‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 80 sur 90 · FORMATIONS I T FONCTIONS NATURE! I · texte numérisé non relu

FORMATIONS I T FONCTIONS NATURE! I

D'abord il expliquera aussi clairement que possible — en restant toujours sérieux malgré les remarques el les questions les plus saugrenues, la structure el le fonctionnement, à Trial normal, des organes que le consultant croil malades. El cette explication aura beaucoup plus de chanci d'être admise si vous allez au-devant des lamentations du client, si vous la lui donnez dès qu'il ouvre la bouche pour parler, dès qu'il a commenc • à indiquer le siège du mal dont il s.- plaint, el sans lui laisser le temps d'achever sa confidence. De cette manière, votre exposé physiologique échappera au soupçon d'avoir été impro\ is ■ pour I < circonstance, créé pour les besoins de la cause.

In excellent argument consiste à montrer au malade que son médecin lui-même porte les conformations qui lui causent tant d'effroi. Je ne manque jamais de le faire - - et avec quel succès! pour les lésions de la bouche.

N'omettons pas non plus d'insister sur ce point — el de l'en faire convenir, — que ces prétendus maux ne lui causent absolument aucune douleur, n'apportent aucune gène à ine fonction.

S'il s'obstine à soutenir que ces conformations n'existaient avant qu'il se fût exposé à prendre du mal, représentezlui combien il est peu raisonnable de supposer que, avant ce moment-là — '-t n'ayant par conséquent alors aucun sujet d'inquiétude, partant aucun motif pour le faire — il se fût occupé à dresser un inventaire complet de l'état normal de ces régions dont l'aspecl l'effray • maintenant.

Énumérez-lui les principaux symptômes de la syphilis, ainsi que des autres affections vénériennes; ne craignez pas de renvoyer, sur ce point, 1<' <- 1 i » * 1 1 L aux auteurs classiques, afin que, s'édifianl à cette lecture impartiale, il reconna i|uc ce dont il se plaint ne figure dans aucun tableau, dans aucune nomenclature pathologique spéciale.

Obtenez de lui l'aveu explicite que depuis le temps qu'il les

porte, ces soi-disant lésions, quoique non traitées, n'augmentent, ne progressent en aucune manière, ne tendent ni à ulcération, ni à suppuration, ni à dégénérescence.

S'il a, concurremment, quelque maladie vénérienne, rappelez-lui qu'il a vu celle-ci diminuer puis s'éteindre, spontanément ou sous l'influence du traitement employé, mais que, tout au contraire, les fonctions ou conformations naturelles qu'il dit être morbides ont, durant ce temps, continué à subsister comme devant.

Si cela est absolument nécessaire pour le persuader de l'inanité de ses craintes, ordonnez-lui un traitement spécifique de quinze jours, mais en l'avertissant bien d'avance: 1° que ce traitement guérira les lésions vraiment vénériennes, s'il y en a; 2° mais qu'il n'exercera aucune influence sur les prétendues lésions; prédiction dont la réalisation infaillible dessille les yeux les plus aveugles.

Faites aussi à sa raison, à son bon sens, un appel énergique. Priez-le de réfléchir — ceci s'adresse aux paysans; c'est l'argument adrusticum — que si vous lui dites, si vous lui répétez qu'il n'a point de mal. il faut que ce soit bien réellement la vérité, puisque, en agissant ainsi, vous allez contre vos propres intérêt* !. . .

Enfin si vous voyez planer encore l'ombre d'un doute, invitez-le à aller consulter pour ce mal un de vos confrères — un collègue en spécialité. Mais qu'il évite, bien entendu, de lui communiquer d'abord votre propre opinion, ce qui risquerait de l'influencer, et s'en rapporte au jugement que cet arbitre aura porté spontanément.

Ces conseils risqueront peut-être de paraître à un lecteur ordinaire trop minutieux, trop développés... Dieu veuille qu'il ne les juge pas insuffisants le jour où il sera en face d'un malade de cette catégorie! Je m'y suis arrêté avec une insistance particulière, d'aboni parce que l'arsenal le plus complel n'a que trop d'occasions de trouver, dans ces cas, son emploi :

SPI RMATORRHBB.

