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Comme déjà, au début de l'obscurité

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Et à propos de ce qui est confessé par Bembo quant aux locutions, que ceste-ci entr autres a esté prise par les Italiens du langage Provençal, lo amo meglio, pour lo voglio piu tosto, c'est à dire Taime mieux : (comme, lo amo meglio dispiacere a voi, faime mieux vous desplaire) ^ ils disent aussi, pour signifier la mesme chose, lo ho piu caro, ou havrei piu caro : comme les Picards, J'aurois plus cher, Boccace, Figliola mia, io havrei molto piu caro che lu havessi havuto un tal marito *. Mais comme les Provençaux ne sont pas seuls qui usent de la façon de parler susdicte, dont Bembo fait mention, aussi n'est en usage ceste-ci aux Picards seulement : toutesfois ceste-la est plus usitée.

J'en ay gardé une fort aisée à remarquer, pour la dernière (car je veux faire ici la fin, encore que je ne sois qu'au commancement, au regard du grand nombre que je pourrois adjouster) et à laquelle toutesfois peut estre que beaucoup de François ne prennent pas garde : encore qu'elle soit plus, ou, pour le moins, autant en la bouche des Italiens, mesme del popolazzo, qu'aucune des précédentes. C'est la façon de parler qui rapporte à nostre adverbe Pieça, lequel vaut autant que le Jamdudum ou Jampridem des Latins. Car nous disons Pieça en un mot au lieu de dire separé-

1. Ma fille, j'aimerais beaucoup mieux que tu eusses ei» un tel mari.

ment Pièce y-a : c'est à dire, Pièce de temps y a. ou Grand pièce de temps y a. Mais nous disons plustost, Grand pièce y-a (sans adjouster ces mots, De temps) et, II y-a grand pièce. Escoutons main* tenant comme Boccace contrefait nostre langage, Egli ha gran pezzo cKio à te vemita sarei\ Et ici, Ma poi che ser Ciappelletto * piangendo hebbe un gran pçzzo tenuto il f rate cosi sos/jeso. II use aussi de pezza : et dit huona ]?ezza, ainsi comme nous disons Bonne pièce, pour Grand pièce. Mais quant à Pezzo, les Italiens en usent aussi en leur commun parler, sans rien adjouster. comme quand on leur demande touchant quelcun, s'il est venu, ils respondent, E un pezzo, ou E gia un pezzo. Quoy qu'il en soit, ils n'usent en cest endroit d'aucun pezzo, ni d'aucune pezza, qui ne> soit de nos pièces.

Je leur pourrois bien monstrer qu'ils sont venus iusques à nos Proverbes, et en ont pris, aucuns (encore que je confesse que sans les nostrès ils en ayent assez bonne provision) mais je me contenteray qu'ils me confessent la debte quant à ce que j'ay mis en avant jusques ici. Et à la vérité ils seront contraints d'en confesser pour le moins la plus grande partie : de quoy je me

1. Il y a longtemps que je Ciappelletto eut longtemps par serais venue à toi. ses pleurs tenu le frère en sus^-

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