Non plus se trouve employé avec le sens de pas plus
Comme je ne ferois non plus de difficulté de dire portelabeur que portepene. 159.
Non plus se trouve employé seul aussi, tandis que nous jugerion.« nécessaire aujourd'hui la négation ne :
OBSERVATIONS GRAMMATICALES
Pour le moins ne peut-on nier que nous n'ayons très bon conseil... Non plus pouvons nier qu'il ne die vérité. 216.
Non plus se trouve aassi employé là où noua mettrions simplement plus^ la négation étant explétive :
Je ne pense point qu'ils s'y vueillent non plus Qer qu'en eestuy-ci. 3S6.
Au XVII* siècle, non plus signifie souvent la même chose que pas plus :
L'amour prAte son nom à un nombre inSni de commerces, où il n'a non plus de
f>art que le Doge h ce qui se fait à Venise.
La Rochefoucauld, dans Haase.)
163. Nullement se rencontre avec toute sa valeur négative, sans la négation ne :
Je suis comme la queux, qui les cou.steaux
(aiguise Encore qu'à couper nullement elle duise. 29.
Dans une phrase de La Bruyère, nul a de même à lui seul la valeur négative :
Ne voulant du bien qu'à lui seul, il veut persuader qu'il en veut à tous, afin que tou'i lui en fassent ou que nul du moius lui soit contraire. I, 323.
Conjonctions. — 164. Henri Estienne emploie des locutions conjonctives formées avec le mot ainsi, comme ainsi soit que^ qui signifie de même que et qu'ainsi soit, qui signiQe h peu près : ce qui prouve qu'il en est ainsi :
Comme ainsi soit qu'en Biêtyeul, nous imitons la composition grecque. 157.
Et qu'ainsi soit, si un d'eux répète quelque chose en mesmes mots, il pourra advenir que la seconde fois il usera de retranchement en ceux mesmes qu'il aura espargnez la première. 47.
De cette seconde locution peut aussi dépendre une proposition subordonnée :
Or qu'ainsi soit que quelques uns en abusent, il appert par la controverse qui est entre eux. 85.
Au XVII» siècle, on dit encore :
comme ainsi soit que, qu'ainsi ne soit. Mais la première expression paraît de bonne heure pédantesque.
Les deux expressions sont employées par les médecins de Monsieur de Poureeauffnac (1, viii). Maid la se-
conde est d*un emploi beaucoup plus courant.
165. Estienne emploie la conjonction composée avant que devant rinûnitif, au lieu de avant de dont nous nous servons aujourd'hui :
Et avant que sortir de ce propos, j'advertiray que nous avons des laçons de parler qui sont procedees d'une telle congnoissance de la nature des animaux. 132.
At;an^ que devant un inûnitif est très fréquent au xvii^ siècle comme au xvi", bien que Vaugelas préfère avant que de :
Heureux si je pouvois, avant que m'immoler Percer le traître cœur qui m'a pu déceler.
(Racine, III, 77;)
On prétend que le vieil Wit, avant que
mourir, ne cesse it d'encourager son fils à
l'abaissement de cette maison. ( /d. V. 72.)
166. Comme se trouve au lieu de que après un mot exprimant une comparaison :
Si je leur passois cela, ce seroit autant comme si je permettois à celuv que j'aurois deflé d'user d'une espee plus longue que la mienne. 38.
Comme est employé dans le sens de comment dans ce vers de Desportes :
Yoyla donc comme amour du depuis nous
[fait vivre. 9V.
Nostre dispute fut... comme les biens peuvent être égaux. (Malherbe, II, SU.)
Comme serait aujourd'hui considéré comme explétif dans cette phrase :
A l'entrée de ma preiace je respondray à certaines objections que j'ay preveues, et y satisferay, comme j'espère. 27.
Corneille écrit encore :
Ce beau feu vous aveugle autant comme il [vous brûle. (IV. 469).
Tous les rois ne sont rois qu'autant comme [il vous plaît. (V. 550. )
Il a changé plusieurs vers pour éviter cette e.xpression, condamnée par Vaugelas, mais il Ta laissée dans beaucoup d'autres.
Comme explétif est fréquent au xvii* siècle :
Je vais, comme je crois, savoir ce qu'il pro- [jeite. (Molière, Étourdi, II, vu.)
Plusieurs propositions peuvent
OBSERVATIONS GRAMMATICALES
dépendre de comme sans que la conjonclion soit répétée :
Comme on n'appelle pa» un homme riche qui n'h» qae ce qui lui est necesMire, mai»
faut qu'il ait aussi des choses dont li n ba noint besoin et desquelles il se pourroit bien passer : et quant aux nécessaires il luy en faut avoir à rechange (ce qu on dit proprement des accoustremens) : ainsi... lOo.
De mêmet dans Malherbe :
Comme un homme a tous les sentiments, mais ce n'est pas à dire que tous les hommes aient des yeux de Ljneee, aussi... Il, iw.
167. La conjonction négative ni ae présente souvent sous la forme atone ne :
Je ne veux pas advenir les lecteurs de prendre garde combien est viril le son de ces paroles françoises : ne aussi de considérer autres telles choses qui concernent la
gravité. 65. ...
Mais aucuns vocables, ayans ainsi la queue
coupée, ne sont plus ne bon italien ne bon
françois. 83.
Malherbe a blâmé cette forme
dans Desportes, bien qu'elle fût
encore usitée au commencement
du XVI i« siècle. (Voir Brunot, Tlièse,