‹ La précellence du langage françoisChapitre 175 sur 183 · Si est souvent employé dans le sens de pourtant · texte numérisé non relu

Si est souvent employé dans le sens de pourtant

Encore qu'en eserivant on mette la lettre $ es uns et non en autres, si est-ce qu'on ne la prononce point. 39.

Encore au xvii* siècle :

Je n'ai encore vu personne qui ne soit charmé de vostre Instruction; et si, j'en ai ouï parler à bien des gens. (Mme de Maintenon, dans Littré.)

Si, déterminant deux adjectifs coordonnés, n'est pas répété devant le second :

Toutestois est de si rares et précieux meubles. 117.

157. Sous se trouve employé dans une expression où nous mettrions aujoura'hui dans sous l'espérance de :

Quand ils tasehent de chanter de goavernement, sous l'espérance d une meilleure condition et d'un plus supportable fardeau.

Négations. — 158. La négation ne suffit beaucoup plus souvent qu'aujourd'hui à rendre l'idée négative, sans avoir besoin d'être accompagnée d'un mot accessoire :

Duquel don vous ne devez moins rendre grâces à Dieu que de plusieurs autres qui toutesfois de prime face pourroyent sembler plus proufltables, 3.

Pour ne venir aux exemples estrangers, 8.

Je n'estimeray aroir peu faict, quand j'auray Taict prendre envie à quoique autre de faire mieux, 14.

Au XVII» siècle :

Je m'étonne qu'il n'ait lu le Panégyrique qu'un homme de son pays prononça i Rome (Balzac, dans Haase.)

159. Cependant les mots pa<i et point ont si bien subi la contagion

de la négation qu'ils suffisent sans elle à exprimer l'idée négative dans les interrogations directes ou indirectes :

Si nos ancestres ont pris ceste liberté et hardiesse d'imiter certaines eomposition.s de la langne greque, aurions-nous pas trop

Eeu de courage si nous demeurions en si eau chemin ? 156.

Et que sçait-on si de ce eofnhennone»

on auroit point dict premièrement compennons? 176. ,

Or je demande si noas pouvons pus au besoin, en changeant leur a de la fin on nostre a. dire arer. 182

Au xvii** siècle :

Deviez-vous pas prendre plaisir à me procurer un bien à quoi je ne m'attendais pas ? (Voiture, dans Haase.)

Prenons donc garde si nous nous habillons point d'une façon et gouvernons notre maison de l'autre. (Malherbe, dans Uaa&e.)

160. La négation se trouve omiso dans la proposition qui suit un comparatif et forme le second terme de la comparaison :

Non pluii certainement qu'on demanderoit qui est la première, la mère ou la fille, 17.

Car la variété des nostres ne resjouit moins l'oreille, que le pré donne de plaisir à l'œil par sa diverse tapisserie de fleuni.

Encore an xvii^ siècle :

J'ai pe'jr d'y demeurer plus que je voudrai. (Voiture,* dans Haase.) Le malheur du due du Maine m'afflige

âlus qu'il m'étonne. (Mme de Maintenoo, ans Haase.)

161. La négation n'est pas répétée toujours dans la seconde de deux propositions coordonnées :

Il est à craindre qu'aucuns Italiens ou Espagnols n'allèguent incompétence de jnge et demandent renvoy. 32.

Malherbe, qui note une omission de ce genre dans Desportes, écrit cependant de la même façon. (Voir Brunot, Thèse, p. 468.)

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