[mi- parce que les mômes règles de conduite peuvenl servir au

médecin vis à vis des Byphiliphobes, classe i breuse donl

celle que je viens de décrire peul d'ailleurs passeï pour le type.

BPl i;m \ rORRHl r. PERI BS M SI Hl NI E.

J'ai dit fil quoi consiste la véritable perte de semence nocturne involontaire ,* et, quoique ce sujel soil en dehors de mon cadre, je ne veux pas laisser, à propos d'une affection Bur laquelle il esl -i souvent consulté, le praticien spécialiste sans un mol ilf renseignement.

Quoique la spermatorrhée s'établisse quelquefois <•! persiste chez des jeunes gens sains, tempérants, de bonne constitution el d'habitudes hygiéniques régulières, digérant bien, on la voit surtout sévir sur ceux <|ui. mal développés, anémiques, névropathiques, gastralgiques, constipés, ex-masturbateurs, vivent assis, se livrent à des travaux intellectuels excessifs. Beaucoup de candidats au baccalauréat, aux écoles spéciales, ne voient cesser leurs pollutions que grâce au repos qu'ils se donnent, ou pour mieux dire grâce à l'exercice qu'ils peuvent enfin prendre, après avoir conquis le litre ou la place objet de leurs efforts trop assidus. La blennorrhagie [surtout chronique), les injections uréthrales, toute irritation pathologique ou opératoire de l'orifice des conduits éjaculateurs, peuvenl aussi ou causer la spermatorrhée, ou l'aggraver lorsqu'elle existait.

La dyspepsie, qui est une des <•< >n~i' jiK-n- «■< ordinaires de la spermatorrhée, peut aussi l'engendrer. Il y a là une « I i ~ t i ri c lion parfois difficile et très importante à faire.

Lorsqu'un client bc plaignant d'avoir des pollutions nocturnes ne peut pas nettement préciser ?i. «mi ou non, elles s'accompagnent de jouissance, examinez d'abord au mici cope si le liquide éjaculé en cette circonstan :e contient ou ne

:;:;i MALADIES VÉNÉRIENNES.

contient pas de spermatozoïdes. Le pronostic diffère selon que l'examen donne une réponse affirmative ou négative.

Remonter la constitution, mettre ordre aux conditions morbigènes dont une enquête minutieuse lui aura révélé l'existence; régulariser le fonctionnement génital : 1° en s'assurant que toute masturbation a réellement cessé; 2° en permettant le coït selon le besoin, et non selon de simples désirs, et surtout non plus selon les convenances ou les exigences de la conjointe; 3° en proscrivant les coïts répétés dans une même séance, les coïts sans conclusion, les coïts dont on suspend volontairement une ou plusieurs fois l'exécution avant de terminer... tel doit donc être le premier soin du médecin. Mais cela ne suffit point. Il est des agents médicamenteux spéciaux contre la pollution nocturne; il est aussi des modifications particulières à introduire dans le genre de vie du spermatorrhéique. J'ai consigné, pour abréger, ces deux ordres de remèdes dans l'ordonnance suivante :

N° 53. — Boire matin et soir un demi-verre d'eau (ou d'infusion de valériane, froide), avec une, et plus tard deux, puis trois cuillerées à bouche de

Eau distillée .r)00 grammes.

Bromure de potassium 18 —

« Avant chacun des deux repas, prendre deux pilules ferrugineuses de Yallet.

« Avant de se mettre au lit, prendre un lavement de deux verres d'eau froide (à la température de l'appartement); le rendre presque immédiatement.

« En se couchant, mettre sur le bas-ventre une plaque d'étain, qu'on gardera en place toute la nuit '.

1. Je ne saurais trop recommander ce moyeu, dont le mode d'action m'est inconnu, mais qui coutribue toujours puissamment à la gnérison, et cela sans causer la moindre incommodité. La plaque est de forme triangulaire, légèrement échancrée au niveau du pubis, et recouvrant l'hypogastrc jusqu'à l'ombilic. On la fixe avec des cordons.

