‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 68 sur 90 · Elle ce V\ -t C( pendant p; I c, Bouchard · texte numérisé non relu

Elle ce V\ -t C( pendant p; I c, Bouchard

Schwimmer, Laschev is syphilitiques du foie,

du i>"iii , des rein?, chi - symp-

Avec cette explication, lorsque vous verrez survenir, vers l'âge de la puberté, pendant la croissance, au cours de la seconde enfance, les lésions offrant les caractères objectifs des accidents syphilitiques, vous les baptiserez ainsi qu'ils le méritent, en les nommant non pas une éclosion anormalement ajournée, mais l'une des poussées d'une syphilis, qui avait, en réalité, eu in utero sa première localisation, sinon sa première expression symptomatique.

Puisqu'on a, et à très juste titre, considéré l'âge de la dentition, de la croissance, de la puberté, comme constituant une sorte d'appel aux manifestations jusque-là ajournées d'une syphilis héréditaire, il importait de fixer, à cet égard, le point de fait. Il a, en conséquence, été réuni vingt et une observations de syphilis dite tardive, et constaté que l'âge moyen des sujets, au moment où les accidents surviennent, est en effet l'âge de treize ans.

Bien entendu, on éliminera de cet ordre de cas ceux de syphilis infantile acquise ; exemples de contamination directe, résultant bien pins souvent de contacts accidentels que de dépravation précoce, mais dont la véritable origine échappe facilement à l'observateur qui se fierait trop soit aux apparences, soit à des témoignages intéressés ou peu éclairés.

Ces explications étant données, nous pouvons indiquer les signes généraux auxquels on reconnaît, quelle que soit chez eux la date de l'invasion du mal, les hérédo-syphili tiques. En voici, d'après M. Fournier, le tableau sommaire:

1° Habitus, faciès. — Les malades sont délicats, de constitution chétive, ils sont maigres, leur système vasculaire est peu développé, ils sont pâles, leur peau est terreuse. Ils n'ont pas cette peau fine, cette lividité cyanique des extrémités, cette proéminence de la lèvre supérieure qu'on rencontre chez les scrofuleux;

2° Développement tardif et incomplet (infantilisme). — Ils son1 de petite taille, ils ont grandi lentement, marché tard,

SYPHILIS PAH Gl NI RA NON. V.'l

parlé tard, leur croissance s*esl effectuée péniblemenl : si le malade est un garçon, la barbe, les poils, se son) faits longtemps attendre; si c'esl une fille, on apprend qu'il j a un retard sensible dans le développement des seins el dans l'apparition des règles; — faiblesse persistante d'intelligence, parlant inaptitude a certaines carrières, parfois conceptions

hi/ai

3 Déformations crâniennes el nasales. — II- onl de l'asymétrie du crâne, leur fronl esl en carène, à bosselure latérale, olympien, etc.; le dos du nez esl aplati, effondré même, el ces deux déformations réunies, fronl protubérant etnez affaissé, donnent à ces malades une physionomie particulière <|ni permel de les reconnaître;

I Cicatrices de la peau et des muqueuses. — Elles sont caractéristiques surtout par leur siège: commissures de6 lèvres, sillon nasal, région lombo-fessière, voile du palais;

• i La triade d'Hutchinson. C'est-à-dire des vestiges de kératite, d'iritis, etc.. : des troubles ou des lésions de l'appareil auditif; enfin, les manifestations dentaires sur lesquelles l'auteur anglais a tant insisté;

6 Lésions testiculaires. — Les testicules sont petits, rétractés, ratatinés, durs, irréguliers dans leur forme, noueux et semés parfois de petites tubérosités lobulaires.

L'ensemble «1»' ces traits les signale au diagnostic de l'observateur le moins prévenu, el fort heureusement aussi à la vigilance «lu thérapeutiste le humus éclairé.

