‹ La précellence du langage françoisChapitre 114 sur 183 · Edition Meyer, 32; p. 19. 10. Le Roux de Lincy, II · texte numérisé non relu

Edition Meyer, 32; p. 19. 10. Le Roux de Lincy, II

ci, Bonum est duabus ancoris niti * : ce qui a esté pris des Grecs.

Ce Lix, Qui nest sage à soyinesme, n est pas sage ', convient avec ce vers ancien, allep^ué par Ciceron, Qui sibi ipse sapiens prodesse nequit, nequicquam sapit ^.

Ce Lx% Qui ha suffisance ha ])rou de bien, qui n^ha suffisance il nha rien *, est ce que les Grecs ont dict, Antarxeia megas joloutos.

Ces soixante proverbes, rapportez à ceux du langage Grec ou Latin, (et aucuns à ceux de tous les deux) peuvent estre comme la monstre et eschantillon de la richesse du nostre, en cest endroit aussi. Car on peut juger par ceste collation, que nous n'avons pas seulement quelques proverbes qui nous sont peculiers, mais en avons aussi qui correspondent aux principaux de ces deux langues.

Ce que disant toutesfois, ne veux nier que les autres langues vulgaires n'ayent aussi des proverbes, et nommément l'Italienne : mais je di qu'elle n'ha pas si grand nombre d'anciens, ne (tant pour tant) de ceux qui ont bonne grâce : et

1. Erasmi Adagiorum chilia- éd. L. Mûller, p. 117.) Gicéron dis quartse centuria VIII, 72. le cite à la fin d'une lettre

2. Le Roux de Lincy, II, 400. adressée à Trébatius. (Epist. — Garneri Thésaurus, 669. fam. VII, 6.)

3. Ce vers est d'Ennius. 4. Le Roux de Lincy, II, 381. {\oiTEnniCarminumreliquiœ, — Garneri Thésaurus, 680.

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principalement si on excepte ceux qu'elle a pris de nous.

Mais je di bien d'avantage : c'est que comme nostre langue adjouste tous les jours richesse sur richesse en autres choses, aussi fait elle en cesteci. car elle en prend des Grecs et des Latins, lesquels elle s'approprie si bien qu'ils peuvent sembler estre de son creu. comme (pour exemple) on le diroit de celuy qui est compris en ce vers :

Qui se sert de la lampe ^ au moins de V huile y met *.

Il en prend aussi, ou plutost reprend, des Rommans. Je di, reprend, après les avoir laissez quelque temps. Et aucuns sont tels qu'ils requièrent bien qu'on les considère et reconsidère, qu'on y pense et repense, comme cestuy-ci, Les chambres vuides font les sottes darnes^, qui se lit au

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