Brunetto Latini, né à Flo- toire, à la géographie, à Tas
rence vers 1212 suivant les uns, tronomie, à la morale, à la
en 1230 suivant d'autres, fut politique. Il a été publié en 1863
exilé par les Gibelins en 1260. dans les Documents inédits sur
11 passa sept ans au moins à V histoire de France, On en cite
Paris. De retour à Florence en toujours la fameuse phrase :
1284, il fut nommé secrétaire « Se aucun demandoit por quoi
des conseils de la république, cist livres est escriz en romans
et joua toujours dès lors un selon le langage des François,
rôle important dans TEtat. Il puiscfue nos somes Ytaliens,je
mourut en 1294. Li livres dou diroie que ce est por II rai-
Tresor, qu'il écrivit en français sons : Tune, car nos somes en
pendant son séjour à Paris, France, et l'autre por ce que la
est une sorte de recueil ency- parleure est plus delitable et
clopédique qui touche à This- plus commune à toutes gens. -
langue a beaucoup acquis de beauté et de richesse ; et moy seray-je muet? ne leur puis-je pas répliquer que la nostre a faict le mesme? Voire puis et doi adjouster qu'elle peut reprocher à la leur (puisque son ingratitude la contraind d'user de reproche) qu'une grand' partie de son embellissement et enrichissement vient de ses biens : comme je le monstre évidemment en mon livre. Veu donc que la nostre, la renouvelant ainsi presque toute, l'a faicte comme renaistre, faut-il demander qui est la première des deux? Non plus, certainement, qu'on demanderoit qui est la première, la mère ou la fille. Joinct que quand ceci ne seroit, nous avons des Rommans qui pourroyent estre les bisayeulx, voire trisayeulx du plus ancien auteur qu'ils ayent. Mais je confesse bien qu'entre leur temps (je di des Italiens qui sont aujourdhuy) et le nostre, il s'est faict plus grand remuement de mesnage en nostre langue qu'en la leur (et principalement quant aux terminaisons) comme aussi il fut grand entre le temps d'Ennius et de Virgile *. Tant y-a que si on considère bien Testât auquel leur langage et le nostre sont maintenant, je puis alléguer beaucoup de raisons (outre celles que j'ay deduictes plus particulièrement) pour lesquelles il n'y-a aucune apparence de comparaison entr'eux.