Même avant H. Estienne, de l'origine de la langue et poë
on commençait à connaître les sies françaises, -ryme et romans,
vieux auteurs romans. Geoffroy plus les noms et sommaires des
Tory donne dans son Champ- œuvres de IV poêles français
fleury la liste de ceux que lui vivants avant l'an iSOO.
a prêtés frère René Massé, de Nous savons aussi qu'Henri
Vendôme, chroniqueur du roi. Estienne possédait des « ro-
Glaude Fauchet. contemporain mans » anciens dans sa biblio-
d'H. Estienne, publie le Recueil thèque.
Car non seulement nous avons nos langues plus a délivre que les leur pour prononcer les mots Grecs et Latins que nous empruntons, sans les dépraver comme eux (de quoy j'ay amené beaucoup d'exemples) ^ mais aussi nous avons un langage qui n'est point subject à tels changements qu'on voit avenir au leur, et à une telle incertitude '. Car ils ne sont pas en débat touchant Torthographie seulement (lequel ils nous pourroyent aussi objecter, encore qu'aujourdhuy il ne soit pas tant eschauffé) ' mais touchant plusieurs vocables^ que les uns disent estre de mise, les autres ne les veulent non plus recevoir que fausse monnoye : voire se gardent d'en user (ainsi que j'ay monstre par un passage du Tomitan) * comme
1. Voir plus loin, p. 71 ; cf. çaise un complet désarroi dû Dialogues, 11, 268 et 315-316. à la lutte entre Torthographe
2. La langue française du phonétique (celle de Tancien XVI* siècle pèche justement par français), et l'orthographe étyson défaut de fixité. Rabelais mologique ou prétendue telle. y fait probablement allusion La question n'est pas résolue, lorsqu'il dit du langage lan- puisque Tusage actuel est établi ternois : « Je t'en feray un beau d'une façon purement arbipetit dictionaire lequel ne du- traire. (Voir E. Pasquier, Itérera gueres plus qu'une paire cherches, lll, i : De Vorigine de de souliers neufz. » (Livre 111, nostre vulgaire François, que ch. XL vu.) Aussi Topinion, à la les Anciens appeloient Roman, fin du siècle, était-elle que les et dont procède la différence de ouvrages sérieux ne devaient l'orthographe et du parler. — pas être écrits en français. Lettres, 111, iv : Sçavoir si Voi^- Montaigne, 111, ix : « J'escris thographe française se doit acmon livre à peu d'hommes et corder avec le parler.
à peu d'années. Si c'eust esté 4. Bernardino Tomitano,
une matière de durée, il l'eust médecin et littérateur, né à
fallu commettre à un langage Padoue en 1506, mort à Venise,
plus ferme, etc. » Voir A. Dar- en 1576. Ses principales œuvres
mesteter et Hatzfeld, Tableau littéraires sont : Quattro libri
de la langue française au délia lingua toscana, ove si
XVl^ siècle, p. 183. prova la filosofia esser neces-
3. Depuis le xiv" siècle, il y saria al perfetto oratore e posta avait dans l'orthographe fran- (l'ouvrage aont il est question
si c'estoyent des paroles propres pour invoquer les diables. Et sur cela Dieu sçait les belles raisons qui sont mises en campagne tant d'une part que d'autre : comme de la part de Caslelvetro assaillant, et de Annibal Caro *■ défendant. Lesquels je ne nomme point par mespris, ains estant marri que deux tels personnages ayent appliqué à cela leur esprit qui estoit capable de si grandes choses : et principalement celuy de Castelvetro. Car je les ay congneus tous deux, et mesmes ay eu bonne part en leur amitié, de leurs grâces. Et ne préfère point l'un à Tautre, à cause du titre qu'il me donne en un sien livre (duquel titre je me sen trop chargé), mais pource que je puis monstrer la vérité estre telle. Toutesfois, sans entrer plus avant en ceste comparaison, n'est-ce pas grand pitié que deux si grands person-
ici); — Esposizione littérale del né à Modène en 1505, fut mem-
testo di Malteo evanpelista ; — bre de rAcadémie des /nfrona/i,
Discorso intomo ail eloq-uenza^ à Sienne. Sa querelle avec Caro
ed alVartifizio, délie prediche e éclata à l'occasion d'une canzone
del predicare di Cotmelio Musso. composée par Caro à la louange