y a une action préventive elle est incomplète, et que dans la majorité des cas elle n'empêche pas les accidents de survenir même au bout de peu de temps.
« Nous ne devons donc pas diriger le traitement spécifique contre la diathèse indépendamment de ses manifestations, car sans cela nous serions condamnés à traiter les syphilitiques pendant toute leur vie. Nous devons combattre les accidents par l'un ou par l'autre des spéciûques, d'après leur durée, leur intensité, leur degré de généralisation, leur nature et leurs localisations.
Dans l'intervalle des manifestations, lorsque l'organisme a repris son état normal et lorsqu'il n'existe plus trace des accidents qui viennent d'avoir lieu ni aucun signe précurseur d'une manifestation nouvelle, il est préférable de suspendre jusqu'à nouvel ordre toute médication spécifique. [France médicale, 5 octobre 1885.) »
M. Mauriac n'est pas moins explicite dans son adhésion à mes vieilles doctrines (Histoire nalur. de la syphilis, 18G-3, p. J92 et suiv.). Il pense « que le mercure n'empêche jamais l'apparition d'aucun symptôme de la syphilis. 11 continue le traitement tant qu'il existe une éruption et il élève la dose de mercure jusqu'à effet curatif. 11 continue le médicament jusqu'à ce que les papules disparaissent, puis il l'arrête. Il pense que, si on continue longtemps le mercure, l'économie finit par s'y habituer. Il ajoute qu'il faut le donner lorsqu'il y a une nouvelle manifestation, mais pas avant. »
» Savez-vous, dit-il, où nous arrivons lorsque nous posons les règles d'un traitement applicable pour tous les cas, lorsque nous en fixons systématiquement le temps et la durée, les reprises et les interruptions? Nous arrivons à une étrange absence de concordance, choquante et antimédicale, entre l'apparition des accidents et l'application du traitemenl destiné aies combattre. Que penser d'une méthode où nous devons,