‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 66 sur 90 · ORDRE DE SUCCESSION DES LÉSIONS ET GRAVITÉ · texte numérisé non relu

ORDRE DE SUCCESSION DES LÉSIONS ET GRAVITÉ

Les anciens observateurs, prenant pour type la syphilis

SYPHILIS PAR GÉNÉRATION. isT

acquise, rapportaient le débul de la vérole héréditaire au tnomenl où apparaissent I'1- premières lésions tégumentaires. Aussi leurs remarques à ce sujel portant Bur un point défait, demeurent-elles exactes. Ce n'esl bien réellement, en général, que de i ici- nu quatre à ^ • • | » i ou huit semaines après la naissance, se déclarenl les premières manifestations cutanées ordinairement des plaques périgénitales et péribuccales . qui décèlent aux yeux de tous l'existence <lr la syphilischezcel enfant et avertissent la nourrice de se garder de son contact.

Mais la vérole n'existait elle (lune pas avanl d'avoir ainsi éclaté à l'extérieur sous une forme visible? Oui, assurément : ce n'esl pas pour rien que les mêmes auteurs signalaient l'aspect de petits vieillards, la miniature de la décrépitude, particuliers à ces malheureux enfants, même avanl le début d'aucune lésion spécifique de la peau, l'incomplète croissance des cheveux, la formation défectueuse des ongles et des dents; toutes preuves de l'atteinte que, à de moment, la syphilis a déjà portée à la nutrition générale.

L'observation moderne a donné L'explication de ce prétendu contre-sens d'une maladie qui produit ses effets généraux, profonds, avant ses effets locaux, superficiels. Elle a prouvé que les viscères essentiels à la nutrition sont lésés \ .- 1 ut la naissance.

Mais quoi 1 —nouvelle contradiction — les lésions viscérales étant, dans toutes nos nomenclatures, réputées appartenir à la période tertiaire, cette syphilis-là se distinguerait-elle donc encore de l'autre en ce qu'elle aurait ses accidents tertiaires avant ses accidents secondaires ?

Secouons l'empire de cette analogie injustifiée qui n'engendre qu'obscurité ou illusion, et consentons a n'étudier, a ne voir dan- la syphilis héréditaire que la syphilis héréditaire.

Plus dans un organe, dans une région, l'activité vitale, le

travail dénutrition est intense, et plus le germe syphilitique a de tendance à s'y développer, à y produire ses effets.

Or, chez le fœtus, durant la vie intra-utérine, quels organes sont plus particulièrement le siège de celte activité ? Evidemment ceux qui jouent un rôle essentiel dans la nutrition de l'être en cours de formation : les autres, on peut le dire, n'ont alors qu'une existence, qu'un fonctionnement rudimeniaires. Donc, pour la nutrition, ceux, auxquels est dévolu le rôle le plus actif chez le fœtus sont le foie et les organes lymphoïdes, rate, glandes lymphatiques, les reins, les os aussi, « auxquels on ne saurait aujourd'hui contester un rôle important dans les phénomènes de l'hémalopoièse; les cellules médullaires si parfaitement semblables aux globules blancs du sang étant, à n'en pas douter, des cellules lymphatiques. » (E. Jullien.)

Et, par ce fait, ce sont ces organes que l'autopsie prouve être le plus tôt et le plus gravement atteints.

Nulle déduction n'est donc plus naturelle et plus légitime que celle qui résulte de ces données de physiologie élémentaire. La vérole qui attaque l'homme fait n'est sans doute pas sans influencer sa nutrition; mais l'atteinte, au début du moins, n'est que passagère. Les jetées spécifiques se portent plutôt, et plus tôt sur les tissus, sur les régions qu'y prédisposent leurs rapports avec les agents extérieurs (peau, œil, orifices des cavités muqueuses). A cet âge, à ce degré de développement, la syphilis, pour lui, en général, ne sera qu'un incident. — Elle est, pour le fœtus, la tare originelle, le ver rongeur déposé dans le fruit en germe. Toute la vie de l'être, à cette phase, se rapportant à son développement, seuls, les organes de cette fonction fondamentale peuvent être et sont primordialement frappés. La manifestation symptomatologique extérieure, la poussée tégumentaire, symbole de l'état dit secondaire — qu'on attendait autrefois pour affirmer, chez le nouveau-né, l'existence <le la syphilis ■ — nV-i

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