Parmi les Lésions relevées dan- les circonstances propres ,'i faire supposer qu'elles dépendaient d'une syphilis héréditaire, "ii a surtout noté : les périostoses douloureuses, des éruptions serpigineuses ou tuberculeuses, l'iritis, l'atrophie des organes génitaux, lésions du foie sous les formes: simplement conjonctive, de cirrhose plutôt hypertrophique, sans ictère, avec tuméfaction de la rate, — gommeuse, sans ascite ni ictère, pouvant guérir si la lésion esl circonscrite,

i'.U SYPHILIS.

— amyloïde, très grave comme liée à un état cachectique; accès épileptiformes, paralysies oculaires, idiotie. Mais do toutes ces lésions les plus fréquentes sont incontestablement celles qui, sous forme d'ulcération pour les parties molles, de carie et de nécrose pour les os, attaquent le pharynx, le palais, les fosses nasales, perforant la voûte palatine, produisant par extension l'anosmie, l'otorrhée, la surdité, l'ozène, aboutissant à l'affaissement définitif du nez.

D'autres lésions ont encore été mises sur le compte d'une syphilis héréditaire tardive : ce sont les érosions, les malformations des dents. Mais, quant à ces lésions-là, les défenseurs mêmes — et les plus éclairés — de la syphilis héréditaire tardive, refusent de les considérer comme un signe pathognomonique de cette affection, car elles peuvent se rencontrer chez des sujets non syphilitiques. Seulement, dit avec grande raison M. Fournier, « si elles n'attestent pas la syphilis par elles-mêmes, elles doivent toujours la faire suspecter et par conséquent porter le clinicien à diriger ses investigations dans ce sens ».

Un dernier trait complète la ressemblance des lésions décrites plus haut avec celles de la syphilis acquise. Elles guérissent en généra], et très rapidement, par le traitement ioduré. Le succès ou l'insuccès de cette médication, aussi héroïque comme moyen de contrôle que comme agent euratif, permet seul de découvrir la vraie nature du mal dans certaines dermatopathies faciales à physionomie mixte de syphilide et de lupus.

Il est préventif ou curatif.

1° Traitement préventif. — Gomme il faut toujours traiter tout individu syphilitique de façon à le guérir aussi complètement que possible, l'intérêt spécial qu'il y a à le mettre

SYPHILIS PAH '.KM RATION, en étal d'engendrer des enfants sains ne semble pas devoir créer l'indication de !<■ soumettre, pour ce seul motif, à un traitemenl plus énergique <»n plus prolongé. El cependant, d'après 1 1 manière donl je comprends l'action des spécifiques, il esl des circonstances où ce point de vue i onduit, ''ii réalité, à les employer avec plus de vigueur el de persévérance.

Il faut, d'abord, qu'on sache que l'aptitude, la disposition morbide de l'organisme ;i procréer des enfants syphilitiques est, de quelque manière que Ihéoriquemenl il faille le considérer, l'un des effets de la syphilis sur lesquels le mercure a l'influence curativc la plus prononcée. Parcourez les nombreuses observations de ménages contaminés par la syphilis ', el \ous aurez de cette vérité la preuve el la contre-épreuve décisives. Parfois, l'une <'l l'autre -<• trouvenl contenues dans le même fait, lorsque par exemple, dans une série d'enfants issus des mêmes auteurs, on en voil alternativement naître de sains et d'infectés, selon que les parents avaient pris ou n'avaient pas pris de mercure avanl la sèsse Ouvr. cité, p. 348).

Mais des mêmes faits, attentivement analysés, ressorl cette autre notion non moins certaine que, pour obtenir du mercure la plénitude des garanties de santé qu'il donne au fœtus à venir, il ne faut pas l'administrer au géniteur en cause trop longtemps avant la conception. Ce u'est donc pas en mercurialisanl à outrance un malade actuellement syphilitique qu'un préservera les enfants qu'il doit avoir dans deux ou trois ans : c'est plutôt en le mercurialisant peu de temps avanl la fécondation, ou si c'esl une femme et qu'on n'ait pas mieux à faire, c'est-à-dire faire plus tôt dès les premières -"in lines de la conception.

