‹ La précellence du langage françoisChapitre 153 sur 183 · Cf. Dialogues, l · texte numérisé non relu

Cf. Dialogues, l

car outre ce que l'usage les a faicts sonner mal depuis (et noidimmeni Brigand, auquel, en ce changement, est avenu le mesme qu'au Latro des Latins) nous ne trouverions pas à qui ces noms peussent bien convenir, à cause de la différence qui est tant es armes, qu'en la façon de guerroyer. Quant aux deux autres, encore qu'on n'en puisse pas dire le mesme, si est-ce que par droit leur place doit demourer à Capitaine et à Soldat \ puisqu'ils en sont en possession des le temps de nos ayeuls : et principalement Capitaine, pource qu'il est croyable que Les souldoyers, au lieu de ce que nous disons Les soldats, sovent demourez en nostre vieil langage, encore depuis Chevetain. Lequel vocable Souldoyers approchoit plus près du Gaulois, Soldurii, que n'en approche cest autre, Soldats '. Or ce que j'ay dict touchant ces cinq termes anciens, doit estre entendu aussi d'un grand nombre d'autres, car il ne faut pas craindre que ces vieux guerriers vueillent ramener, quant aux machines ou instrumens servans à faire baterie, ne les Bricoles (car le jeu de paume s'est emparé dé ce terme) ne les Domdaines (duquel mot la souvenance demeure en ceste façon de parler.

C'est une grosse domdom) ne ramener les Bacules

\ . Cf. Dialogues, I, 341-42. Commentaires (lU, 21), a pu con-

2. L'ancien mot soldoier était tribuer, par analogie, à fixer le

plutôt un dérivé de solde. Le sens des mots de cette famille.

moi soldurius, dont Vexistence Quant au mot soldat, il est

est attestée par César dans ses d'origine italienne.

OV TJ'I

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(car ce mot a esté depuis transféré à la fortification des portes) ne les Truyes (à cause que ceste métaphore offenseroit trop les oreilles) ne Fondelfes, ne RibaudequinSy ne Chats-chateils (comme ce mot se trouve escrit en Thistoire du seigneur de Jonville) * ne quelques autres qui ont esté de mesme temps, ou environ : quand bien nous n*en aurions pas du tout perdu l'usage avec les noms. Mais quant aux choses appartenantes au faict de la guerre, qui sont demourees jusques à maintenant, et qui gardoyent encore leur premier nom, pendant qu'eux estoyent jeunes, je ne doute point que si on veut s'en rapporter à leur jugement, ils ne leur facent reprendre ce premier nom, et quitter celuy qui est venu d'Italie. Pour exemple, quant aux fortifications, je croy que quand il s'agira d'un fossé, ils voudront que ces façons de parler qui estoyent en crédit eux estans jeunes, obtiennent reintegrande : à sçavoir. Fossé en talut, ou talus y Fossé à fonds de cuve^ La douve d'un fossé, ou Les douves (ce qui est dict par une mesme sorte de métaphore que nous avons en la façon précédente : et pourtant semble que donnes, qui se trouve aussi, soit ainsi escrit par erreur), La faussebraye. Les moineaux, Vavant-mur, Et diront (ce

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