SPBRMATORRHl l

Fuir les occasions d'excitations érotiqueB. — Peu boire au dernier repas. Le soir, avoir goin d'uriner deux fois, 1 1 première une heure environ a va ni de se mettre au lit, la deuxième en se couchant. — Pas de matelas trop mous. — Dormir Bur le côté plutôt que sur le dos. — Eviter de marcher avec excès durant la soirée.

-■■vriller, ou >'\\ le faut, -•• Faire éveiller, vers .'» ou 4 heures du matin. Mors, Be lever, uriner, arroser les p lies avec de l'eau froide el ne Be remettre au lit qu'après être resté, au moins pendant cinq minutes, complètement iv\ eillé et, s'il se peut, hors du lit,

Avant de s'endormir, se bien promettre de se réveiller dans le cas où il vous arriverai! l'un de ces rêves qui prennent une direction telle que, de manière ou d'autre, on y voit infailliblement Bgurer une femme; el - igemenl

moral de se réveiller, le prendre vis-à-vis de soi avec une telle forer de volonté que le souvenir en persiste malgré le sommeil el -oit eu état d'exercer à propos, le cas échéant, son action préservatri< ■

Une blennorrhagie uréthrale devenue chronique est souvent la cause, el chez les sujets prédisposés, l'occasi le la

ppermathorrée ; l'inflammation cantonnée dans l'arrière-

Dans les cas où le traitement doit durer quelque temps, '}<■ romps

l'accoutumance, en prescrivant le br ire seul pendant six jours con-

ilifs, i>ui< l'usage seul de la plaque d'étain pendant trois joins. Itc1venir alors au bromure six jours, puis à la plaque trois jours, el ainsi il>' suite.

S. Je oe conseille I rien qui ne ><>il 1res possible, rien que n pi i ~~, • n t fructueusement les sujets doués de quelque énergie morale. Le malade, ainsi armé el décidé à lutter contre lui-même, >l"it être averti d'un piège que lui tend la bonne nature. Parfois il est assez ■ \ eillé pour sentir que la perte \-i avoir lieu. Mais par paresse, peut-être par un instinct de sensualité qui ne demande qu'a transiger, il aime a se persuader qu'il est trop tard, que l'acte éjacu la toire est assez avancée pour ne pouvoir être empêchée par le réveil; et U laisse lui . un

piège, je le répète. Du moment <>ù l'on a conscience de ce qui se ; ou (]>■ ce qui va Be pass< r, il D'est jamais trop tard pour essayer de l'empêcher; et le plus souvent, quoiqu'on ail d'abord cru le contraire, <>n arrive parfaiteraenl a temps.

canal est alors le principal élément morbide à combattre. Gomme on la combat avec avantage par la cautérisation, il est aisé de comprendre que les succès de la cautérisation, dans ce cas particulier, aient pu illusionner sur sa valeur réelle, lui faire attribuer une efficacité curative pour tous les cas. C'est, effectivement, faute d'avoir suffisamment distingué les diverses espèces de spermatorrhée, que l'on a été amené à considérer, à préconiser la cautérisation comme antidote des pertes de semence ; erreur dangereuse dont une observation désintéressée n'a pas tardé à faire justice.

J'ai, pour des cas déterminés, substitué à l'application du nitrate d'argent fondu les injections d'une solution de ce sel au cinquantième, portée au moyen de la sonde à béquille sur toute la partie fermée de l'urètbre (voy. ci-dessus, p. 65), injections que je répète, à quatre ou cinq reprises, tous les quatre ou cinq jours.

Le calme moral étant l'un des meilleurs agents de la reconstitution de l'organisme, si essentielle à obtenir dans ce cas, il importe de tranquilliser le sujet par un pronostic favorable ; pronostic qui d'ailleurs se réalise en général ; la maladie, même indépendamment de toute intervention médicatrice, guérissant ordinairement avec le progrès de l'âge.

Parmi les toniques dont l'expérience a prouvé l'efficacité contre les pollutions, il n'en est pas de comparable aux bains de mer. N'étaient les difficultés d'exécution, ce devrait toujours être le premier remède à employer: en tout cas, c'est bien souvent la suprême ressource.

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