L'important est 'lune ici de placer ù propos le traitemenl mercuriel préservateur. Disons comment:

1. J'en ai cité la plupart dans mon Traité de In syphilis d<>s nouveaunts ii la mamet ■ 1854

Du côté de l'homme, les perfectionnements de la science et ceux de la civilisation ont rendu, an prix d'un peu de prévoyance et de résolution, la chose facile. L'homme n'est appelé à engendrer que si, pour opérer la fécondation, il s'y prend d'une certaine manière et à une certaine époque. Par conséquent, l'acte qui le rendra père dépendant de sa volonté, il peut, — et j'ajoute, en ce cas, il doit — l'accomplir dans des conditions telles que cet acte donne la vie et non pas l'infection. Aussi, de môme qu'il est libre de l'ajourner tant qu'il le présume dangereux, de moine il peut en faire précéder l'accomplissement par un traitement mercuriel destiné à en rendre les suites inoffensives *.

Passons à l'application. Quand un homme se marie, il connaît toujours, six semaines ou un mois d'avance, le jour fixé pour la cérémonie. Eh hien ! ce laps de temps — pour peu qu'une syphilis antérieure laisse clés craintes2 — doit être consacré à l'administration quotidienne de 10 centigrammes de proto-iodure de mercure. C'est ce que j'appelle le traitement du père de famille. — Même précepte et plus impératif encore, lorsque, faute de cette précaution, un premier enfant étant né syphilitique, on ne se décide à mercurialiser que d'après et après cet avertissement. En pareil cas, la garantie est même plus certaine. Le mari a, pour agir à propos, des données que le fiancé ignorait. Il sait quand reviendra la prochaine époque menstruelle de madame, et

1. Je raisonne et je légifère dans l'intérêt exclusif de Vembryopaièse, en me tenant par conséquent en dehors de toutes autres considérations, soi-disant d'ordre supérieur, qui s'arrogent le droit de réglementer, contre toute logique et toute sécurité, l'exercice de cette fonction à laquelle a trop longtemps présidé en maître l'inflexible et aveugle multiplicamini.

2. J'ai expliqué plus haut qu'on ne peut reconnaître à aucun signe apparent si un individu qui a eu la syphilis possède encore ou ne possède plus la faculté de transmettre son mal par génération. 11 n'y a, a cet égard, qui' des présomptions à établir d'après la gravité que la syphilis a eue chez lui, et surtout d'après le temps depuis lequel, au moment où on l'examine, il n'eu a éprouvé aucune lésion;

SYPHILIS l'Ali GÉNÉRATION.

peut d'apn - cette notion instituer le traitement de telle ma n h iv que sa lin, el par conséquent Bon plein effet préservatif, coïncide ayec le moment précis de l'évolution cataménialc la période où la femn -i fécondable .

I ne femme n'a pas ordinairement cet avantage. •!•' dis ordinairement, car quelques-unes — - celles-là surtout qui se sentent capables d'infecter — Bavent, dans leur ménaj réserver la haute direction de ces sortes d'affaires. Mais

dans l'inûnie majorité des cas, épouse ou maîtresse, la fem

forcée d'accepter la loi du plus fort, n'a pas mé le droit

de choisir l'heure de sa défaite; en termes plus précis, elle ignore Bi son mari est malade et ne peut s'apercevoir qu'après coup s'il lui ;i convenu, à lui, de la rendre mère, étant en état de l'infecter.

La plupart du temps, c'est donc le mari repentant qui vient demander au médecin conseil pour sa femme devenue grosse. Or, d'après ce qui précède, ce conseil >e devine d'avance: ostensiblement ou en cachette, selon le cas, instituer, et le plus tôt possible, chez la femme un traitement mercuriel de deux ou trois mois, suivi aussi exactement que possible; ce qui exige parfois toute la diplomatie du docteur, du pharmacien et du mari, ligués dans le but légitime de la conservation de la paix du ménage, non moins que 'le la sauvegarde des intérêts de la progéniture ainsi que de la santé de L'épouse, dans l'ignorance de laquelle la ligi

dessus désignée ne voit trop souvent qu'ui «yen de la

mieux tromper, au lieu du devoir sacré de La sam er à tout prix !

