‹ La précellence du langage françoisChapitre 174 sur 183 · En s'emploie souvent dans le sens de dans · texte numérisé non relu

En s'emploie souvent dans le sens de dans

Benedetto Varchi, en un dialogue intitulé VEreolano, luy donne ceste louange. 15.

Tesmoin l'evesque qni luy demanda en une église de Padoue, si elle ne luy sembloit pas tnolto $eannevole. 30.

En la reaponse que je feray h la quatrième objection, j^imiteray quelques historiographes. 30.

Nous lisons en Esehine, orateur grec... 4.

En s^emploie au lieu de à dans ces locations :

Mais en tout événement vous plaise considérer outre cela... 11.

Nostre langage use de ceste phrase parlant de celuy qui tient quelcun en sa merci.

Encore au xvii" siècle, en s'emploie souvent avec le sens de dans :

N'épargnez pas vos soins à élever en U eramte de Dieu les enfants. (Bossuet, dans Hanse.)

Cette journée en laquelle le fils de Dieu descendra du ciel, (/d., ibid.)

151. Par tout s'écrit encore en doux mots. La soudure n'est pas complète entre la préposition et le

f>ronom indéfini qui forment une ocution adverbiale.

En ceste ville de Paris Voye, outre ce qu'il signifie par tout se dit aussi d'une ehartee. 180.

Le fait est général au xvi« siècle, où l'on voit encore les deux éléments du mot parmi séparés graphiquement.

152. Il en est de même du mot plustost où chacun des deux éléments conserve son orthographe, même quand ces deux mots sont soudés. C'est ce que nous avons constaté déjà pour quelquesfois, toutes fois.

Nostre lani^age n'est pas seulement fourni de mots dont il faut qu'il se serve ordinairement, pour exprimer ses conceptions :

mais ha aussi quelque provision curieuse plus tost que nécessaire d'aucuns qui sont plus rares que les autres. lOô.

La règle actuelle est récente, et

l'on a continué longtemps après l'époque d'Estienne à écrive plustost .

On écrivait également la pluspart.

153. Pour suivi d'un infinitif est beaucoup plu9 souvent qu'aujourd'hui employé au lieu d'une proposition causale commençant par parce que :

Elle a de^Ja fort affaire à sortir de quelques passages, pour ne pouvoir trouver des mots respoadans à certains des nostres.

Et comme je tien la maison, aussi retien-je ce nom, pour ne pouvoir trouver le propre.

Pour est employé dans la phrase suivante au lieu de à dont nous nous servirions aujourd'hui.

Il pourroit bien estre que le premier n'estoit pas comme luy homme pour imiter quelques phrases latines. 337.

L'attribut est construit directement avec le verbe avoir dans ce proverbe» où le mot pour serait aujourd'hui nécessaire :

Science n'ha ennemis que les ignorans.

On trouve encore au xvii» siècle des phrases analogues :

Ma foi I me trouvant las, pour ne pouvoir

[fournir

Aux différents emplois où Jupiter m'engage.

(Molière, Amphitryon. Prologue.)

Ambroise lui répondit que lui n'étoit pas propre pour être l'entremetteur de l'absolution. (Féebier, dans Uaase.)

Je vous supplie d'avoir agréable que ces lignes vous aillent trouver. (Balzac, dans Uaase.)

Pourtant (voir le lexique).

154. Henri Estienne emploie la locution adverbiale quant et quant qui signifie en même temps :

La comparaison dont use Virgile parlant de Pyrrhus, et Arioste, parlant de son Rhodomont, est ici par Ronsard accommodée à son Franco s, et mise en paroles si propres et si graves, qu'il semble, en surmontant Arioste, quant et quant combattre Virgile.

Quant et quant s'emploie encore au XVII* siècle :

Ainsi vous ne cherchiez que l'honnêteté et vous avez trouvé quant et quant le délectable. (Balzac, dans Littré.)

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

15r>. Quant est de s'emploie au lieu de quant à :

Quant est de eambiare ou $eambiare, on peut dire que c'est on eas à part. 296.

Quant est des mois qu'ils nous ont prie, il n'y-en a point dont je m'eebafaii-se plu!> et me fatcbe moins que de cestuj-ei, fol. 3*2.

Quant est de est d'un emploi très fréquent au xvi'* siècle. Rabelais, par exemple, dit :

Quant est de vostre ranccon, je vous la donne entièrement (liv. I, ch. 46).

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