‹ La précellence du langage françoisChapitre 63 sur 183 · Cf. HypomneseSf Préface · texte numérisé non relu

Cf. HypomneseSf Préface

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compris aussi la fauconnerie, il s'abuseroit et grandement et ridiculement, car (outre plusieurs autres raisons qu'on peut alléguer au contraire) si ainsi eust esté, Platon en la fin de ses loix * n'eust pas dict de ce qu'il appelle thr^ran ptr\niùny ce que nous en lisons là : à sçavoir que c'est un exercice qui est un peu servil : mais faut nécessairement entendre cela des oiseleurs seulement, qui prenoyent les oiseaux aux filets, ou à la glu : outre lesquelles inventions plusieurs sont maintenant en usage, dont peut estre qu'aucunes I'cst toyent aussi des-lors, ou autres semblables à icelles. Au contraire donc de ce que j'ay dict des Grecs et Latins, quant à cest art, il est certain que depuis fort long temps il a esté en recommandation à nostre France : et spécialement aux nobles, desquels aussi, pour sa noblesse, il est digne. Et qu'ainsi soit, desja (pour le moins) du temps de Chilperic, il estoit en honneur : comme il appert par le cinquième livre de Grégoire de Tours *. Or si ceux qui ont esté depuis, et les princes mesmement, n'avoyent pris un singulier plaisir à cest art, il est certain que tant de gentilshommes, et entr'eux quelques grands seigneurs, n'eussent pris la peine d'en escrire si diligemment et exactement.

1. Les Lois, livre VII, page rovingicarum tomi I pars I, 401 de l'édition Didot. 204 : « Veniant equi nostri, et,

2. Monumenta Gei^maniae his- acceptisaccipitribus,cumcaniiorica, Scriptorum rerum me- bus exerceamur venatione ».

car qui ne sçait combien estoit grand seigneur Gaston surnommé Phebus*? Ceux pour le moins qui ont leu Froissard *, ne le peuvent ignorer : ni ceux aussi qui ont leu le livre dudict Gaston. Car après ce commancement, Au nom de Dieu le Créateur^ etc., il adjouste, Je Gaston par la grâce de Dieu surnommé Phebus^ comte de Foix, seigneur de Beau-ru : qui tout mon temps me suis délecté j)ar especial en trois choses^ Vune est en amours^ Vautre est en armes, et Vautre est en chasse. Et puis ayant dict ne vouloir point escrire de deux offlces (car il parle ainsi) d'armes et d'amours, il adjouste, Mais du tiers office, duquel je ne doute que faye nul maistre : (combien que ce soit vantencé) de celuy voudroy-je parler, c'est de chasse. Mesmement quant aux gentils-hommes, en gênerai, que (suivant ce que nous lisons ici) de tout temps avec Vexercice des armes ils se soyent addonnez à la chasse, non moins qu'à l'amour (comme si faire l'amour estoit aussi une espèce de chasse) il appert par l'ancien proverbe,

1. Gaston III, comte de Foix, chasse des bestes sauvaiges et vicomte de Béarn (1331-1391), des oyseaux de proye. Son surnommé Phébus, soit à cause style était emphatique et soude sa beauté, soit à cause de vent obscur, c'est de là, dit-on, ses cheveux d'un blond doré, qu'est venue l'expression faire eut une existence très belli- du phébus, queuse. Dès l'âge de quatorze 2. Gaston-Phébus fut mêlé, ans, il faisait ses premières dès 1345, aux événements les armes contre les Anglais. Il a plus importants. Aussi est-il laissé un livre intitulé Miroir souvent question de lui dans de Phébus, des deduiz de la Froissart.

* D^oiseaux^ de chiens, d'armes, d'amours.

Pour un plaisir mille doulours^.

Car il est certain que par les oiseaux est entendue la fauconnerie (appelée aussi la volerie) comme par les chiens la vénerie, et toute autre chasse en laquelle on use de chiens.

Mais pour retourner aux anciens escrits qui ont esté faicts touchant la vénerie et fauconnerie, ou touchant Tune d'icelles, on trouve encore aujourdhuy un livre intitulé Le Romman des oiseaux et de leur chasse, composé par Gaces de la Vigne *, gentilhomme , qui fut du temps des rois Philippe de Valois, Jan et Charle cinquième : et le composa pour l'instruction de Philippe, fils du roi Jan. Duquel Romman sont ces vers, touchant deux maladies ausquelles les oiseaux de proye sont subjects.

Ils ont pantais [bien m'en recors) Et filandres, dedans le corps.

Au lieu duquel mot Pantais on escrit Pantois : d'où vient Pantoiser, qu'on lit au Romman d'A-

1. Cf. Hypomnesesy 35. Ces tôt de la Bigne, né vers 1(^8 deux vers sont de Villon, Grand dans le diocèse de Bayeux, fut Testament, uv (Édition Jan- chapelain de Philippe de Valois, net, p. 45). puis du roi Jean qu'il suivit De chiens, d'oyseaulx, d'amies, d'à- dans sa captivité en Angleterre,

[mours, enfin de Charles V. On ignore

Chascun le dit à la voilée : la date de sa mort. C'est en

* Pour ung plaisirmille doulours. * Angleterre qu'il Commença à

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