D'après ma théorie ci-dessus du mécanisme par lequel la syphilis se transmet héréditairement, c'est toujours <lr la mère — l'eût-elle reçue du père, — que le fœtus la reçoit.

Donc, sans négliger de traiter le père, on peul affirmer que If.- traitement le plus efficace, disons même le seul suffisamraent efficace, est celui qu'on administre à la merci

Et pour que ce traitement soit préventif, il faut qu*il suit commencé aussi près que possible du début de la grossesse.

Dans ces conditions, il opère avec certitude. La clinique nous en donne la preuve avec la contre-épreuve, dans certaines séries où l'on voit, parmi sept, huit, onze enfants (Thurmann) du même ménage, ceux-là seuls naitre et vivre exempts de syphilis, dont la mère a été mercurialisée durant les premiers mois de la grossesse.

Ceci conduit à conseiller, dans les cas où l'on redoute la syphilis pour l'enfant à naitre, de soumettre le mari et surtout la mère à l'influence du mercure, même avant la fécondation.

Je rappelle seulement pour mémoire les soins à prendre pour préserver l'enfant du contact d'une lésion contagieuse que la mère aurait à la vulve au moment de l'accouchement, ainsi que les précautions nécessaires pour empêcher que la contagion lui soit transmise par sa nourrice (voy. mon Traité de la syphilis des nouveau-nés, p. 350 et suiv., et surtout Le péril vénérien dans les familles. Asselin, 1880, ouvrage où toutes ces questions sont exposées avec les plus minutieux détails, avec les applications que comportent les cas si nombreux et si divers qu'offre la pratique et sous les différents points de vue social, professionnel, moral, médicolégal que tout médecin, tout père de famille intéressé à, la chose a le besoin et le devoir de connaître).

2° Traitement curatif. — Les spécifiques n'ont pas plus de pouvoir et n'ont pas d'autre pouvoir chez le nouveau-né que chez l'adulte. Mais il y a cependant des motifs particuliers pour renoncer ici à l'expectation, pour soumettre tous les cas de syphilis héréditaire au mercure. D'abord le sujet esc plus faible, a moins de résistance vitale. Secondement, il est quelques-unes de ces lésions, et des plus hâtives — telles que le coryza — qui compromettent indirectement mais gravement la vie, en gênant la respiration et l'allaitement. Même danger par suite des altérations viscérales, si communes,

SYPHILIS l'Ali GÉNÉRATION. W7

relativement >i précoces el susceptibles de restei latente?, puisqu'elles ne se décèlent par aucun Bigne visible.

Donc, sachanl que les lésion* meurtrières les viscérales préexistent A la naissance, je serais trè9 disposé a instituer, «h''/ le nouveau-né même seulement suspect de Byphilis, un traitement spécifique. Je le ferais d'emblée, sans attendre l'apparition de symptômes, si le père el la re avaient

eu des lésions secondaires pendant ou peu de temps avanl la conception. I'lu< tard, dès que l'indication positive est établie, soit par l'air de décrépitude de L'enfant, -"il surtout par l'éclosion des syphilides, le traitement mercuriel doit être commencé. J'ai pleine confiance, bous ce rapport, dans la formule suivante recommandée par Cullerier el presque exclusivement on usage à L'hôpital des Enfants, de Paris :

N° 52. — « Tous les deux jours, donner un bain, dedemiheure de durée, dans de l'eau tiède où l'on aura veri

Alcool 30 grammes.

Sublimé 2 — i.

