C'est un des rares avan- peu faute de façon : car il
tages que Budé reconnaissait n'est rien qu'on ne fist du jar-
au français, et partout nous gon de nos chasses et de nostre
voyons vantée cette source de guerre, qui est un généreux
richesses à laquelle peut puiser terrain à emprunter. • — E. Pas-
notre langue. — Cf. Hypo- quier, Lettres, II, xu. — Ville-
mne-îe^, Préface. — Montaigne, main, Préface de la 6" édition
ni, V : « En nostre langage je du Dictionnaire de V Académie,
trouve assez d'étoffe, mais un 1835, p. xxi.
Ii8 DE LA PRECELLENCE
plus communément s'entend de la chasse aux bestes rousses, ou fauves, et aux noires) encore que sa grande ancienneté se congnoisse par la Bible, et par Hérodote et Xenophon, et que tant ces deux historiens que plusieurs autres Grecs et Latins tesmoignent que quelques rois mesmement s'y addonnoyent (à propos dequoy il me souvient que le roy Antiochus*, s'estant esgaré en la chasse eut une pareille rencontre et un pareil plaisir que le roy François premier) ce non-obstant, si on vient à faire comparaison des termes que les autres langues ont appropriez à ceste science avecque ceux dont est garnie la Françoise, on trouvera que ceste-ci surpasse tant les leur, non moins en la qualité qu'en la quantité, qu'il sera force de confesser nos rois avoir esté maistres, tous les autres n'avoir esté qu'apprentis en cest exercice. Lequel estant vertueux et noble (pour estre cousin germain de celuy de la guerre) ce que plusieurs de nos rois s'y sont addonnez beaucoup plus que les autres, et y ont pris plus grand plaisir, il ne faut douter que ceci ne leur soit procédé d'une générosité plus grande. Laquelle ceux de