On dit aujourd'hui fas- sont encore employées pwir
«at7/2rat\ mais l'ancienne langue Malherbe et par Régnier,
disait fassaudrai : Car le dit 2. De même que les chevaux
dite assauldroit de son coslé sans frein et brûlant d'amour
(Gommynes, II, xi). Ménage assaillent les cavales des Par-
recom mande de dire fassaitli- thés.
ray et non fassaudray (Littré). 3. A tant d'ennuis qui nous
— On disait au présent fas- assaillent si souvent de toutes
saus, tu assaus, etc. Ces formes parts.
pu tirer ces mots, aussi bien que nous. Je leur respondray que où ils ont voulu suivre le Latin, sans l'avoir par main tierce, c'est à dire, sans le prendre de nostre langage, ils n'ont pas usé de mesme terminaison que nous : et pourtant, où elle se trouve estre mesme, nous pouvons bien dire qu'ils ont mieux aimé nous suivre. Pour exemple de ce que j'ay dict, pource qu'ils n'ont pas voulu nous suivre en ce verbe Gemere et en Légère, pareillement en Eligere, ils n'ont pas usé de nostre terminaison, comme ils ont faict es autres : et comme les Espagnols la suivent en leur verbe aussi qui ha la signification de Gemere : car ils disent Gémir, comme nous, et non Gemer. Et d'ailleurs, comment seroit-il vraysemblable qu'ainsi nous fussions entrerencontrez en tant de verbes, tant es terminaisons qu'es changemens? comme de Assilire, pourquoy n'eussent-ils dict aussitost Assilir que Assalir, n'eust esté nostre changement, lequel ils vouloyent suivre? ou plustost, n'eust esté qu'ils prenoyent nostre mot tel qu'il estoit, sans considérer quel changement nous y avions faict? Ainsi peut-on dire (à mon avis) de Sovenir et Risovenir, qu'ils les prirent tels qu'ils les trouvèrent, sans regarder s'ils venoyent de la langue Latine, comme aussi plusieurs François usent tous les jours de ces mots, sans s'appercevoir qu'ils sont tirez d'icelle : encore qu'ils en ayent fort bonne congnoissance.
304 DE LA PRECELLRNCE
Et sans m'arrester à des mots dont l'origine Latine soit malaisée à appercevoir, je parleray de quelques autres : et premièrement de Attendere. car qui est celuy, auquel oyant dire, Ella v attende in casa sua, il ne vienne incontinent en mémoire que Attendei^e est un verbe Latin? et toutesfois, quand il considérera combien est différente la signification du Latin A Uendere, pour Estre attentif, et de ritalien Attendere, ^omt Exjyectare, ne faudrail pas qu'il confesse que la langue Italienne a suivi Y Attendre des François, et non V Attendere des Latins? Je di, quant à ceste signification, car quand elle s'en sert pour Stare attento^ comme nous, pour Estre attentif, alors on peut dire qu'elle l'a pris de la Latine, aussi bien que la nostre. Je ne doute pas que le mesme ne se puisse dire de leur Guastar, asçavoir qu'ils l'ont tiré de nostre Gaster, ou Guaster (encore que l'autre prononciation soit beaucoup plus receue, et que ceste-ci sente plus son Picard ou Walon. car le Picard semble plustost prononcer Waster), non pas de l'ancien mot latin Vastare * : veu qu'ils n'usent pas de ce Guastar comme les Latins de Vastare, mais en