11 est remarquable que les bains1, tout à fait Insignifiants chez L'adulte, constituent, pour le jeune enfant, une médication tellement efficace qu'ordinairement elle suffit. — Mais l'enfanl répugnant toujours aux bains, et ses parents de répugnant pas moins à Le contraindre en quoi que ce soit, il faut s'assurer que le bain est réellement pris que le sujel y est suffisamment immergé, qu'il y reste le temps voulu.

!.. - frictions quotidiennes sur le thorax avec l bu - grammes d'onguent napolitain constituent aussi un boij agent de la médication externe, médication toujours préférable «"liez les enfants.

Si cependant le danger presse, on peut y ajouter une cuillerée à café de liqueur de Van Swieten, donnée en plusieurs fois dans du lait ou de L'eau sucrée.

- fixations n'ont rien d'absolu, elles varienl Buivant l'âge du Malade et le degré'd 'intensité du mal.

En raison de l'absence des dents, la stomatite merourielle est inconnue chez le nouveau-né.

L'iodure de potassium sera administré seul ou associé au mercure, selon que la lésion principale paraîtra appartenir aux accidents dits tertiaires ou à ceux de transition. — Toutefois, telle est l'appropriation du mercure contre la syphilis héréditaire que, à moins d'intolérance insurmontable de l'organisme, il faut toujours préférer le traitement mixte; s'il arrivait malheur, on aurait plus qu'à se repentir, on aurait à se reprocher d'avoir employé exclusivement l'iodure.

Faut-il faire parvenir au nouveau-né le spécifique dont il a besoin par l'intermédiaire de la personne qui l'allaite?... Cette médication a une efficacité réelle, quoique inférieure à celle du traitement direct. Mais son bon effet thérapeutique est ordinairement contre-balancé par un effet asthénifiant presque inséparable du premier. En effet si l'on pouvait faire passer le mercure dans le lait d'une nourrice saine1, tout irait pour le mieux; l'enfant le recevrait en même temps qu'un excellent aliment. Mais, en pratique, il n'en est pas ainsi : si une femme (mère ou nourrice étrangère) prend du mercure, c'est parce qu'elle en a besoin, c'est parce qu'elle a la syphilis. Ûrlasyphilis, maladie débilitante, peutaltérertoutes les sécrétions, diminuer notamment celle du lait en même temps qu'elle vicie la qualité de ce fluide. De plus, le mercure, qui est un irritant des voies digestives, concourt, pour sa part, à tarir la. sécrétion lactée. — Conclusion : si un nouveau-né syphilitique a pour nourrice sa mère, et si celle-ci a une poussée secondaire durant l'allaitement, qu'elle prenne du mercure selon le besoin qu'elle en a : son enfant en profitera toujours, dût la dose qu'il absorbe ainsi ne pas suffire. Mais le mercure entrave-t-il sa digestion, et son lait s'en ressent-il?... qu'elle

1. Ce qu'où peut très bien réaliser, dans des cas malheureusement exceptionnels, en frictionnant d'onguent napolitain une chèvre qui nourrit l'enfant.

SYPHILIS l'Mi GENERA i ION.

cesse le traitement, ù moins qu'elle ne puisse le continuer efficacement |>.ir la voie externe. Le peu de bien que ferait an nourris? m l'absorption indirecte du mercure ne compenserait pas l'atteinte portée .1 sa nutrition par le trouble de In g ilactopoièse. - Quant ■• une nourrice étrangère qui sci syphilitique à pari le cas rare, mais possible, où l'on ferai! trouvaille d'une femme réunissanl la quadruple qualité d'être nourrice, syphilitique, suffisamment robuste el suffisamment honnête , on comprend qu'il n'j .1 lieu d< lui laisser le nourrisson que -i c'est lui qui l'a infectée '. Dans ce cas, la maladie se trouvant, durant l'allaitement, êtreà -.1 période aiguë, le traitement mercuriel chez la nourrice est indiqué, par son intérêt à elle avant de l'être par l'intérêt de l'enfant. Mais celui-ci ne bénéficie pas moins de la médication, dans quelque Uni qu'elle ail été instituée.

