‹ La précellence du langage françoisChapitre 36 sur 183 · Mé tamorphoses, \}, ^12-13, jugemens des hommes sont bien · texte numérisé non relu

Mé tamorphoses, \}, ^12-13, jugemens des hommes sont bien

2. St. 25. Traduction citée : couverts d'une obscure nuée. » « Dieu souverain, que les 74, verso.

Depuis Tay traduict en ceste sorte,

Dieu tout'puissant , que des mortels les cœurs Sont entourez de ténèbres d'erreurs.

Et en ceste façon aussi, me donnant encores un peu plus de liberté,

Que de brouillars offusquans nos esprits, En nos discours nous font estre surpris.

Et en ceste-ci,

Qu'une grand nuict, occupant les cerveaux De tous humains, leur cause de grans maux.

J'ay adjousté ceste cinquième traduction, qui est encore moins astreinte que les autres,

Mon Dieu, qu'on voit l' humain entendement Se fourvoyer par son aveuglement.

Il est certain qu'on les pourroit traduire en telle sorte qu'ils auroyent encore d'avantage de gravité : mais j'espère qu'on me confessera que de ces cinq celle qui en ha le moins, en ha plus que l'Italienne d'Arioste.

Entre les traductions des passages de Virgile, Ovide, ou autre, faictes par les plus excellens poètes François de ce temps (dont je feray comparaison avec les Italiennes] ne sera oubliée celle de Pierre Ronsard, d'un lieu que Virgile a pris

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d'Apollonius Rhodius. Et à fin que les lecteurs, qui entendront le Grec aussi, prennent plaisir à conférer des vers de quatre langues, lesquels ont un mesme subject, je commanceray par Apollonius, au troisième livre de ses Argonautiques,

irjeXiGU (ôc xlç te 86(i.oic èvmdtXXeTai aXy\r^ u6aTo; È^av'.oOaa, to Sri véov i\ï X&êiQTi yjé TCou èv if*yXw xé-/yTai • r\ Ô' evOa xal ev6a (oxeiY) (TTpoçaXiYY' TivàerasTai àtewovffa *.

Virgile au commancement de son vni livre de T-^neide, avoit ainsi suivi ceste comparaison d'Apollonius, •

Sicut aquse tremulum labris uhi lumen aënis Sole repercussum, aut radiantis imagine lunœ, Omnia pervolitat latè loca, jàmque sub auras Erigitur, summique ferit laquearia tecti *.

Laquelle Arioste a pris de luy, et Ta mise en ces quatre vers,

Quai (Tacqua chiara il tremolante lume Dal sol percossa, o da notturni rai, Per gli ampli tetti va con lungo salto A destra ed à sinistra, e basso ed alto ^,

Pierre Ronsard, voulant représenter les beaux

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