Il serait illogique, imprudenl peut-être, de vouloir déterminer ici la durée à donner au traitement spécifique. C'est l'intensité du mal, sa gravité, la rapidité de sa disparition, la

tolérance de l'organisme, <|ui servent à calculer les ter - de

celle partie du problème. La règle est ici la même que chez l'adulte : ne donner, chaque fois, que la dose quotidienne <-l que la quantité totale qui guérissent complètement les lésions

uelles, mais les donner pleinement.

Le traitement local a surtout pour but de vile guérir les lésions péribuccales, on y parvient avec une pommade au calomel. S'il y a gerçure de la commissure ou d'une lèvre, loucher avec une solution de sublimé au •'!<» et, au besoin, immobiliser ensuite la partie cautérisée en nourrissant l'enfant à la cuiller pendant vingl-quat re heures.

L'hygiène joue i>i un rôle capital. ! In doit veiller à l lion, à la propreté, au sommeil, mais principalement à la cha-

I. Eu effet il v a, eu pareil cas, une sorte d'union tori lie entre l'enfant et la femme qu'il a infectée; aucun des deux ne pouvant alors impunément, elle prendre un autre nourrisson, lui avoir une autre noun

leur et à l'alimentation ; et pour cette dernière, à la qualité beaucoup plus qu'à la quantité.

Que la nourrice ait échappé à la contagion ou qu'elle ait été infectée par son nourrisson, il importe qu'elle consente à le garder; car hors de là, pour lui presque point de salut. En cas de refus de sa part, il ne resterait à choisir qu'entre quatre expédients, tous insuffisants ou fort difficiles à réaliser, savoir: l'alimentation lactée au biberon; — le lait exprimé du sein d'une nourrice saine et donné sans retard ni intermédiaire à l'enfant; — une nourrice, saine actuellement, mais ayant eu la syphilis; — enfin la lactation avec une chèvre.

L'énoncé seul de ces moyens supplémentaires montre quelles difficultés en entravent l'exécution, par conséquent quel emploi limité ils trouveront. Parents qui le pouvez, appliquez-vous donc à faire que la nourrice s'attache à son nourrisson. Promesses, cadeaux, prévenances, mettez tout en œuvre, et cela dès les premiers jours, avant que le mal n'ait éclaté chez votre enfant, que vous savez en être menacé. Plus tard, si les lésions apparaissent, faites-lui indiquer par un médecin les moyens de se préserver: l'usage des tétines, bouts de sein et les onctions faites avec un corps gras autour du mamelon avant de donner le sein. Enfin, si elle devient infectée, et aussitôt qu'elle a une lésion primitive avec adénonopathie, faites-lui expliquer par le docteur, tout en redoublant envers elle de bons procédés — de procédés sonnants ■ — que le mal étant fait, elle n'a plus rien, rien de plus à craindre par des rapports ultérieurs avec le petit être qui le lui a donné : que d'ailleurs elle ne pourrait désormais prendre aucun autre nourrisson sans s'exposer à des poursuites qui aboutiraient infailliblement à une condamnation, puisqu'il serait aisé de lui prouver non seulement qu'elle était déjà atteinte, en le prenant, d'un mal transmissible, mais encore qu'elle savait cela à n'en pas douter; que, en somme et de

Ml DBI IM. LÉGALE. BOt

toute manière, il vaut mieux pour elle garder votre enfant.

Cette franche conduite, bien préférable aux petitee ruées

conseillées par certains auteur-, esl ordinairement couronnée

de Buccès. Même dans le classe où l'on pourrait B'attendre s

trouver le plus d'égoïsme, plus d'une fois l'a ur nourricier

B'esl montré le digne émule de l'amour maternel; el quelque repoussants d'aspect que la maladie ail souvenl rendue pauvres petits êtres, je n'ai que bien rarement vu une nourrice refuser de leur continuer les soins que leur état réclame et vouloir les rendre à leurs parents.

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